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Maître Mustapha Bouchachi à Béjaïa : «Que ceux qui disent que Bouteflika est bon disparaissent des regards»

07 avril 2019 à 10 h 20 min

Le clan est en train de s’écrouler», a soutenu Me Mustapha Bouchachi, hier, lors d’une conférence publique organisée à l’université Abderrahmane Mira de Béjaïa, dans un auditorium plein à craquer.

Le clan formé autour de la personne du désormais ex-président de la République, Abdelaziz Bouteflika, voit tomber progressivement ses symboles sous le poids du mouvement populaire qui ne fléchit pas.

Au-delà des figures connues d’el issaba (le clan), jusqu’où ira le déboulonnage du régime ? Me Bouchachi pose la question autrement : «Le clan partira avec la démission du Président, mais est-ce qu’il faut chercher plus que cela ?» Le député démissionnaire a amorcé le débat sur la lancinante question autour de la composante du régime que résume l’ordre populaire «Irouhou ga3» (Ils doivent tous partir). Qui est ce «tous» ? «Les hommes et les femmes qui ont soutenu le clan et le Président doivent partir», a assené Me Bouchachi, convaincu que la chute est en cours, voulant pour preuves les poursuites judiciaires, les interdictions de sortie du territoire national et le gel des avoirs décidés contre certaines personnalités du sérail. «C’est positif, mais est-ce que l’idée qu’ils partent tous doit toucher tout le monde ?» répète-t-il avant de décliner précautionneusement sa position. «Il y a de simples militants dans les partis politiques, dont ceux de l’allégeance, et des fonctionnaires qui sont des citoyens induits en erreur. Des jeunes ont pensé que la réussite sociale et matérielle passe en intégrant les partis du pouvoir.

Doivent-ils tous partir ?» lance-t-il, soulevant des réactions bruyantes de désapprobation dans la salle. «Nous voulons construire un pays.

Je dis non à l’exclusion. Dans cette période, nous avons besoin d’union, il faut que nous construisions l’Algérie ensemble.

Partout dans le monde, la transition démocratique est une étape fragile et le discours de l’exclusion permet d’avoir une armée opposée à la transition démocratique», soutient-il. Quel rôle donc pour l’ANP dans l’intermède transitionnel algérien ?

Le conférencier est pour que le mouvement s’appuie sur l’accompagnement de l’institution militaire sans qu’elle n’outrepasse ses prérogatives de garante de la volonté du peuple : «Nous avons besoin de l’institution militaire pour nous accompagner pendant la période de transition à condition qu’elle écoute le peuple et accède à sa volonté, sans qu’elle n’intervienne dans la politique.» «Nous voulons que désormais ce soit le peuple qui fasse les Présidents», revendique-t-il.

«Impossible de faire confiance à Bedoui»

Rassembler les enfants du pays pour réussir la transition ne suppose pas passer l’éponge sur tout. Mustapha Bouchachi a cependant une obsession : que le mouvement populaire reste au milieu du gué, ou qu’il foire. «Il ne faut pas rester au milieu de la route, il faut aller vers une véritable démocratie et celle-ci ne pourra se faire avec l’exclusion.

Il y a des cadres qui ont mal plus que vous et moi, des employés dans les institutions de sécurité et l’administration, des gens intègres, non corrompus», affirme-t-il, plaidant pour la sauvegarde du mouvement qui se doit de continuer tout en faisant preuve de discernement. «Il y a des hommes d’affaires qui payent leurs impôts et emploient des milliers de personnes. Ils sont une richesse nationale.

Même les entreprises qui symbolisent la corruption doivent continuer à fonctionner, parce que ce sont nos enfants qui y travaillent.» La sentence nationale de «Irouhou ga3» est destinée, selon l’orateur, aux «symboles de la corruption dans l’administration, en politique, chez les hommes d’affaires», soit à tous les niveaux qui ont fécondé sous l’aile du sérail et qui n’ont pas fini de s’exprimer au plus fort du mouvement de la rue. «Ceux qui disent encore que le Président est bon à l’heure du hirak, ceux-là doivent disparaître des regards. Laissons la justice, pas celle du téléphone et des règlements de comptes, faire son travail», déclare Me Bouchachi qui souhaite que l’on ne reproduise pas le scénario judiciaire de l’affaire Al Khalifa.

Pour la transition, il préconise une présidence collégiale, à former autour de trois personnalités intègres, qui aura le pouvoir de légiférer par décret pour mettre en place les mécanismes nécessaires à une élection propre. «Elle pourrait modifier un ensemble d’articles de la loi relative aux élections, et instituer la commission indépendante pour l’organisation des élections dont les membres doivent être en majorité de la société civile et y intégrer des personnalités intègres de l’administration», détaille-t-il.

Des consultations devraient aboutir à la constitution d’un gouvernement de consensus national, qui sera l’antithèse des gouvernements du régime, dont celui décrié de Bedoui, qui entend organiser les prochaines élections. Me Bouchachi s’aligne sur le rejet populaire : «Impossible de faire confiance à Bedoui pour organiser les élections. Ça ne m’étonnerait pas, dans ces conditions, que quelqu’un parmi les symboles de l’allégeance devienne président de la République.

On ne peut pas accepter aussi ce que proposera Bensalah, parce que c’est le Président qui l’a ramené, il est au service du Président, et il a fait des déclarations dangereuses contre le mouvement.»


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