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lundi, 18 novembre, 2019
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Lyes Merabet. Président du SNPSP : «Le dialogue doit s’installer entre les différents courants politiques»

10 juillet 2019 à 10 h 25 min

Etiez-vous  présent au Forum du dialogue national ?

Oui,  le  Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) a pris part à cette rencontre dans le cadre d’une délégation composée d’une cinquantaine de membres représentant la dynamique de la société civile (dont la CSA fait partie). Le Syndicat national des praticiens de la santé publique a tenu un conseil national extraordinaire le samedi 22 juin 2019 et la question a été tranchée et adoptée sur le principe de participer dans tout espace qui propose un dialogue pour une sortie de crise. Notre syndicat a été présent à la conférence-débat organisée par le pôle de l’Alternative démocratique le 26 juin dernier au siège du RCD et il a été présent hier aussi au Forum du dialogue national. C’est ça l’autonomie !

Que pensez-vous de cette initiative et de ses objectifs ?

Personnellement,  et du  côté de la représentation,  je considère que le Forum du dialogue national du 6 juillet est une initiative à saluer. Une rencontre qui a permis de rassembler plus de 700 participants au nom des partis politiques, des syndicats autonomes, des associations à caractère national de divers horizons et secteurs, des personnalités et des académiciens. Des jeunes activistes du hirak, des étudiants…, étaient aussi présents. Le principe étant de permettre au dialogue de s’installer entre les différents courants politiques de l’opposition et de contribuer à faire avancer le débat sur toutes les solutions possibles pour sortir notre pays de la crise politique actuelle.

Mais qu’en est-il du contenu des débats  et des propositions ?

Pour le contenu, bien qu’il y ait des choses à dire, les initiateurs de la rencontre ont proposé une plateforme pour une sortie de crise qui s’appuie sur le retour au processus électoral par la tenue de l’élection présidentielle dans des délais et des conditions à mettre en place. Un libre et riche débat a été consacré aux préalables avant l’engagement du dialogue, notamment sur les mesures d’apaisement que le pouvoir doit prendre pour acter sa bonne volonté et permettre un dénouement favorable qui ne peut être trouvé en dehors d’un dialogue serein et responsable. Mise en liberté des détenus d’opinion et des activistes qui se sont prononcés contre le 5e mandat ou ceux embarqués lors des marches à Alger et ailleurs… Libération des espaces publics et médiatiques et en garantir l’accès à tous. Nous avons aussi rappelé la nécessité du rapprochement naturel qui doit se faire entre les différentes familles politiques pour construire une approche, solution consensuelle au maximum de ce que peut permettre la concession de part et d’autre. Nous espérons que ce forum puisse être un élément déclencheur et facilitateur pour un dialogue le plus large possible et nous nous engageons à jouer un rôle de médiateur si besoin est.

Vous aspirez en tant que dynamique de la société civile à ramener autour de la table toutes les parties, notamment les Forces du changement et ceux de l’Alternative démocratique ?

C’est là notre objectif. D’ailleurs, nous avons entamé des contacts dans ce sens. La famille politique est éclatée, elle n’arrive pas à se rassembler en cette période de crise extrême. Nous essayons  de pousser les gens à s’émanciper de leur étiquette et de leur pesanteur.  Nous avons rencontré les deux pôles  et nous militons pour qu’ils se rencontrent et tenter ensemble d’arriver à un minimum de consensus. Nous  ne sommes pas dans une logique de course au programme. Le pays est dans une impasse. Il faut s’asseoir autour d’une table pour trouver une issue à cette crise. Nous sommes tous concernés  et une fois la solution dégagée, chacun pourra retourner dans sa «bulle». S’agissant de notre approche, elle consiste, certes, à revenir au processus électoral à travers une élection présidentielle, mais les conditions ne sont pas réunies aujourd’hui. Pour y arriver, il faut instaurer un climat d’apaisement, loin des tensions, des interpellations et de la mise en quarantaine de ceux qui expriment des avis divers. On ne peut pas aller vers un dialogue ni un débat contradictoire, si le droit d’exprimer son opinion est interdit. Je pense il y a des contraintes à lever.    


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