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L’université «populaire» du RAJ empêchée : Indignation, colère et détermination à Béjaïa

07 septembre 2019 à 10 h 22 min

Après avoir interdit l’organisation de l’université d’été du Rassemblement Actions, Jeunesse (RAJ) dans un camp de vacances à Tichy, les autorités ont ordonné d’empêcher l’association de tenir, dans la matinée de jeudi, son activité qu’elle a voulu transformer en une université «populaire» sur une place publique dans la ville de Béjaïa.

La police a mis les moyens en impliquant les éléments de la BRI. Dans une intervention musclée, 25 citoyens, dont des jeunes filles, ont été arrêtés brutalement, parmi eux les principaux responsables du RAJ, dont son président Abdelouahab Fersaoui, ainsi que Saïd Salhi, le vice-président de la Laddh, et bien d’autres militants, dont ceux du PST et aussi du FFS qui ont été arrêtés aux alentours du commissariat central. «Les ordres sont venus d’en haut», a confié une source policière à un des organisateurs de la manifestation. Le «haut», c’est supposé être les autorités centrales d’Alger représentées par l’autorité du wali.

D’aucuns ne pensaient pas que les autorités allaient réagir de la sorte pour empêcher une manifestation dans un espace public que le mouvement associatif local a pourtant pris l’habitude d’occuper sans autorisation administrative.

Jeudi, les autorités ont installé le dispositif policier dès 8h30, plus d’une heure avant l’entame des travaux de la rencontre. Les organisateurs, qui avaient déjà mis en place leur chapiteau sur la place Patrice Lumumba, ont été sommés par les policiers de ramasser les tables et les chaises.

Ce qu’ils ont fait. «Nous avons fait des concessions, mais ils sont décidés à empêcher la rencontre», nous a confié le président du RAJ. La police est effectivement restée sur les lieux, observant l’évolution de la situation et attendant l’ordre pour l’assaut. Vers 10h, Abdelouahab Fersaoui a pris la parole pour inaugurer les travaux de l’université populaire, face à une quarantaine de présents, dont des militants venus de l’extérieur de la wilaya. «Le meilleur débat qui peut se dérouler c’est bien dans la société, entre Algériens.

Nous sommes déterminés, notre voix sera élevée, personne ne peut nous empêcher de dire, de nous exprimer…» sa phrase n’était pas finie que quatre policiers sont montés sur scène. L’un d’eux s’est saisi du microphone, avant de fondre ensemble sur l’orateur qu’ils ont embarqué.

Ont alors suivi les autres arrestations. L’intervention de la police a été musclée et aveugle. «Des commerçants exerçant à proximité de la place ont aussi été interpellés», affirme un militant du RAJ. Sans discernement, un élément des Renseignements généraux, qui filmait la rencontre, a failli finir lui aussi dans le panier à salade avant de décliner son identité de «collègue».

Les présents ont réagi en s’accrochant à leurs camarades interpellés pour tenter d’empêcher leur arrestation. «Silmiya» (pacifique), «Djazaïr houra démocratia», ont-ils scandé, se retenant de lancer le traditionnel slogan du mouvement populaire «Khawa, khawa». La moitié des présents à l’université populaire ont été arrêtés.

Conduits vers le commissariat central, ils ont ensuite été transférés vers les commissariats de la ville. Entendus sur PV, tous ont été relâchés au milieu de l’après-midi, alors qu’un mouvement de protestation avait pris forme dans la rue. A l’appel d’un groupe de participants à l’université interdite réunis au siège du RCD, de nombreux citoyens se sont rassemblés sur la place Saïd Mekbel avant d’entreprendre une marche vers le commissariat central. «Nous dénonçons la répression et les interdictions pratiquées dans un des fiefs de la démocratie.

Nous ne reculerons jamais. Béjaïa restera un espace de libres débats et d’échange d’idées», a crié au microphone un militant du RAJ. La marche a été ponctuée par deux sit-in. Avant d’arriver au tribunal, devant le commissariat central, et face à une dizaine de policiers, les manifestants ont crié «Chorta watania, machi siyasiya» (police nationale et non politique) et «Dawla madania, machi poulicia» (Etat civil et non policier), «Telgou ouladna, eddou ouled Lgaïd» (libérez nos enfants et arrêtez les enfants de Gaïd), et d’exiger de libérer les «otages». «Ce qui vient de se passer ne concerne pas que le RAJ, mais toute la société. Les libertés démocratiques sont menacées.

Il faut faire face à ce rouleau compresseur normalisateur», a déclaré, après sa libération, Abdelouahab Fersaoui, qui a réitéré le refus du RAJ de se conformer à l’obligation de demander une autorisation pour tenir ses activités : «Nous refusons cette exigence de l’administration.» Comme riposte à cette atteinte à la liberté de réunion, il suggère de réfléchir à une action commune, fédératrice de toutes les forces progressistes qui se réuniraient dans une marche populaire qui «aura un impact national». «Il faut agir dans l’union», a-t-il recommandé. Si c’est la première fois que le RAJ est empêché de tenir son université d’été, ce n’est pas la première fois qu’une telle rencontre est interdite à Béjaïa : la Laddh avait essuyé le même refus de la part de la wilaya en 2017.

En réaction, elle a poursuivi le wali en justice. Le tribunal administratif s’était déclaré incompétent et le wali a été promu ministre de la République…


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