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Louisa Hanoune poursuit la bataille pour la Constituante : «Tenir l’élection présidentielle est un saut dans l’inconnu»

13 septembre 2018 à 3 h 00 min

La leader du PT martèle, réitère et réclame sans relâche ce qui est devenu sa principale revendication. L’élection d’une Assemblée constituante, «seule option pouvant permettre de rompre avec le système politique qui ne cesse de produire des dérives». C’est son inlassable combat.

La secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, a repris la parole, hier à l’occasion de la réunion du bureau politique de son parti, pour défendre son projet de l’heure et refuse de s’inscrire dans le débat sur l’élection présidentielle, de surcroît inexistant. Décrivant un contexte national «précaire, où l’immunité de l’Algérie se fragilise considérablement, accompagnée d’une dégradation du climat social et d’un recul inquiétant des libertés et des droits et de putréfaction politique alarmante», la cheffe du PT tire la sonnette d’alarme.

Pour elle, le pays est en faillite en raison des politiques appliquées à tous les secteurs. «La réapparition du choléra, les positions fluctuantes des ministres, l’affaire des 700 kg de cocaïne et ses ramifications au sein des institutions de l’Etat confirment cette faillite.» L’Etat est sérieusement menacé par la «cascade de scandales de corruption, la fuite organisée des capitaux vers l’étranger ; il s’agit d’une guerre déclarée contre la sécurité nationale», cogne Louisa Hanoune.

Partant d’une analyse globale de la situation du pays, qui fait ressortir des failles immenses impossible à colmater dans le cadre du système politique actuel, Mme Hanoune juge «urgent» de convoquer l’élection d’une Assemblée constituante, «seule solution pouvant permettre au pays d’éviter l’irréparable». Elle renouvelle à cet effet son appel au président de la République pour rendre possible ce choix salvateur. S’appuyant sur «l’adhésion citoyenne», Louisa Hanoune et ses camarades ne désespèrent pas de voir aboutir cette revendication qui marquera une rupture avec un système suranné. «Seule une Constituante pourra ouvrir des perspectives nouvelles pour le pays, passant par une mobilisation générale à travers un profond débat national. Il s’agit de redonner la parole au peuple pour qu’il puisse exercer enfin sa souveraineté pour la première fois, de renforcer les attributs de la souveraineté nationale, de réécrire de nouvelles lois consacrant une démocratie politique et sociale véritable», explique-t-elle.

De l’élection présidentielle qui devrait avoir lieu en avril 2019, elle ne veut rien entendre. Elle balaie la question d’un revers de la main, car elle estime que la conjoncture recommande un choix judicieux pour éviter au pays l’effondrement. «Aller à l’élection présidentielle dans la situation actuelle, c’est faire un saut dans l’inconnu», prévient Louisa Hanoune. Au passage, elle crible de balles critiques les partisans du «Front populaire» auquel appellent les partis du pouvoir.

«Préserver la cohésion sociale, les libertés et droits et lutter contre la corruption et la drogue, renforcer le front intérieur, tout cela exige une rupture avec le système politique en vigueur depuis l’indépendance et ses institutions gangrenées. Le ‘‘Front populaire’’ ne peut tromper personne. Ses partisans refusent toute possibilité d’évolution démocratique, parce qu’ils veulent à tout prix sauvegarder leurs privilèges politiques», fustige la leader du PT.

Par ailleurs, les préoccupations de la Constituante ne lui font pas oublier les questions qui constituent le socle politique du Parti des travailleurs : les droits sociaux et économiques des couches moyennes et défavorisées. La précarité dans laquelle est plongée la majorité des Algériens, la dégradation des services publics de santé, d’éducation, la faillite des Caisses de sécurité sociale, la pauvreté des collectivités locales, conséquences des politiques d’austérité font craindre le pire.

Ce qui fait dire à Louisa Hanoune de «tout corriger dans le cadre de la loi de finances 2019. Une loi qui doit contenir des mesures positives et d’apaisement en renforçant le budget de fonctionnement». Elle appelle à l’occasion à ne présenter aucune nouvelle loi devant le Parlement. «A l’exception de la loi de finances 2019, qui est une obligation constitutionnelle, aucun autre projet de loi ne peut être présenté au Parlement, parce qu’il ne peut légiférer en faveur du peuple. Il ne faut surtout pas présenter le moyenâgeux code du travail qui casse les acquis sociaux des travailleurs», défend-elle.

Le patron de Sonatrach n’échappe pas non plus aux offensives de la secrétaire générale du PT. «Nous mettons en garde contre l’initiative du PDG de Sonatrach qui compte ouvrir le secteur aux capitaux privés prédateurs. Ce n’est pas de leur vocation, ils n’ont pas la technicité ni la compétence dans ce domaine, de l’aveu même de patrons privés», assène-t-elle. Inlassable, Louisa Hanoune promet de poursuivre sa bataille contre vents et marées.

L’impasse globale dans laquelle se trouve le pays ne la désespère pas, dit-elle. «Nos analyses et éclairages sur une situation de précarité générale nous permettent de mieux voir, elles ne nous découragent pas. Cela nous donne de l’énergie, il y a un sursaut citoyen et une mobilisation contre la prédation», se réjouit-elle.


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