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Il est visé par une plainte pour «atteinte aux préceptes de l’Islam» 

L’islamologue Saïd Djabelkhir dans le collimateur des conservateurs  

09 février 2021 à 10 h 29 min

L’islamologue Saïd Djabelkhir devra comparaître devant le tribunal de Sidi M’hamed le 25 février prochain. Il est poursuivi, suite à une plainte déposée par un enseignant universitaire de Sidi Bel Abbes, pour «atteinte aux préceptes de l’Islam». 

C’est le concerné lui-même qui nous l’a confirmé hier. «Effectivement, je dois comparaître le 25 février, comme me l’a confirmé l’avocat qui s’est déplacé au tribunal. Je n’ai pas encore pris connaissance du dossier mais selon toute vraisemblance, il s’agit d’une plainte qui s’appuie sur l’article 144 bis 2 du code pénal», nous a-t-il déclaré. Apparemment, c’est un enseignant universitaire de Sidi Bel Abbes, du nom de Abderazak Boubedjra, qui a déposé une plainte, au mois de janvier de l’année passée, pour «atteinte aux préceptes de l’Islam et des rites musulmans». Celui-ci a d’ailleurs exprimé, avant-hier, sur sa page «facebook», sa «satisfaction» suite à la programmation du procès, tout en rappelant que lui, et d’autres «témoins», avaient été entendu par un juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed le 26 février 2020. 

Les nombreuses interventions, sur des plateaux des chaînes de télévisions, et les publications sur les réseaux sociaux de Said Djabelkhir, qui apporte une nouvelle lecture de la tradition musulmane, n’ont pas été apprécié par plus d’un, notamment par ceux appartenant au courant conservateur et intégriste. En 2019 déjà, celui-ci avait reçu des menaces de morts et ce, après avoir donné son avis, sur une chaîne de télévision, sur Ramadhan. Il faut rappeler que l’article 144 bis 2 du code pénal stipule qu’ «est puni d’un emprisonnement de trois (3) ans à cinq (5) ans et d’une amende de 50.000 DA à 100.000 DA, ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque offense le prophète (paix et salut soient sur lui) et les envoyés de Dieu ou dénigre le dogme ou les préceptes de l’Islam, que ce soit par voie d’écrit, de dessin, de déclaration ou tout autre moyen». 

Cet alinéa avait été introduit à l’article 144 en 2006. Bien entendu, aussitôt cette information relative à ce procès annoncée, plusieurs intellectuels ou militants lui ont exprimé leur soutien. «Ce système qui encourage le charlatanisme et l’obscurantisme et combat la raison, les lumières et la pensée libre est un système qui ruine les esprits et détruit le pays», a écrit à cet effet l’auteur et poète Lazhari Labter. Le romancier Bachir Mefti s’est demandé, pour sa part, «comment le pays est arrivé à une étape où au lieu qu’il y ait un débat entre les idées, leurs auteurs se retrouvent dans les tribunaux». 

D’autres se sont demandés, par ailleurs, pourquoi ce procès a été programmé en ce moment précis ou bien pourquoi les plaintes déposées contre certaines personnalités pour des propos racistes n’ont pas aboutit. «Le procès intenté à l’islamologue Said Djabelkhir est une nouvelle diversion, un écran de  fumée pour occulter le scandale des tortures subies par Walid Nekkiche. Il révèle la soumission de la frange domestiquée des islamistes aux forces liberticides de l’ombre», a indiqué l’éditeur Arezki Ait-Larbi. En tous cas, cette affaire va certainement faire parler d’elle ces jours-ci. 


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