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vendredi, 07 août, 2020
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Des manifestations empêchées, des activistes interpellés et réprimés

«L’intérieur du pays» interdit au hirak

09 février 2020 à 9 h 05 min

Le hirak étant un mouvement national qui a touché toutes les régions du pays, il n’en demeure pas moins que la mobilisation diffère bien évidemment, et pour des raisons objectives, entre les «grandes villes» et les autres. Et c’est dans ces dernières que la «lutte» est plus difficile.

Les images montrant l’activiste Hadj Ghermoul en sang, après avoir été interpellé par des policiers à Mascara, lors de la manifestation de vendredi, ont été largement commentées. La marche que voulaient organiser des jeunes de cette ville a donc été réprimée. Ce n’est pas la première fois, ces dernières semaines, que le hirak subit ce sort à l’intérieur du pays.

Durant les vendredis précédents, des manifestations ont été empêchées à Tiaret, Sidi Bel Abbès, Mascara, El Oued, Khenchela et d’autres villes encore. Des militants ou activistes ont été interpellés. Certains ont été relâchés juste après, alors que d’autres ont été mis sous mandat de dépôt. L’attitude des services de sécurité reste incompréhensible dans la mesure où les mêmes marches sont «tolérées» ailleurs. Pour plus d’un, il ne pourrait s’agir que d’une question de nombre.

A Alger par exemple, souvent et pendant plusieurs semaines – c’est le cas également ces tout derniers vendredis –, les policiers antiémeute mobilisés pour l’occasion répriment les manifestants du matin. La «chasse» aux marcheurs ne cesse qu’après l’arrivée des plus gros contingents, c’est-à-dire avec la fin de la prière du vendredi. Même chose, parfois, à la fin de la manifestation, lorsqu’il ne reste que de petits groupes, comme ce fut le cas avant-hier. Ce qui voudrait certainement dire que l’attitude adoptée par les services de sécurité est liée au nombre de protestataires.

Ainsi, dans ces wilayas de l’intérieur du pays, souvent moins peuplées, et où la tradition de la contestation n’est pas aussi ancrée comparativement avec ce qui est communément appelé les grandes villes, les services de sécurité se mettent à réprimer dès qu’il y a une baisse de mobilisation. Lorsque les marches de Tiaret et Sidi Bel Abbès ont été empêchées, des militants avaient évoqué la volonté du pouvoir de «profiter» de la moindre baisse de mobilisation pour en finir avec le hirak dans ces villes.

Tout cela renseigne, par conséquent, sur les énormes difficultés que rencontrent les militants et activistes de ces wilayas dans leur volonté de mener des actions de protestation. Les Brahim Lalami, Hadj Ghermoul, et autres ne cessent d’être interpellés, interrogés et réprimés à la moindre action. Le militantisme dans les grandes villes, notamment Alger, paraît moins «compliqué» qu’à l’intérieur du pays. Dans la capitale, dans certains cas, les services de sécurité se sont même vus obligés de relâcher des jeunes qu’ils avaient interpellés suite à la pression populaire.

Combien de fois des manifestants se sont arrêtés, en nombre, devant un commissariat ou un fourgon de police, jusqu’à ce que la personne interpellée soit relâchée. Hadj Ghermoul, qui a été, faut-il le rappeler, le premier à se faire arrêter pour avoir dénoncé le projet du 5e mandat de Abdelaziz Bouteflika, a été emmené au commissariat plusieurs fois. Sans compter les autres moyens de pression qui sont utilisés contre lui, comme le fait de refuser de lui délivrer un passeport. La même chose pour Brahim Lalami, arrêté et tabassé lui aussi à maintes reprises.

Souvent, dans ces villes, les activistes et militants ont eu le besoin de lancer des appels à solidarité à l’endroit des manifestants des autres régions pour venir les épauler lors des manifestations du vendredi. Cela s’est passé notamment à Tiaret, où les services de sécurité ont voulu mettre un terme au hirak il y a deux semaines, lorsque des manifestants d’autres villes se sont déplacés sur place pour répondre à l’appel des hirakistes de la ville.

Le hirak étant un mouvement national qui a touché toutes les régions du pays, il n’en demeure pas moins que la mobilisation diffère bien évidemment, et pour des raisons objectives, entre les «grandes villes» et les autres. Et c’est dans ces dernières que la «lutte» est plus difficile. Le combat mené dans ces régions par ces jeunes, qui font jusque-là preuve d’une détermination exemplaire, est plutôt inédit. Heureusement que les réseaux sociaux sont là pour mettre en lumière leurs parcours et surtout ce qu’ils éprouvent, souvent d’une manière continuelle et prolongée.



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