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mardi, 20 octobre, 2020
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Dr Fawzi Derrar. Virologue et directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie

«L’Institut Pasteur d’Algérie a analysé 6500 prélèvements depuis le début de l’épidémie»

13 avril 2020 à 7 h 09 min

– Quel est le nombre de tests PCR réalisés par l’Institut Pasteur d’Algérie depuis le début de l’épidémie ?

L’Institut Pasteur d’Algérie a dépassé hier la barre des 6500 analyses moléculaires réalisées jusqu’à présent, ce qui représente, depuis le premier cas répertorié en Algérie, une moyenne de 141 prélèvements par jour, avec des maximums de 240 prélèvements par jour. Nos capacités actuelles ont augmenté par la mise en activité des annexes d’Oran et Constantine.

– Les chiffres actuels communiqués par le comité scientifique du suivi et de l’évolution du Covid-19 reflètent-ils réellement l’ampleur de l’épidémie ?

Je pense que oui quand on regarde le nombre de tests effectués jusque-là, plus de 6500 tests, et qu’on voit le nombre de positifs enregistrés jusqu’à hier, 1825 cas. On s’aperçoit qu’on a atteint 23% de taux de positivité. Certes ce ne sont pas les 10% que nous avions enregistrés il y a 15 jours, mais ce ne sont pas aussi les chiffres d’une forte épidémie, comme 70 ou 80% de positivité.

Peut-on parler de pic de l’épidémie dans les deux prochaines semaines ?

On espère que le pic arrivera plus vite. On remarque une certaine stabilisation, mais pas de diminution du nombre de cas. Comparativement à l’évolution de l’épidémie au sud de l’Europe, on voit aussi une certaine tendance à la stabilisation, qui pourra durer un certain temps.

Le respect des mesures actuelles de confinement et la persévérance dans l’application de ces mesures sanitaires recommandées contribueront à une stabilisation du nombre de cas, qui aboutira à un infléchissement progressif de la courbe épidémique. L’autre facteur important dont on doit tenir compte aussi est que le virus
SARS-CoV-2, qui circule et qui pourra acquérir des mutations qui atténueront sa virulence, voire arrêteront sa transmission, comme cela a été vu pour le SARS de 2003.

– Les tests PCR utilisés depuis le début de l’épidémie pour le diagnostic du Covid-19 semblent en rupture. Le recours aux tests rapides est-il une solution pour continuer à dépister les cas positifs ?

Il n’y a pas de rupture de tests de PCR à l’heure actuelle, il n’y a qu’à voir le nombre de cas quotidiens qui sont reportés pour s’apercevoir que les capacités diagnostiques sont toujours en place et tiennent bon.

Le recours aux tests rapides fait partie de notre algorithme diagnostic, mais il ne peut remplacer le test direct moléculaire au stade initial de la maladie, là où la sensibilité de la PCR est irremplaçable.

– Actuellement, à défaut de test PCR vu la tension mondiale sur ce produit, l’imagerie, notamment le scanner thoracique, est l’alternative qui est complétée par un test rapide. Qu’en pensez-vous ?

Beaucoup de démarches de dépistage sont proposées et recommandées, dont celle que vous citez. Le but principal vers lequel toutes ces démarches doivent converger est de capter tout malade potentiellement porteur du virus à un stade précoce, pour que sa prise en charge puisse débuter le plus tôt possible.

– Des quantités importantes de tests rapides sont sur le point d’être acquises par l’Algérie dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Quel est l’organisme habilité à valider ces tests ?

Si vous parlez des tests moléculaires, nous les validons au niveau de l’IPA grâce aux batteries de contrôle que nous avons et avec la souchothèque dont nous disposons.

Quant aux tests rapides, et en l’absence d’homologation des tests sérologiques à l’heure actuelle par les organes internationaux habilités, des études de validation en concert avec des équipes, telle que celle du Pr Reda Djdjik à Beni messous, sont en court dans le service d’immunologie.

– Ces tests rapides peuvent-ils détecter rapidement le virus Sars-Cov-2 ?

Les tests rapides actuels visent à détecter les anticorps qui apparaissent en moyenne dans les 5 à 6 jours après le début de la maladie ; et comme nous ne recevons pas souvent les malades à un stade initial de la maladie (symptômes très bénins au départ) et vu donc la grande variabilité du temps d’arrivée des patients à l’hôpital, il est clair que le test rapide peut s’avérer un examen d’appoint très important dans le cadre d’une stratégie de dépistage large.

Djamila Kourta

– Quel est le nombre de tests PCR réalisés par l’Institut Pasteur d’Algérie depuis le début de l’épidémie ?

L’Institut Pasteur d’Algérie a dépassé hier la barre des 6500 analyses moléculaires réalisées jusqu’à présent, ce qui représente, depuis le premier cas répertorié en Algérie, une moyenne de 141 prélèvements par jour, avec des maximums de 240 prélèvements par jour. Nos capacités actuelles ont augmenté par la mise en activité des annexes d’Oran et Constantine.

– Les chiffres actuels communiqués par le comité scientifique du suivi et de l’évolution du Covid-19 reflètent-ils réellement l’ampleur de l’épidémie ?

Je pense que oui quand on regarde le nombre de tests effectués jusque-là, plus de 6500 tests, et qu’on voit le nombre de positifs enregistrés jusqu’à hier, 1825 cas. On s’aperçoit qu’on a atteint 23% de taux de positivité. Certes ce ne sont pas les 10% que nous avions enregistrés il y a 15 jours, mais ce ne sont pas aussi les chiffres d’une forte épidémie, comme 70 ou 80% de positivité.

Peut-on parler de pic de l’épidémie dans les deux prochaines semaines ?

On espère que le pic arrivera plus vite. On remarque une certaine stabilisation, mais pas de diminution du nombre de cas. Comparativement à l’évolution de l’épidémie au sud de l’Europe, on voit aussi une certaine tendance à la stabilisation, qui pourra durer un certain temps. Le respect des mesures actuelles de confinement et la persévérance dans l’application de ces mesures sanitaires recommandées contribueront à une stabilisation du nombre de cas, qui aboutira à un infléchissement progressif de la courbe épidémique.

L’autre facteur important dont on doit tenir compte aussi est que le virus
SARS-CoV-2, qui circule et qui pourra acquérir des mutations qui atténueront sa virulence, voire arrêteront sa transmission, comme cela a été vu pour le SARS de 2003.

– Les tests PCR utilisés depuis le début de l’épidémie pour le diagnostic du Covid-19 semblent en rupture. Le recours aux tests rapides est-il une solution pour continuer à dépister les cas positifs ?

Il n’y a pas de rupture de tests de PCR à l’heure actuelle, il n’y a qu’à voir le nombre de cas quotidiens qui sont reportés pour s’apercevoir que les capacités diagnostiques sont toujours en place et tiennent bon.

Le recours aux tests rapides fait partie de notre algorithme diagnostic, mais il ne peut remplacer le test direct moléculaire au stade initial de la maladie, là où la sensibilité de la PCR est irremplaçable.

Actuellement, à défaut de test PCR vu la tension mondiale sur ce produit, l’imagerie, notamment le scanner thoracique, est l’alternative qui est complétée par un test rapide. Qu’en pensez-vous ?

Beaucoup de démarches de dépistage sont proposées et recommandées, dont celle que vous citez. Le but principal vers lequel toutes ces démarches doivent converger est de capter tout malade potentiellement porteur du virus à un stade précoce, pour que sa prise en charge puisse débuter le plus tôt possible.

– Des quantités importantes de tests rapides sont sur le point d’être acquises par l’Algérie dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Quel est l’organisme habilité à valider ces tests ?

Si vous parlez des tests moléculaires, nous les validons au niveau de l’IPA grâce aux batteries de contrôle que nous avons et avec la souchothèque dont nous disposons.

Quant aux tests rapides, et en l’absence d’homologation des tests sérologiques à l’heure actuelle par les organes internationaux habilités, des études de validation en concert avec des équipes, telle que celle du Pr Reda Djdjik à Beni messous, sont en court dans le service d’immunologie.

– Ces tests rapides peuvent-ils détecter rapidement le virus Sars-Cov-2 ?

Les tests rapides actuels visent à détecter les anticorps qui apparaissent en moyenne dans les 5 à 6 jours après le début de la maladie ; et comme nous ne recevons pas souvent les malades à un stade initial de la maladie (symptômes très bénins au départ) et vu donc la grande variabilité du temps d’arrivée des patients à l’hôpital, il est clair que le test rapide peut s’avérer un examen d’appoint très important dans le cadre d’une stratégie de dépistage large.

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