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samedi, 21 septembre, 2019
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L’Instance de dialogue poursuit les consultations : Un panel de plus en plus décrié

20 août 2019 à 10 h 00 min

Le panel de dialogue et de médiation multiplie les rencontres avec des acteurs de la «société civile». Avant-hier, c’était au tour «des jeunes du hirak populaire, issus des wilayas de Guelma, Souk Ahras, Batna, Tébessa et Khenchela».

Des jeunes qui ont demandé, comme l’a rapporté l’agence officielle, de «fixer la date de la présidentielle dans les plus brefs délais et de garantir les conditions nécessaires pour la tenue d’une élection régulière et transparente, en sus de l’installation d’une instance nationale indépendante pour la surveillance de cette élection, depuis le début des préparatifs jusqu’à l’annonce des résultats définitifs». Ils ont également insisté, ajoute-t-on de même source, sur «l’importance d’éviter le vide constitutionnel pour préserver les institutions de l’Etat, préconisant que le Président élu procède à une révision de la Constitution et engage de profondes réformes pour l’édification de l’Etat de droit». Des revendications conformes donc à la feuille de route proposée par le pouvoir en place. Hier, le panel a reçu, à leur demande, d’autres organisations. Il s’agit, selon un communiqué officiel, de «Djamaâ Daâwa oua Tabligh, de l’Organisation nationale des gardes communaux, du Courant populaire de l’Algérie unifiée (parti en cours de création) et de l’Organisation nationale pour la consécration de la paix et de la citoyenneté».

Le panel de dialogue et de médiation qui, faut-il le rappeler, a installé son «comité des sages» samedi dernier sans en communiquer la composante, multiplie ces derniers jours les rencontres et les sorties. Et à chaque fois, une polémique éclate au sujet de la nature des participants, que ce soit en tant que membre de l’instance en elle-même ou «invités» au dialogue. Leurs photos sont vite partagées sur les réseaux sociaux et leur passé dévoilé. Lorsque des étudiants ont fait irruption, samedi, au siège du panel à Alger, c’était, entre autres, pour dénoncer la participation à ce dialogue d’une organisation estudiantine, qui a soutenu les différents mandats de Bouteflika. D’autres personnes, ayant fait partie ou gravité autour de l’ancien régime, sont également citées. De plus, jusque-là, les seuls partis politiques ayant exprimé publiquement leur soutien à cette instance sont le… FLN et le RND, ceux-là mêmes dont la rue réclame le départ chaque semaine depuis maintenant près de sept mois.

Le coordinateur du panel, Karim Younès, arrivera-t-il à convaincre la population, qui sort tous les vendredis, et la classe politique de l’opposition de la justesse de sa démarche, alors que jusque-là aucune «personnalité nationale d’envergure» ne l’a rallié ?

En prenant fait et cause pour la feuille de route du pouvoir, avec l’option de l’organisation d’une élection présidentielle dans les plus brefs délais et sans exiger de préalables, il est clair que le plus gros des formations et personnalités politiques, de l’opposition s’entend, qui ont déjà élaboré pour beaucoup d’entre elles des propositions de sortie de crise (la plateforme de Aïn Benian et l’Alternative démocratique), n’allaient pas y adhérer.

Il faut rappeler qu’avant même qu’elle n’entame sa mission, cette instance avait connu ses premiers couacs. Au lendemain de la réception par le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, le 25 juillet dernier, de ses six membres, le panel avait été critiqué par quelques personnalités, dont le sociologue Nacer Djabi, le vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), Saïd Salhi, et l’activiste Islam Benattia, invités à y participer, qui ont décidé de ne pas cautionner cette démarche. Par la suite, il y a eu le quiproquo relatif à l’acceptation par la Présidence des préalables posés par la société civile et la classe politique, qui sont, entre autres, la libération des détenus du mouvement populaire, la baisse de la pression sur le hirak par l’ouverture des accès à la capitale et l’ouverture des champs politique et médiatique. A sa sortie de chez Bensalah, Younès avait affirmé que le chef de l’Etat était disposé à répondre favorablement à ces doléances, du moins à une partie d’entre elles dans l’immédiat.

Or, quelques jours plus tard, le chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, a rejeté ces préalables. Ce qui a provoqué des remous au sein du panel. L’économiste Smaïl Lalmas a aussitôt démissionné. Karim Younès, lui, avait annoncé qu’il allait faire de même lors d’une réunion qui allait suivre. Finalement, il a renoncé à démissionner et le panel a entamé son travail, même si ces préalables n’ont pas été satisfaits. Comme entame d’une mission, il n’y a pas pire.

Aujourd’hui, en prenant position, franchement et sans détour, avec l’option d’une élection présidentielle dans les plus brefs délais et sans insister sur les «préalables», le panel s’est mis dans une position pour le moins «inconfortable» vis-à-vis de la population, qui continue à exprimer chaque semaine son rejet du système, et par conséquent de toute démarche qui à ses yeux viserait à le «sauver», et c’est justement à cela que la présence de quelques personnes au sein du panel ou en tant que participants au dialogue renvoie.

Ayant placé la barre très haute en matière de revendications, il faudrait des décisions «courageuses» qui trancheraient avec les pratiques du passé, pour satisfaire les  hirakistes. La mission du panel paraît, donc, de plus en plus compliquée face à une rue qui n’accepte plus de «faux semblants». D’autant plus qu’hormis les partis de l’ex-alliance présidentielle, quoique ceux-là ne soient pas «invités» à ce dialogue, les formations politiques de l’opposition n’ont pas accepté de s’engager dans ce processus. Et à ce rythme, il est peu probable que le panel réussisse à organiser, dans quelques semaines, ou même quelques mois, une «conférence nationale» qui puisse bénéficier de la confiance des Algériens.

 

 

 

Ali Yahia Abdennour : «Le panel n’est pas sur la bonne voie»

L’avocat et militant des droits de l’homme Ali Yahia Abdennour a estimé que le panel «n’est pas sur la bonne voie». Dans une déclaration qu’il a rendue publique hier, celui-ci a déclaré que «le panel de dialogue et de médiation mis en place n’est pas sur la bonne voie pour apporter les réponses aux attentes de la population». «Il est donc nécessaire d’explorer d’autres moyens pour aller réellement dans le sens des revendications reprises par des millions d’Algériennes et d’Algériens chaque vendredi», a-t-il ajouté. Affirmant avoir reçu samedi dernier, à son domicile, et à leur demande, comme il le précise, des membres du panel conduits par le coordinateur, Karim Younès, Ali Yahia Abdennour a indiqué qu’il leur a réexprimé ses «préoccupations devant la situation politique, économique et sociale que vit le pays». «J’ai rappelé, à l’occasion, mes positions souvent répétées, quant à la nécessité d’engager le pays sur les voies qui lui permettent de sortir de la crise qui dure et qui perdure», a-t-il encore ajouté avant de lancer : «Aujourd’hui, la situation du pays relève de l’urgence et les revendications populaires portées depuis plusieurs mois pour la mise en place d’un système politique démocratique et légitime s’imposent.»


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