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Résolution du parlement européen sur les libertés en Algérie et sortie publique de l'ambassadeur chinois

L’ingérence étrangère, la polémique

02 décembre 2019 à 10 h 16 min

Du côté de la classe politique et des personnalités de l’opposition, globalement, c’est le pouvoir en place qui est mis à l’index.

La déclaration faite, avant-hier, par l’ambassadeur de la République de Chine en Algérie a alimenté la polémique déclenchée jeudi passé, après l’adoption par le Parlement européen d’une résolution sur l’Algérie. Intervenant en marge de sa participation à une opération de reboisement au parc des Grands Vents à Dély Ibrahim, en présence de deux ministres du gouvernement Bedoui, Li Lianhe a affirmé que son pays «soutenait» l’Algérie et «s’opposait à toute ingérence étrangère dans ses affaires internes».

Une déclaration largement diffusée par les médias publics et privés, du moins ceux qui s’alignent sur la feuille de route du pouvoir en place. Si l’attitude du Parlement européen a été assimilée à une «ingérence étrangère», la position de l’ambassadeur chinois a reçu un accueil favorable de la part des autorités algériennes et des partis politiques et organisations proches du pouvoir.

En somme, ce sont les positions critiques qui sont considérées comme de l’ingérence, contrairement aux marques de soutien qui, elles, sont largement répercutées et exhibées avec fierté.

En tout cas, du côté de la classe politique et des personnalités de l’opposition, globalement, c’est le pouvoir en place qui est mis à l’index.

Tout en rappelant que la résolution du Parlement européen n’est pas «contraignante» et ne contient aucune «injonction», la présidente de l’Union pour la citoyenneté et le progrès (UCP), Zoubida Assoul, a, dans une déclaration faite à Liberté, rappelé le nombre de fois où les responsables du pays sont allés chercher des soutiens ailleurs : «C’est bien Abdelkader Bensalah qui est allé chercher le soutien de la Russie en affirmant, devant Vladimir Poutine, que c’était  »une poignée » qui manifestait.

C’est encore le pouvoir qui a invité le ministre de l’Intérieur espagnol pour évoquer la question interne. Rappelez-vous également de la tournée effectuée par Lamamra lorsqu’il était vice-Premier ministre, pour chercher l’appui des capitales occidentales. Ce sont des preuves que c’est le pouvoir qui se dirige vers l’extérieur.» Donc, pour elle, c’est plutôt le pouvoir en place qui «internationalise» la crise nationale.

Vendredi dernier, lors de la 41e marche, l’avocat et défenseur des droits de l’homme, Mustapha Bouchachi, a tenu des propos similaires à propos de la résolution du Parlement européen. Tout en affirmant que «c’est une affaire interne à l’Algérie» et que «jamais un pays étranger n’a aidé un peuple pour une véritable transition démocratique», il a indiqué que «c’est le régime, en essayant de donner des rapports à des pays étrangers, qui a commencé à exposer la situation algérienne à l’étranger».

En effet, la déclaration faite le 24 octobre dernier, à la veille du 36e vendredi, par le chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, devant le président russe, Vladimir Poutine, en marge du sommet Russie-Afrique qui s’est tenu à Moscou, avait provoqué la polémique. «Si j’ai demandé à vous rencontrer, c’est pour vous rassurer sur la situation en Algérie qui est maîtrisée et que nous sommes capables de dépasser cette conjoncture», avait déclaré Bensalah, avant de faire remarquer que les manifestations du vendredi – contestant l’élection présidentielle du 12 décembre, entre autres – n’étaient composées que de «quelques éléments».

Il est utile de rappeler aussi que moins d’un mois après le début du hirak, Ramtane Lamamra, nommé vice-Premier ministre le 12 mars, avait entrepris, dans la semaine ayant suivi son installation à ce poste, un périple l’ayant conduit notamment en Italie et en Russie.

Au moment des faits, Abdelaziz Bouteflika, qui n’avait pas encore démissionné, souhaitait «vendre» aux capitales occidentales son projet d’annulation des élections du 18 avril et le passage vers une «transition» d’une année. Lamamra n’avait finalement pas été retenu dans la liste des membres du gouvernement Bedoui annoncée le 31 mars.

Ce sont ces événements qui ont donc alimenté, à chaque fois, la polémique autour de la problématique de l’ingérence étrangère. Si une déclaration critique d’une institution ou d’un gouvernement étranger est considérée comme une «ingérence» dans les affaires internes, le recours par les responsables du pays à ces mêmes entités pour expliciter ou justifier leur démarche et arracher par conséquent des soutiens s’apparente, selon l’opposition, à une «invitation à l’immixtion» dans la crise nationale.


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