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lundi, 13 juillet, 2020
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Limitation des dépenses publicitaires : «Une aberration pour les entreprises et les médias»

20 septembre 2018 à 1 h 15 min

La disposition envisagée à travers l’avant-projet de loi de finances 2019, prévoyant des restrictions sur les dépenses de promotion et de publicité, constitue «une aberration fiscale, aussi bien pour les médias que pour les entreprises».

C’est en effet ce qu’estiment nombre d’acteurs de la sphère économique locale, pour qui l’administration des impôts devrait avoir bien mieux à faire que d’instaurer de telles mesures qui aggravent les incohérences du système fiscal. Tel que divulgué dans la presse nationale, l’avant-projet de loi de finances concocté pour l’année prochaine prévoirait ainsi de limiter à seulement 2,5% du chiffre d’affaires des entreprises, le seuil à partir duquel les dépenses de publicité pourront désormais être déductibles au plan fiscal.

Perçue presque unanimement comme une mesure ne visant ni plus ni moins qu’à mettre la pression sur les entreprises qui alimentent encore la «presse critique» en recettes publicitaires, cette disposition, nous dit le patron des Nouvelles conserveries algériennes (NCA-Rouiba), Slim Othmani, est tout simplement «incohérente, voire même aberrante». Si elle venait à être effectivement appliquée, cette limitation, explique note interlocuteur, voudrait dire qu’au-delà d’un seuil de 2,5% de leur chiffre d’affaires, les entreprises devront désormais intégrer leurs dépenses de publicité et de promotion non plus dans leurs charges, mais plutôt dans leurs résultats d’exploitation imposables.

Or, ajoute-t-il, un tel plafonnement des dépenses publicitaires ne peut qu’aller à l’encontre non seulement des intérêts des médias, mais aussi des entreprises qui ont, de fait, besoin de communiquer sur leurs produits et leurs activités. De ce point de vue, déplore Slim Othmani, «un seuil de dépenses de promotion qui se limiterait à seulement 2,5% du chiffre d’affaires est tout simplement dérisoire». Selon lui, une entreprise, un produit ou un service en phase de lancement suppose au minimum un budget de marketing d’au moins 10 à 15% du chiffre d’affaires sur deux ou trois années.

«Pourquoi voudrait-on freiner le développement de nouvelles entreprises ou de celles qui ont besoin de promouvoir leurs innovations, alors que le système fiscal souffre déjà de tant d’incohérences…», fustige en définitive le patron de NCA-Rouiba. En attendant de savoir ce qui va advenir du texte de l’avant-projet de loi de finances 2019 une fois soumis au Conseil des ministres, force est d’emblée de croire que le plafonnement envisagé des dépenses publicitaires découlerait surtout de velléités politiques visant à tarir les revenus des médias critiques.



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