L’ex-patron du DRS, le général Toufik, dément et accuse : «Une tentative délibérée de me porter préjudice» | El Watan
toggle menu
mercredi, 21 août, 2019
  • thumbnail of elwatan20190821
  • Pub Alliance Assurance





L’ex-patron du DRS, le général Toufik, dément et accuse : «Une tentative délibérée de me porter préjudice»

02 avril 2019 à 10 h 24 min

Il brise le silence et apporte un démenti ferme aux accusations dont il fait objet depuis trois jours. L’ancien patron du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), Mohamed Mediène dit Toufik, réfute catégoriquement les informations selon lesquelles il serait associé à une réunion en présence d’agents étrangers.

Dans une déclaration envoyée à la presse nationale, l’ex-puissant chef des services de renseignement algériens accuse la chaîne de télévision Echorouk de s’être «prêtée volontairement à une manipulation grossière en donnant une information invraisemblable, qui ne correspond ni à mon éthique ni à mes principes».

Visiblement très remonté par  les graves accusations proférées à son encontre dans une situation politique extrêmement tendue dans le sérail, le général Toufik n’a pas voulu se laisser traîner dans la «boue», alors que le pays est en proie à un climat insurrectionnel.

Lui qui, faut-il le rappeler, était tant redouté, mais c’était surtout l’homme que tout le monde voulait approcher. Nombre de ceux qui l’attaquent depuis sa démission en 2015 craignaient son ombre avant. «Je n’ai jamais rencontré, ne serait-ce qu’une seule fois, le personnage des services de sécurité qui est cité comme ayant assisté à cette pseudo-réunion, depuis que j’ai quitté mes fonctions», poursuit celui qui était craint par tous, lorsqu’il était aux affaires.

Le personnage dont parle Toufik sans le nommer est l’actuel chef des services de renseignement, Bachir Tartag, cité comme étant lui aussi  présent à cette fameuse réunion qui, vraisemblablement, n’a jamais eu lieu.

Rompu au silence légendaire, celui qui a conduit les services de renseignement durant vingt-cinq ans estime que l’accusation dont il a fait objet est une tentative «délibérée» de lui «porter préjudice»,  surtout en l’accusant de s’être réuni avec des agents étrangers. «M’accuser d’avoir rencontré des agents étrangers pour évoquer des sujets relevant de la souveraineté nationale est une tentative délibérée de me porter préjudice», fulmine  l’homme à la parole rare.

Fidèle à sa réputation de personnage ultradiscret, le général de corps d’armée à la retraite ne réagit que lorsque «son honneur est mis en cause. Il laisse tout passer, sauf attenter à son honneur», dit-on de lui. L’accuser de porter atteinte à la sécurité nationale ou d’acte de trahison contre son pays serait le suprême outrage infligé à celui dont la mission était justement de protéger l’Algérie.
«Je suis connu à l’intérieur du pays et en dehors pour avoir combattu toutes les ingérences extérieures qu’elles soient politiques, culturelles ou économiques», a répliqué Mohamed Mediène dans une contre-offensive qui viserait manifestement plusieurs objectifs à la fois.

Parce qu’il faut rappeler que l’accusation portée contre lui  par la chaîne  Echorouk TV est venue juste après que  le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah ait évoqué «l’organisation de réunions suspectes par certaines parties malintentionnées pour porter atteinte à la crédibilité de l’ANP».

Cette sortie médiatique, divulguant des noms et pas des moindres, a provoqué une grande confusion dans les esprits et surtout a semé le doute. Se voyant associé à une invraisemblable machination, le général Toufik devait se sentir heurté au plus haut point.

«Quelle que soit la gravité des problèmes politiques qui traversent le pays, je ne peux dévier en aucun cas le principe de la défense de la souveraineté nationale», a-t-il martelé dans sa déclaration d’hier.
«C’est une règle immuable que j’ai toujours respectée dans mon comportement et mes actes», ajoute-t-il pour mieux asséner ses coups.

Cette clarification de l’ancien patron des services de renseignement, qui intervient dans un moment de grand brouillard politique au sommet du pouvoir, permettra sans doute de situer un tant soit peu les responsabilités.

Et surtout ceux qui tirent réellement les ficelles dans l’ombre. Manifestement, en ces temps d’incertitudes, tous les coups sont permis pour le replacement opportuniste des uns et des repositionnements politiques pour d’autres.

Un jeu dangereux, d’autant que le pays traverse une phase aussi sensible que décisive, qui requiert discernement et lucidité politique.


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!