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Tests sérologiques rapides pour la Covid-19 : «Leur utilisation n’est pas préconisée dans le dépistage précoce»

13 mai 2020 à 10 h 08 min

Utilisé dans le cadre d’essai et d’évaluation immuno-chromatographique au niveau du service d’immunologie du Chu de Beni Messous depuis deux mois, le test sérologique rapide conditionné par la société Vital Care depuis lundi, et annoncé officiellement par un communiqué de la présidence de la République vient en complément dans le diagnostic de la Covid-19 après une série d’examens.

«Ce test n’est pas préconisé dans le diagnostic précoce de la Covid-19. Il répond à une stratégie complémentaire d’un faisceau d’arguments pour poser le diagnostic de la Covid-19 en l’occurrence en l’absence du test PCR, face à un tableau clinique révélateur, complété par un examen radiologique, notamment le scanner thoracique. La décision d’hospitalisation et de mise sous traitement est discutée entre le clinicien, le radiologue et le biologiste.

Depuis le début de l’épidémie, nous avons effectué dans notre établissement 6000 tests rapides dans le cadre d’un travail de comparaison entre les différents tests rapides, d’évaluation de la performance analytique et la validation avec l’Institut Pasteur d’Algérie», nous a déclaré le Pr Réda Djidjik, chef de service d’immunologie au Chu de Beni Messous.

Et de préciser : «Ce kit de Vital Care est aussi performant que les autres tests rapides que nous avons utilisés dans notre laboratoire.» Il signale que ce test rapide utilisé pour la recherche des anticorps IgM/IGG chez des personnes suspectes répond à des indications bien précises.

Cela veut dire, a-t-il insisté, qu’il ne peut être utilisé que 7 jours après le du début des symptômes et après la guérison de cas positifs pour rechercher si le patient a développé des anticorps protecteurs. «Ce test rapide permet aussi d’identifier si des personnes ont été en contact avec ce virus, et prévoir ainsi l’isolement ou le confinement pour éviter de nouvelles contaminations», a-t-il précisé.

Et d’ajouter que ce test ne sera autorisé qu’en milieu hospitalier, dans le cadre d’un travail d’équipe qui va servir pour un rattrapage de diagnostic, faute de PCR ou PCR négative, et à effectuer des études épidémiologiques chez des populations bien ciblées, comme cela a été recommandé.

Le Pr Djidjik a tenu à préciser que l’utilisation du test rapide est conditionnée par de nombreux critères, sachant qu’il reste encore de nombreuses inconnues concernant cette maladie, dont le profil immunologique des patients. Interrogé sur la fiabilité de ce test, le Pr Djidjik signale que le débat sur les tests rapides est toujours en cours et que «ce kit de Vital Care est équivalent en termes de fiabilité aux autres tests rapides que nous avons utilisés».

Et d’insister sur le fait que «l’utilisation de ces tests rapides pour la Covid-19 intervient dans un contexte épidémiologique particulier et ils ont leur place. Pour le moment, il est utilisé non pas pour le diagnostic précoce mais plutôt rattraper un cas faux négatif et faire les études épidémiologiques ciblées».

A noter que les tests rapides sont utilisés en Algérie pour le moment dans le cadre d’un essai, en attendant leur validation par un organisme spécialisé, qui pourrait être l’Institut Pasteur, après avoir obtenu l’«homologation» du service d’immunologie du CHU de Beni Messous. A noter que plusieurs pays ont utilisé ces tests rapides durant le début de cette épidémie de Covid-19 et ont fini par recommander la prudence dans leur utilisation.

«Ils ne permettront pas de délivrer un certificat d’immunité aux personnes ayant déjà rencontré le SARS-CoV-2», signale le communiqué publié le 2 mai sur le site de la HAS. L’autorité préconise, en revanche, d’utiliser ces tests pour confirmer un diagnostic incertain, voire pour dépister des personnes sans symptôme travaillant dans certains contextes (milieux confinés, établissements de soins, etc.).

«Ils seront précieux, précise Dominique Le Guludec, présidente de la HAS, à des fins de recherche épidémiologique, pour mieux connaître la progression de la maladie sur le territoire.» «Il y a encore de nombreuses inconnues sur la réponse immunitaire de l’organisme à ce virus qui n’a que 4-5 mois.

Si on sait bien repérer une réponse immunitaire à ce virus, on ne sait pas encore de façon suffisamment fiable quelle protection cette réponse confère aux gens qui ont contracté le virus, ajoute Mme Le Guludec. C’est ce qui nous a amenés à exclure un dépistage en population générale.» 



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