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Hassan Menouar. Président de l’association El Aman : «L’État est incapable de réguler le marché»

11 octobre 2020 à 11 h 06 min

Dans cet entretien, le président de l’association de protection du consommateur El Aman, Hacène Menouar, impute la hausse des prix des fruits et légumes à la dérégulation du marché. Il recommande la réalisation d’entrepôts de stockage de produits agricoles et la mise en place d’une carte agricole.

– Le marché des fruits et légumes enregistre une nouvelle hausse des prix. Quelles sont les raisons de cette augmentation ?

Le plus grand problème dont souffre le marché des fruits et légumes est celui de la régulation. Malheureusement, l’Etat, avec tous ses départements ministériels, dont ceux du Commerce et de l’Agriculture, n’est pas encore arrivé à réguler le marché.

Au final, c’est soit l’agriculteur qui perd au change, soit le consommateur qui paye davantage. En l’absence de régulation, les prix passent du simple au quadruple.

Produit prisé, la pomme de terre passe de 25 DA à 100, voire 120 DA. Ce sont des hausses subites, qui n’ont aucune raison d’être. Des spéculateurs profitent souvent des fêtes religieuses et des aléas climatiques pour augmenter les prix. Ces spéculateurs abusent aussi de leur position dominante. Tout cela se passe en l’absence totale du contrôle de l’Etat.

Le contrôle, ce n’est pas seulement l’affaire des contrôleurs des prix. Il faudrait construire des infrastructures pour stocker le surplus de la production agricole. En cas de recul de la production, on pourrait éventuellement remettre sur le marché le surplus de la production agricole.

En l’absence de ces infrastructures, que nous attendons depuis 2008, le marché restera sous l’emprise de la dérégulation. Dans ces conditions, le consommateur continuera à dépenser 4000 DA/mois pour l’achat de produits agricoles, comme il peut dépenser 10 000, voire 12 000 DA/mois.

Cette situation est très néfaste pour l’économie nationale et même pour la santé du citoyen, qui n’arrive pas à consommer régulièrement des produits frais. S’agissant de la mercuriale, elle est inexistante depuis 30 ans.

Le consommateur devrait être informé des prix des produits agricoles d’une manière régulière et transparence. Par le passé, les radios régionales avaient pour habitude de diffuser les prix.

Nous souhaitons que les médias informent les citoyens sur les prix pratiqués. Tant que le marché est dérégulé et libre au point où les spéculateurs font ce qu’ils veulent, la situation ne va pas s’améliorer.

– Qu’en est-il de la disponibilité des produits agricoles sur le marché ?

Il n’y a pas de problème de disponibilité de produits agricoles. Cependant, nous avons constaté une anarchie dans le secteur agricole.

Outre l’absence de régulation de la part du ministère du Commerce, le secteur agricole souffre, quant à lui, de l’absence d’une carte agricole, qui définit ou détermine le plan de production par rapport aux besoins des consommateurs. Nous avons déjà saisi les responsables concernés au sujet de ce dossier.

Nous pensons qu’il est temps de mettre en place cette carte agricole. Celle-ci permettra de définir les produits agricoles et les quantités à mettre sur le marché chaque semaine et chaque mois, notamment à la l’occasion de grandes événements, dont des fêtes religieuses.

Les agriculteurs devraient ainsi se conformer à programme défini par le ministre de l’Agriculture, et réparti à travers les directions locales et les associations professionnelles. C’est tout cela qu’on doit mettre en place tous ensemble.

– Avez-vous sollicité des responsables afin de leur soumettre les propositions et les doléances de votre association ?

Nous avons déposé une nouvelle fois tous les dossiers que nous avions déjà établis sous l’ère Bouteflika au niveau de l’actuelle présidence de la République.

On ne se contente plus de déposer nos dossiers auprès des ministères, parce qu’aucun des ministres (Commerce, Industrie, Transports, Travaux publics et Agriculture) n’a tenu compte de nos propositions.

La Présidence nous a fixé des rendez-vous avec des ministres. Je n’ai pas besoin de voir des ministres. On a besoin de voir les directeurs généraux au niveau des ministères pour expliquer, à l’aide d’experts, notre démarche. Notre association a toujours œuvré par des propositions fondées sur une expertise.

On aurait aimé qu’elles soient débattues avec nous et qu’on retienne quelques-unes de nos propositions. Nous demandons à être écoutés. Je déplore l’attitude de la présidence de la République qui sollicite l’avis de la société civile uniquement au sujet du projet de révision de la Constitution.


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