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Meriem Belaala. Présidente de SOS Femmes en détresse

«Les victimes de violences ne sont pas protégées de leurs agresseurs»

25 novembre 2021 à 12 h 00 min

Présidente de l’association SOS Femmes en détresse, Meriem Belaala, affirme dans l’entretien qu’elle nous a accordé que malgré la loi sur la criminalisation de la violence à l’égard des femmes, les victimes «sont livrées à leur sort. Elles ne sont pas protégées de leur agresseur». Elle plaide pour des «procédures de protection» et «d’accompagnement» qui permettent «d’anticiper sur la violence» et de «protéger les victimes».

– Les statistiques des services de sécurité, malgré le fait qu’elles soient en deçà de la réalité, montrent une hausse continuelle du nombre de femmes victimes de violences. Comment expliquer une telle situation sachant qu’une loi criminalisant ces faits existe depuis plus de 5 ans ?

En fait, le changement remarqué concerne l’information. La violence est aujourd’hui plus visible qu’avant, parce que les gens en parlent, alors que dans le passé c’était un tabou, que ce soit au sein de la famille, dans les institutions ou dans les structures de formation.

Personne n’osait témoigner ou dénoncer. Aujourd’hui, il y a de plus en plus de femmes qui brisent le silence, et de personnes qui alertent ou dénoncent les agressions dont elles sont témoins.

Malheureusement, en termes de protection des victimes, rien n’a été fait. Nous ne pouvons pas demander à une femme de retourner au domicile conjugal alors qu’elle vient dire qu’elle a failli être tuée par son époux violent ! Où peut-elle se réfugier pour sauver sa vie ou se protéger des violences qu’elle subit ? Comment peut-elle aller affronter son agresseur devant le tribunal, sachant qu’il est là, à l’attendre à la sortie ?

Nous n’avons aucun moyen pour protéger les femmes victimes de violence. Elles sont livrées à leur sort. Nous avons beaucoup régressé dans ce domaine. En tant qu’association, nous sommes les seules à avoir un centre d’accueil pour ces victimes, alors que leur nombre ne cesse d’augmenter.

Retrouvez l’intégralité de nos articles sur la version papier

 


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