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Commémoration des événements du 5 octobre à Béjaïa : Les victimes de la tragédie oubliées

06 octobre 2020 à 11 h 00 min

L’Association des parents des victimes et des blessés d’Octobre 1988 (AVO88) a marqué, hier, le 32e anniversaire des événements sanglants du 5 Octobre par un rassemblement et le dépôt d’une gerbe de fleurs au pied de la stèle commémorative, sise à l’esplanade de la maison de la culture Taos Amrouche de Béjaïa.

D’emblée, le porte-parole de l’AVO88, Abdelaziz Yahyaoui, a réitéré les principales revendications de son organisation qui se résument principalement à l’octroi «d’un statut pour les victimes de la répression d’Octobre, la revalorisation des indemnités à 27 000 DA en intégrant cette catégorie dans le cadre de la tragédie nationale ainsi que la reconnaissance de la date du 5 Octobre 1988 comme journée nationale de la ‘‘démocratie’’».

Le pouvoir, affirment les animateurs d’AVO88, «persiste dans le déni de reconnaissance et de justice envers les victimes de cette tragédie». Depuis sa création, l’association n’a ménagé aucun effort pour défendre le dossier des victimes, géré actuellement par le ministère du Travail.

L’organisation s’indigne du fait que «lors de cette révolution, le régime à l’époque a tiré des balles réelles sur des manifestants provoquant des morts, des blessés et des handicapés à vie envers lesquels aucune reconnaissance n’a été exprimée».

Le pouvoir a qualifié le statut des victimes comme «accident de travail», leur octroyant la modique somme de 2000 et 3000 DA/mois, versée par la Cnas.

«Nous avons épuisé toutes les voies de recours. Les gouvernements qui se sont succédé ont été tous destinataires de lettres de sollicitations, mais les missives sont restées sans suite», tonne l’orateur.

Une des victimes d’Octobre 1988, qui a reçu à l’époque une balle dans le corps, avertit les jeunes d’aujourd’hui contre «le basculement du mouvement populaire vers la violence, car cela ne fera que rajouter un lot de victimes aux précédentes», soulignant l’importance de préserver le caractère pacifique du hirak.

Les animateurs de la Ligue algérienne des droits de l’homme, du PAD, du RCD ainsi que quelques activistes politiques se sont relayés à la tribune pour livrer leur constat sur la situation des libertés en Algérie, et exigeant la reconnaissance d’un statut juridique au profit des victimes d’Octobre 1988, la libération de tous les détenus politiques et d’opinions, le respect des libertés démocratiques et le retour à un processus souverain afin de parvenir à un changement réel du système.

Saïd Salhi, vice-président de la LADDH, considère cette Constitution «d’échec», car élaborée «dans le cadre d’un processus autoritaire» avant d’appeler au boycott du référendum et à la nécessité de renouer avec la protesta, tout en évitant que le régime «ne nous ramène sur le terrain de la violence par la provocation».

Dans la matinée, on a constaté une forte présence policière. Des véhicules de la BRI et des forces antiémeutes se sont postés à proximité des lieux accueillant habituellement les manifestations dans la ville de Béjaïa.

L’orateur estime qu’il y a «une forte volonté de la part du pouvoir de fermer la parenthèse du hirak et de remettre en cause les acquis d’Octobre 1988 qui se rétrécissent comme une peau de chagrin».

Des militants du Pst distribuent, peu avant la prise de parole, des tracts appelants au «rejet de la Constitution qui est au service du régime et pour la défense des libertés démocratiques et syndicales».

Le président du RAJ, Fersaoui Abdelwahab, a mis l’accent sur la menace qui pèse sur les acquis de la révolution d’Octobre, soulignant qu’on «enregistre, à ce jour, des tentatives de musellement de la presse, le harcèlement contre les syndicalistes, des attaques, des intimidations et des menaces contre les militants et les citoyens».

« S’il y a une journée qui doit être baptisée ‘journée nationale de la démocratie’, c’est bien le 5 Octobre, qui a ouvert une brèche vers la lutte pour les libertés et l’Etat de droit», suggère-t-il.

Les mêmes maux économiques, sociaux et politiques qui ont conduit à l’explosion de la rue en 1988 sont encore présents, d’après la députée Nora Ouali du RCD, qui a valorisé l’intérêt de transmettre ce passage de l’histoire à la nouvelle génération.


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