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Après neuf jours de grève

Les travailleurs de German paralysent le complexe ENMTP

24 décembre 2020 à 10 h 54 min

Au neuvième jour de grève, les travailleurs de German ont opté hier pour le blocage de l’accès à l’ensemble du complexe industriel ENMTP de fabrication de matériel de travaux publics (ex-Sonacome) de Aïn Smara, près de Constantine. Privés de salaires depuis plusieurs mois, les protestataires font face à une situation sociale devenue insoutenable, et ont eu recours à cette action extrême, faute de dialogue.

Leur action a en effet provoqué la paralysie de toutes les usines du complexe, exception faite de Rheinmetall, société de fabrication de véhicules spéciaux, appartenant à l’armée.

Le complexe compte, en plus de German, Somatel (production de pelles, chargeurs, niveleuse) Somatel-Liebherr, filiale de Somatel (production de matériels de terrassement nouvelle génération), Sofare (société de fabrication de rétrochargeurs), Europactor Algérie et Unité centrale de pièces de rechange (UCPR). Il emploie plus de 2000 travailleurs.

A mesure que perdure la situation de blocage, les grévistes durcissent leur mouvement, espérant sortir la direction de son silence et pousser la tutelle à réagir. German, entreprise publique spécialisée dans la production, le développement et la commercialisation des matériels de gerbage et de manutention, est paralysée par ce débrayage depuis plus d’une semaine, et contrairement au cas Eniem, le gouvernement se montre apathique.

Depuis le 15 décembre, les 461 travailleurs sont en grève. Leur principale revendication concerne le paiement des salaires des trois derniers mois. Ils exigent aussi le départ du directeur général, responsable, selon eux, de la dégradation financière de l’entreprise. Ils ont même tenté à deux reprises de bloquer la RN5 au niveau de l’intersection qui donne accès au complexe industriel de Aïn Smara (ex-Sonacome) pour attirer l’attention sur leur affaire. Sans résultat, puisque dès la deuxième fois, ils ont eu affaire à un renfort dissuasif de la brigade antiémeute de la gendarmerie.

Comme avancé dans de précédentes éditions, la direction de German peine à verser les salaires des travailleurs, un problème devenu chronique et source de conflits quasi permanents. Depuis janvier 2020, le versement régulier des salaires est devenu problématique faute de stabilité dans la trésorerie. En dépit d’un plan de charge important, l’entreprise est sujette à des difficultés dues au déséquilibre créé par le remboursement de dettes contractées il y a une dizaine d’années auprès des banques.

C’est ce qu’a affirmé Badreddine Benennia, directeur général de l’entreprise, dans une précédente livraison d’El Watan. Ajoutant que le problème réside, selon lui, dans le manque d’inputs, à savoir l’alimentation de la production par la matière première, importée essentiellement de l’étranger.

Les démarches entreprises par la direction pour obtenir des délais supplémentaires auprès des créanciers n’ont pas abouti. Et German se trouve au bord de l’asphyxie. Et seule. L’échec du dialogue entre la direction et la section syndicale affiliée à l’UGTA et de la démarche de médiation entreprise par les grévistes auprès du médiateur de la République ont rendu la situation encore plus difficile.


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