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Les slogans davantage politisés à Constantine

02 mars 2019 à 11 h 01 min

Trop excités pour attendre, les manifestants ayant répondu à ce deuxième appel national pour marcher contre le pouvoir politique en place ont commencé à Constantine, avant même la fin de la prière du vendredi. Vers 14h30, le pic de l’affluence a atteint plus ou moins 100 000 personnes, selon les estimations les plus optimistes, la moyenne est aux environs de 75 000.

Cette manifestation du 1er mars aura été une grand messe populaire, jamais égalée de mémoire de Constantinois. La marche a débuté devant la grande mosquée El Istiqlal, où plus d’une centaine de fidèles ont quitté la prière en signe de protestation contre le prêche de l’imam qui a tenté de dissuader les gens de sortir dans la rue. Cette première grappe a rapidement grossi dès la jonction avec les manifestants qui attendaient devant le palais de la Culture avant de devenir une marée humaine avec la sortie des mosquées.

Fait nouveau : la composante humaine n’est plus dominée par les jeunes grâce à la présence en force de manifestants plus âgés. Il y avait aussi beaucoup de femmes cette fois, et aussi l’élite représentée par des enseignants universitaires, des médecins, des avocats et des cadres d’entreprises. On pouvait distinguer aussi beaucoup de familles venues manifester avec des drapeaux et des pancartes ; celles portées par les enfants étaient significatives et attiraient les photographes professionnels et amateurs.

Le plafond des revendications scandées par les marcheurs de Constantine a nettement été élevé, dépassant celles du 22 février, et donné l’impression d’une formulation davantage politique des exigences, notamment ces chants qui soulignent le caractère populaire et pacifique de la manifestation. Les chants anti-5e mandat éclatés en avatars rivalisant les uns avec les autres sont décuplés par d’autres chants dirigés contre les symboles du pouvoir comme le FLN, Ouyahia, «La bande de voleurs», «Les vendeurs de cocaïne», «Les harkis, traîtres de la nation, et vendus à la France».

Il y a certainement des divergences d’opinion au sein de cette masse populaire, mais en revanche, il n’y avait aucune divergence hier sur l’ennemi commun. Les manifestants criaient et se libéraient du poids de la parole confisquée et des chaînes du droit bafoué. «Je me sens soudain libre et légère», nous confie une enseignante retraitée. Autour d’elle, des jeunes lui souriaient fraternellement. Une délicieuse brise de patriotisme et de solidarité planait hier sur les manifestants. 

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