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Point de presse du collectif de défense de Drareni : «Les services de sécurité ont demandé à Khaled de cesser de couvrir le hirak»

24 septembre 2020 à 11 h 34 min

La petite salle de réunion au siège de Radio M et de l’agence Interface Médias, au 7, rue Henry Dunant, près de la place Audin, était pleine comme un œuf hier après-midi.

Journalistes et militants s’y pressaient pour assister à la conférence de presse donnée par trois figures de proue du collectif de défense de Khaled Drareni, en l’occurrence Mes Zoubida Assoul, Mostefa Bouchachi et Abdelghani Badi. Notre consœur Lynda Abbou, journaliste et membre du comité de soutien à Khaled Drareni, assurait la modération.

L’objectif affiché des conférenciers était de faire passer trois messages : exprimer leur rejet catégorique du verdict du 15 septembre ; expliciter les prochaines étapes juridiques en insistant sur le caractère «éminemment politique» de cette affaire. Et, chose importante également : nous apporter des nouvelles fraîches de Khaled en rassurant l’opinion publique quant à son état de santé.

Dans la salle, avant l’entrée du trio de robes noires, régnait une grande effervescence. Les confrères ont accueilli avec soulagement la nouvelle de la remise en liberté du journaliste Belkacem Djir. «Mabrouk la libération de Belkacem Djir. laâkouba l’Khaled», lance Samir Benlarbi avec un large sourire.

14h15. Début de la conférence de presse. Les trois avocats, qui avaient plaidé avec brio lors du procès en appel qui s’est tenu le 8 septembre à la cour d’Alger, sont restés sur la même ligne de défense, à savoir que rien dans cette affaire ne justifiait une telle condamnation.

Pour Me Assoul, «ce jugement n’est pas une décision judiciaire mais une décision politique par excellence». Le collectif de défense a confirmé l’introduction d’un pourvoi en cassation auprès de la Cour suprême et compte aussi faire une demande de liberté provisoire. «Nous allons utiliser tous les moyens juridiques pour rejeter cette décision», insiste Me Assoul.

L’avocate est revenue sur la dernière sortie du chef de l’Etat lors de sa rencontre avec la presse diffusée dimanche dernier. «On persiste à dire que Khaled Drareni n’est pas emprisonné en tant que journaliste !» dénonce-t-elle. «On est en train d’instrumentaliser les institutions de l’Etat pour chaperonner et orienter l’institution judiciaire», estime Zoubida Assoul. Me Badi abonde dans le même sens : «Le pouvoir utilise tous les outils de l’Etat, dont la télévision publique, pour promouvoir ce qui sert ses intérêts.

Nous en sommes à quatre ou cinq déclarations, en comptant celles de M. Belhimer, qui multiplient les sorties publiques sans qu’on puisse leur apporter la contradiction.» «Tebboune soutient que Drareni n’a pas été emprisonné en sa qualité de journaliste et qu’il n’avait pas d’accréditation comme collaborateur à TV5.

Peut-on décemment jeter un journaliste en prison simplement parce qu’il n’a pas une accréditation du ministère de la Communication ?» Et de préciser : «Nous avons introduit un pourvoi en cassation et nous espérons que les autorités se raviseront et qu’elles abandonneront cette voie totalitaire basée sur la répression.»

En prenant la parole, Me Mostefa Bouchachi a tenu d’abord à transmettre à l’assistance un message tout chaud de Khaled : «Je vous transmets les salutations de Khaled Drareni. Son moral est très bon. C’est un journaliste courageux, un journaliste libre !»

Il se demande à son tour : «Khaled a-t-il été arrêté pour son travail de journaliste ou bien pour une autre raison ?» L’avocat affirme qu’avant l’arrestation du 7 mars suite à laquelle a été déclenchée toute la procédure ayant conduit à son incarcération, Khaled avait été entendu par les services de sécurité à quatre reprises. «Et à chaque fois, ils l’interrogeaient sur son travail de journaliste et pourquoi il couvrait le hirak. Ils lui ont demandé à chaque fois de cesser de couvrir le hirak.» Et de poursuivre : «Donc venir dire aujourd’hui qu’il n’a pas été arrêté comme journaliste… On veut tromper l’opinion publique.»

Au cours de l’échange avec la salle, un confrère a demandé si la poursuite de la procédure n’était pas de nature à compromettre une éventuelle grâce présidentielle. Me Abdelghani Badi a précisé que ce recours était avant tout «une question de principe». «La grâce est destinée aux criminels et Khaled n’a commis aucun crime.

Et les errements du pouvoir ne se rattrapent pas avec une simple grâce mais en faisant amende honorable, en reconnaissant son tort et en s’excusant pour tous les préjudices qu’il a causés.» Me Badi en est persuadé : «Les autorités peuvent rectifier le tir, et à ce moment-là, les moyens juridiques existent pour peu que la volonté politique se manifeste.»

Omar Belhouchet a pris la parole pour dire : «Nous sommes face à un mur. Il y a un durcissement de la répression à l’égard de la société, et cela s’étend sur l’ensemble du territoire national. Beaucoup a été fait au niveau national et international pour obtenir la libération de Khaled Drareni. Mais il y a une fermeture dans le discours des autorités, une dureté qui prouve qu’ils n’ont pas l’intention de reculer.»

Et l’ancien directeur d’El Watan d’interroger : «Est-ce que ce n’est pas le retour du hirak, des manifestations populaires, sur la scène publique, qui pourraient débloquer la situation pour Khaled et pour l’ensemble des détenus ?» Me Bouchachi est parfaitement de cet avis. «Aucun parti, aucun syndicat, aucun rassemblement de journalistes ne peuvent faire la différence.

Le hirak pacifique est notre seule arme pour faire pression sur les autorités», tranche le ténor du barreau.

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