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dimanche, 05 juillet, 2020
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Contenu des propositions liées à la révision de la Constitution : Les réserves de La classe politique

12 mai 2020 à 10 h 07 min

La mouture de la nouvelle Constitution n’a pas reçu l’enthousiasme espéré par ses initiateurs au niveau de la classe politique. Hormis les formations politiques dites du pouvoir qui, bien évidemment, l’ont «saluée», dans l’opposition, cela va de l’expression de «sérieuses réserves» jusqu’au rejet catégorique. 

Les premières à s’être exprimées sur la question, ce sont les forces du Pacte de l’alternative démocratique (PAD), regroupant entre autres le FFS, le RCD, le MDS, l’UCP et le PT, ainsi que des ONG comme la LADDH.

Ayant, dès le début, plaidé pour un «processus constituant», ce qui l’avait conduit, conséquemment, à rejeter l’élection présidentielle du 12 décembre dernier, le PAD a estimé que dans cette proposition remise à la classe politique jeudi dernier, «le pouvoir a décidé de dérouler sa feuille de route dans une situation d’exception pour exclure, une fois de plus, le peuple algérien du choix de son devenir».

Pour ce groupement de partis politiques de l’opposition, «les triturations constitutionnelles unilatérales en cours confirment, une fois de plus, la culture de la pensée unique autoritaire et reconduisent une confiscation de l’Etat à l’origine du désastre national depuis l’indépendance».

«Quoi qu’en pensent les anciens et nouveaux maîtres du pays, le consensus autour de la transformation institutionnelle et constitutionnelle pour la consécration de la démocratie véritable ne saurait aboutir sans un débat populaire large et public aboutissant à un processus constituant souverain», ajoute le PAD qui, au vu des éléments de langage utilisés dans ce communiqué et de ses positions précédentes par rapport au processus en cours, va certainement faire l’économie d’une réponse à la Présidence, les partis étant censés adresser leurs remarques.

Se considérant toujours au diapason avec les revendications du hirak, les formations politiques constituant le PAD, et quelques autres bien sûr, estiment que le processus en cours est «biaisé» dans la mesure où il s’agit d’une «démarche unilatérale du pouvoir» qui n’est là que pour sauver le «système».

C’est pour cela que le PAD a tenu à rappeler dans son dernier communiqué que pendant que le pays fait face à une crise sanitaire, «le pouvoir en place, dans le vain espoir d’avorter tout retour aux manifestations populaires pour le départ du système, emprisonne à tour de bras des militants politiques, activistes du hirak et des journalistes».

Du côté des islamistes, notamment le Mouvement de la société pour la paix (MSP), le plus en vue de ce courant politique, le ton n’est pas aussi radical, mais il est question de moult réserves et pas des moindres. Ainsi, le parti de Abderrazak Makri a estimé, à cet effet, que la proposition était «loin des aspirations escomptées, notamment celles exprimées par les différentes franges du peuple algérien lors du hirak populaire et les revendications consensuelles pour le changement».

Tout en annonçant que ses structures allaient entamer un débat autour de cette mouture avant d’arriver à une position définitive (a priori, donc pas de rejet), le parti a fait remarquer que le document proposé «n’a pas tranché encore une fois la nature du régime politique», puisque ce dernier «n’est ni présidentiel, ni semi-présidentiel, ni parlementaire».

D’autant, ajoute le MSP, que le projet d’amendement «ne permet pas à la majorité de gouverner», comme «il n’est pas fait obligation de nommer le chef du gouvernement parmi cette majorité», ce qui est, ajoute-t-on de même source, «en contradiction avec la démocratie représentative».

Ce parti a évoqué aussi les «ambiguïtés» concernant le poste de vice-Président, notamment pour ce qui est «de ses missions et attributions ainsi que du mode de sa désignation», des «entraves» aux libertés, ainsi que le fait que le texte en question «a accordé plus d’importance aux instances désignées qu’à celles élues par le peuple». En somme, même s’il a émis un nombre de réserves, le parti veut prendre le temps d’en débattre en interne et de consulter d’autres personnalités avant de se prononcer.

Bien évidemment, à côté de cela, les partis dits du pouvoir ont, comme à leur habitude, salué et le texte et la démarche. Le FLN, par exemple, a souligné sa «satisfaction de la volonté politique du président de la République de doter le pays d’une Constitution démocratique, reflétant les aspirations du peuple algérien et visant à soutenir et protéger l’identité nationale et l’unité du peuple, en sus de l’élargissement de la Constitution aux droits et libertés de l’homme et des citoyens, l’ancrage de la démocratie, la consolidation des piliers de l’Etat de droit et le renforcement de l’indépendance de la justice et des institutions».

Cette position du FLN vient au lendemain de celle du RND qui avait également exprimé la même satisfaction. Tout comme l’ANR. D’autres suivront certainement.

En somme, jusque-là les partis politiques se sont positionnés a priori par rapport à cette réforme constitutionnelle, selon leurs lignes de conduite tenues depuis le début du hirak.

Il est clair que les partis plaidant pour un processus constituant ne vont pas se mettre à analyser le contenu de ce projet, puisque c’est le processus en entier qui est rejeté. D’autres formations, adeptes de l’entrisme pour les unes, et de logiques tactiques pour d’autres, se prêteront certainement au jeu des propositions et contre-propositions.



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