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dimanche, 13 juin, 2021
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Les relations Algéro-Françaises dans une zone de turbulences : La presse de droite charge l’Algérie

11 avril 2021 à 10 h 33 min

La susceptibilité offre une posture commode dans le jeu des apparences diplomatiques. Derrière ce masque, le pouvoir algérien vient d’éconduire une délégation française emmenée par le chef du gouvernement, Jean Castex : pas assez de ministres à sa suite pour se hisser «à la hauteur» des attentes d’Alger et des enjeux bilatéraux. «Plutôt faire l’impasse sur la coopération que donner l’impression de subir la moindre désinvolture de Paris, même en cette période de Covid où les déplacements sont rares».

A lire cet éditorial qui fait le procès d’Alger, son auteur nous donne à comprendre que si la relation algéro-française n’avance pas, voire ne se normalise pas, la faute en reviendrait à la partie algérienne.

Considérant que «l’histoire a bon dos» (c’est le titre de l’éditorial), et que les crimes de la colonisation ont été «expiés» par quatre présidents français depuis Chirac, le quotidien français de droite renvoie la balle aux dirigeants algériens et, offensif, juge que «l’Algérie ne pourra se réconcilier avec la France que lorsqu’elle se sera réconciliée avec elle-même, lorsque ses dirigeants auront le soutien du peuple, lorsqu’ils chercheront à faire le bonheur des Algériens au lieu de les opprimer et de les pousser à l’exil… vers la France, et lorsqu’ils cesseront d’accaparer les richesses du pays en se défaussant à bon compte sur leur bouc émissaire préféré. Le passé ne sera pas toujours l’excuse du présent.»

Tandis que son correspondant à Alger rapporte dans un article intitulé «La relation France-Algérie dans l’ornière», les propos d’«un interlocuteur privilégié d’Alger et de Paris», selon lequel «il y a clairement, au sommet du pouvoir algérien, une ligne qui au mieux, pousse à brouiller les canaux de communication du bilatéral en place depuis des années, au pire, cherche le pourrissement. Plus ça fonctionne en haut, plus les attaques contre la France se font virulentes dans les échelons intermédiaires».

Et le journaliste d’écrire quelques lignes plus loin que «dans les milieux économiques français comme dans la diaspora algérienne en France, elle aussi dans l’expectative, c’est ‘‘une nouvelle désillusion’’». «‘‘Avant de lancer un nouveau CIHN, il aurait déjà fallu faire le bilan du dernier. Et là, on se serait aperçu que depuis 2017, les choses n’ont pas beaucoup avancé… Pire, qu’il n’y a presque que du contentieux’’», résume, non sans amertume, un des 450 entrepreneurs français en Algérie. Pour souligner ensuite que «sur les onze accords de coopération signés le 7 décembre 2017 à Paris en présence d’Edouard Philippe et Ahmed Ouyahia, peu ont abouti».

Le quotidien français soutient que «chez les Français qui préfèrent voir le verre à moitié plein, on tente, non sans mal, de nuancer : c’est vrai, quand les deux parties se rencontrent, c’est surtout pour résoudre des problèmes». Et d’ajouter que «la relation économique entre la France et l’Algérie est plutôt bien portante».

A ce propos, Le Figaro rappelle qu’en mars dernier, l’ambassadeur de France, François Gouyette, indiquait que «la France était en 2019 le premier partenaire commercial de l’Algérie, avec près de dix milliards de dollars d’échanges, et la première destination des exportations algériennes». Selon le même journaliste, «dans les services de sécurité, où, depuis le départ de Bouteflika et la vaste purge anticorruption menée par l’ex-chef de l’armée Ahmed Gaïd Salah, on reproche clairement aux représentants de la France en Algérie ‘‘leur complicité avec les réseaux mafieux du système Bouteflika’’». «On est en pleine redistribution des cartes face à nos partenaires étrangers. La France est un partenaire mais on ne lui fera plus de cadeaux», aurait confié une autre source. «Et si le discours politique tend à faire croire à la France qu’un ‘‘partenariat d’exception’’ est possible, dans les faits, depuis plusieurs mois, les déconvenues se succèdent (…)», s’agacent les milieux d’affaires selon Le Figaro.

«Entre incompréhension et mauvaise humeur, dans ce rapport de force permanent, Paris essaie de trouver un équilibre : le CIHN aurait pu donner une impulsion politique. Ce qui est important, c’est de se voir régulièrement pour avancer. Alors oui, il n’y a pas en ce moment en Algérie de grand projet phare mais ça ne veut pas dire que rien ne se passe (…)», croit encore savoir le journal français.

Le Figaro consacre également un long article à l’«assassinat des moines de Tibéhirine : la version étayée d’un ex-agent des services algériens ébranle la piste islamiste».

Aucun fait nouveau si ce n’est une relecture d’une tragédie vieille de vingt-ans ans. Selon le journal, «bien que la version officielle désigne le Groupe islamique armé (GIA), la thèse d’une manipulation des autorités algériennes s’est trouvée confortée par les conclusions d’autopsies effectuées sur les têtes des religieux ainsi que par de troublantes incohérences de calendrier (…). Une pierre, jusqu’ici partiellement enfouie dans la procédure, pourrait bien achever de fragiliser la piste d’un attentat islamiste. Venant du cœur même des services secrets algériens de l’époque, elle est portée par Karim Moulaï qui dit avoir travaillé entre 1987 et 2001 pour l’ex-Direction du renseignement de la sécurité (DRS, dissoute en 2015)».

Et de poursuivre : «Chargé selon lui d’infiltrer les organisations de jeunesses algériennes et les universités, avant de s’occuper de la logistique de cette agence d’espionnage, ce témoin de l’ombre s’est exilé depuis janvier 2001 au Royaume-Uni, où il a demandé l’asile politique».


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