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mercredi, 21 octobre, 2020
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Visite du Premier ministre au CHU de Constantine

Les professionnels de la santé expriment leurs inquiétudes

03 mai 2020 à 10 h 06 min

Le CHU de Constantine a enregistré 104 cas au 30 avril dernier, dont 18 patients en réanimation médicale, alors que 25 autres sont en cours d’investigation. Sur l’ensemble des cas, 49 ont été recensés dans la commune de Constantine, 25 cas à Ali Mendjeli. Le reste est réparti entre plusieurs communes.

Lors de sa première visite effectuée, hier, dans la wilaya de Constantine, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, n’a pas été accueilli par de bonnes nouvelles. L’exposé qui lui a été fait au CHU Benbadis sur la situation épidémiologique relative à l’évolution de la courbe de contamination au coronavirus inquiète au plus haut point les professionnels de la santé.

Ces derniers ne l’ont pas vraiment caché au vu de la hausse du nombre de cas atteints depuis une quinzaine de jours, notamment dans la ville de Constantine et la nouvelle ville Ali Mendjeli. Ils ont même tiré la sonnette d’alarme. «Ce ne sont pas les cas positifs qui nous inquiètent, mais ce sont plutôt les cas asymptomatiques qui nous font peur, car ils représentent 80% des cas potentiels, et ce sont ces sujets qui continuent de circuler dans les rues et constituent le plus grand risque de propager le virus lors des rassemblements et des regroupements de la population dans les lieux publics», a averti un responsable du CHU.

Des médecins du CHU ont révélé que la situation n’est guère rassurante. «Nous avons commencé à croire à une stabilisation un mois après les mesures strictes décidées par les pouvoirs publics, mais la situation s’est vite dégradée une semaine à peine avant le Ramadhan», ont-ils révélé. Tout cela s’explique surtout par un relâchement inexpliqué de la population croyant peut-être que les choses ont été maîtrisées au vu du discours développé par le gouvernement, quelques jours seulement avant le Ramadhan, avant de décider de la réouverture de plusieurs filières commerciales.

Par les chiffres, le CHU de Constantine a enregistré 104 cas au 30 avril dernier, dont 18 patients en réanimation médicale, alors que 25 autres sont en cours d’investigation.

Sur l’ensemble des cas, 49 ont été recensés dans la commune de Constantine, 25 cas à Ali Mendjeli. Le reste est réparti entre les communes d’El Khroub (7), Hamma Bouziane (9), Didouche Mourad (4), Zighoud Youcef (2), alors que les communes de Messouad Boudjeriou, Ouled Rahmoun, Aïn Abid et Aïn Smara comptent un seul cas chacune, alors que 4 cas sont originaires des autres wilayas.

Les communes de Benbadis, Beni H’midène et Ibn Ziad n’ont pas été encore touchées. Selon le bilan exposé au CHU, il est relevé que dans la ville de Constantine, le secteur de Sidi Mabrouk est le plus affecté (28%), suivi par celui de Belle Vue (16%) et El Kantara (16%) et 5 juillet (12%). Côté décès, l’on déplore 14 cas au 30 avril, dont 9 à Constantine, 2 cas à Hamma Bouziane, alors qu’Aïn Abid et Aïn Smara ont recensé un cas chacune.

A notre qu’un cas décédé est originaire de la wilaya de Skikda. Pour rappel, la wilaya a enregistré son premier cas suspect le 3 mars dernier, alors que le premier cas confirmé a été noté le 20 mars, suivi le 23 mars par le 1er décès.

Responsabiliser les citoyens

Assurant comprendre les inquiétudes du corps médical du CHU de Constantine qui a déployé des efforts énormes depuis l’apparition de la pandémie dans la wilaya, le Premier ministre a tenté de justifier les décisions de réouverture des commerces prises à la veille du Ramadhan par des considérations économiques.

Même si la veille, le président Tebboune avait bien déclaré lors d’une rencontre avec la presse que «s’il avait à choisir entre l’incidence sur l’économie nationale et la santé des Algériens, il opterait pour cette dernière».

Pour Abdelaziz Djerad, l’Etat a pris des mesures strictes pour faire face à cette situation. «Le rôle des médecins est de soigner les malades et de ne pas faire un travail de sensibilisation ou de prévention. Il revient aujourd’hui aux citoyens de faire preuve de responsabilité et de conscience face aux dangers de cette maladie, en respectant les mesures d’hygiène et de distanciation et d’éviter les rassemblements sans utilité pour pouvoir aider les équipes médicales à protéger la santé des Algériens», a-t-il déclaré.

Le Premier ministre n’a pas pour autant expliqué comment l’Etat compte réagir face aux foules qui continuent d’investir les espaces commerciaux sans aucune protection ni les commerçants qui continuent de faire fi de l’obligation de porter les masques et les gants et de procéder à la désinfection continue de leurs locaux. Abdelaziz Djerad a effectué également une halte au Centre national de recherche en biotechnologie (CRBT) situé à la nouvelle-ville Ali Mendjeli, où une annexe de l’Institut Pasteur avait été ouverte au mois d’avril.

Cette dernière, forte d’une équipe de 12 personnes, est capable de réaliser 500 tests par jour pour des échantillons ramenés de tous les hôpitaux de la région Est. Chose qui peut augmenter considérablement le nombre de cas dépistés et en conséquence contenir la propagation de la pandémie.

L’on apprend que dans le cadre de ses travaux de recherche, le CRBT a proposé de mettre au point un test de diagnostic rapide du Covid-19, et qui ne demandera pas beaucoup d’équipements.

«L’Etat est prêt à mobiliser tous les moyens matériels et financiers au profit de tous les chercheurs algériens et les encourager dans leur mission de contribuer à endiguer cette pandémie», a assuré le Premier ministre, qui a annoncé à la fin de sa visite l’attribution de 130 logements en cours de construction au profit des chercheurs du CRBT de Constantine.

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