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mercredi, 19 décembre, 2018
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Les mises au point de Me Ghechir

28 octobre 2018 à 1 h 09 min

L’avocat et expert en droits de l’homme, Me Boudjemaa Ghechir, dit suivre avec inquiétude les événements récents liés à la poursuite et l’emprisonnement d’un nombre de journalistes de la presse électronique et d’autres personnes dans l’affaire dite du réseau Amir DZ.

«Sans rentrer dans les détails de l’affaire et la véracité des faits ou non, et en reconnaissant le devoir de l’Etat et son droit de traduire en justice quiconque agit en dehors des lois, je rappelle que les responsables chargés de faire régner la loi sont appelés à un respect strict des règles de comportement, et l’autodiscipline nécessaire pour le respect des principes et critères liées à un procès équitable», a-t-il affirmé dans une déclaration faite à El Watan.

Décelant un manque de neutralité et de professionnalisme dans cette affaire, Me Ghechir tente d’attirer l’attention des services chargés de l’enquête (la gendarmerie) et «leur demande aussi de ne pas omettre le fait qu’ils sont une partie de l’appareil judiciaire pénal, et que le comportement de chacun d’eux au sein de ce corps affecte tout le système».

L’avocat et ex-président de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADH) signale que la fuite de certains éléments de l’enquête à travers une chaîne de télévision précise est en soi délictueux. Quant à filmer et montrer les accusés dans des postures avilissantes, cela constitue une violation des droits de ces personnes et des règles élémentaires de l’éthique journalistique. «Je rappelle le principe de la présomption d’innocence et je refuse toutes les pratiques, les déclarations et commentaires à même d’alimenter les soupçons sur la personnalité des accusés. Je rappelle aussi qu’il n’est pas permis légalement de filmer une personne et diffuser ces images pour l’atteindre juste parce qu’elle est l’objet d’une accusation qui peut d’ailleurs finir par être abandonnée. Quiconque est coupable de ce fait doit savoir qu’il s’expose à des sanctions pénales», affirme encore Me Ghechir.

Les Algériens soumis à une violence cathodique débridée assistent, impuissants, à une couverture médiatique de ces derniers événements qui ressemble plus à une mise en scène au service d’un message qui n’a rien à voir avec l’objet d’informer. Notre interlocuteur avertit justement sur le dessein inavoué derrière cette histoire et ne cache pas ses soupçons quant à une obscure manipulation de certaines parties pour servir d’autres rapports de force : «Je rappelle aussi que la poursuite judiciaire contre des personnes vise fondamentalement à protéger la société, la garantie de la paix sociale, et qu’il est interdit à n’importe quelle partie quelle qu’elle soit d’utiliser ces poursuites contre les personnes pour augmenter son capital influence et terroriser les personnes.» Les accusés sont traités de «têtes du réseau criminel» et déclarés coupables avant même que leur procès ne s’ouvre ; ils sont voués aux gémonies et privés de leur droit à la présomption d’innocence et de leur dignité.

Ce qui inquiète Me Ghechir et l’amène à placer les institutions impliquées devant leurs responsabilités. «J’exige du parquet général d’agir afin de protéger les personnes accusées, de poursuivre quiconque agit pour influencer le cours de l’affaire et priver les personnes poursuivies de la présomption d’innocence et d’attenter à leur dignité», poursuit l’avocat. Et de conclure en appelant l’Autorité de régulation à agir dans le cadre de ses missions afin de mettre fin aux dérives de certains médias dans le traitement d’affaires où des personnes sont poursuivies en justice.

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