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samedi, 21 septembre, 2019
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Les manifestations à l’ouest du pays

03 août 2019 à 10 h 03 min

La mobilisation est intacte à Sidi Bel Abbès

Des centaines de citoyens sont sortis hier dans la rue à Sidi Bel Abbès pour renouveler leurs revendications d’un changement radical du système et le départ de tous ses symboles. Pour le 24e vendredi consécutif, ils ont battu le pavé des principales artères de la ville dès 14h, malgré une chaleur étouffante et les départs en congé de ce début du mois d’août. Brandissant l’emblème national, les manifestants ont appelé au départ du chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, et du Premier ministre, Noureddine Bedoui, tout en fustigeant la position du chef d’état-major, Gaïd Salah, par rapport au mouvement du 22 février. «Makanch intikhbate ya issabate» (Pas d’élections avec la bande), «Dawla madania, machi askaria», «Tetnahaw ga3» et «Gaïd Salah dégage», ont scandé les marcheurs qui ont entamé leur procession à partir de la place du 1er Novembre (ex-Carnot). Les manifestants ont appelé également au respect de la souveraineté populaire par l’application des articles 7 et 8 de la Constitution et à la continuité du hirak pour l’avènement d’une «Algérie nouvelle qui consacre l’Etat de droit». M. Abdelkrim

Le panel du dialogue rejeté à Mascara

En cette 24e manifestation hebdomadaire contre le pouvoir en place, une centaine de citoyens ont battu le pavé dans la ville de Mascara aux cris «Bedoui dégage !», «Bensalah dégage !», «Gaïd Salah berka men laâb, 7 wa 8 solta li chaâb !» (Gaïd Salah arrête de manigancer, 7 et 8 pouvoir au peuple), «FLN, RND, dégagez !», «Ya lil âre, ya lil âre, issaba taqoud el hiwar !» (Quelle honte ! La bande conduit le dialogue), «Dawla madania, machi askaria !» (Etat civil, pas militaire) et «La hiwar, la intikhabate maâ issabate !» (Pas de dialogue, pas d’élection avec les gangs). Comme à l’accoutumée, c’est depuis la place Emir Abdelkader que les manifestants ont entamé leur marche, sous le regard de plusieurs dizaines d’éléments des différents corps de sécurité, en civil et en uniforme, pour se diriger vers le siège de l’ex-parti unique, en scandant plusieurs slogans hostiles à cette formation politique : «FLN dégage !» et «La hiwar, la intikhabate maâ issabate !» (Pas de dialogue, pas d’élection avec les gangs) et «FLN et FND, tous à la prison d’El Harrach !». A quelques encablures, les policiers en uniforme bloquent l’accès à la rue Boumeslout Mokhtar. Les manifestants prennent l’avenue de l’ALN et scandent : «Pouvoir assassin !», «Atalgo wladna yal haggarine !» (Libérez nos enfants, oppresseurs) et «Libérez Bouregaâ !». En empruntant l’avenue Tounsi Mohamed, les manifestants scandent des slogans rejetant le processus de discussion proposé par Bensalah : «Ya lil âre, ya lil âre, issaba taqoud el hiwar !» (Quelle honte ! La bande conduit le dialogue). Les militants du hirak (mouvement populaire) ont terminé leur marche pacifique devant les sièges de la Radio locale et de la Maison de la presse en scandant des slogans hostiles aux médias avant de se disperser dans le calme. Aucune interpellation n’a été enregistrée.Souag Abdelouahab

Un vendredi de colère à Tlemcen

On en a assez de cette politique de l’usure qu’adopte le régime pour nous endormir. Les nominations et les limogeages que décide le chef de l’Etat ou celui qui est derrière, en ces temps soi-disant de dialogue, est un stratagème, une duperie qu’on rejette. On ne veut plus de dialogue avec le pouvoir mafieux !» Le 24e vendredi n’était pas seulement fait de slogans généraux, mais de messages clairs, incisifs à des gouvernants qui «n’en font qu’à leur tête». Quoique pacifique, la manifestation a été celle de la colère, du déni. «Nous refusons le dialogue et l’élection avec ce pouvoir, nous voulons notre indépendance sans condition et sans concession.» Se sentant trahie, la population interpelle durement Gaïd Salah et lui rappelle ses promesses : «Nous voulons une IIe République, nous refusons toute consultation électorale avec Bedoui…» Très nombreux, les manifestants contestent carrément la politique menée par le chef de corps d’armée : «C’est une honte, nous luttons pour un Etat civil, de droit, non à un Etat militaire, non à une dictature.» Imperturbables, résistants, toujours aussi déterminés, les Tlemcéniens refusent tout compromis avec ce régime et veulent prendre leur destin en main, sans les militaires. «On n’a pas besoin de tuteur, on veut notre liberté.» Hier, ils se sont révoltés contre la politique du fait accompli que veut imposer un pouvoir voulant se maintenir malgré la rue qui le rejette ! C. Berriah

Grande détermination à Relizane

Les Relizanais continuent à marcher pacifiquement pour signifier à qui veut bien les entendre leur détermination pour la consécration d’un Etat de droit. «Nous avons investi la rue pour réclamer le départ de tous les symboles de l’ère bouteflikienne et nous ne pouvons reculer jusqu’à la concrétisation de ce but», ont lancé les marcheurs en répétant : «Non à Bensalah, non au gouvernement Bedoui, oui pour une personnalité consensuelle, oui pour un gouvernement de compétences nationales et oui pour l’installation d’une commission indépendante et souveraine pour la préparation et le contrôle de l’élection présidentielle dans les meilleurs délais.» Dans ce contexte, les Relizanais se sont manifestement démarqués des six composants du panel. «La composante de ce panel nous a surpris, ces noms n’ont jamais été cités par le hirak et encore ils n’ont ni le poids ni l’envergure de réussir la médiation souhaitée pour sortir le pays cette crise politique» ont affirmé les marcheurs, en précisant : «La solution est tributaire de la nature de la crise, et ce ne sont pas les académiciens qui sont en mesure de réussir cette mission.» Cela dit, les marcheurs ont encore une fois interpellé les figures nationales (Zéroual, Taleb Ibrahimi, Hamrouche, Benbitour) à converger leurs efforts et à venir à la rescousse du pays. «Le pays traverse une phase cruciale et seuls ses enfants intègres et honnêtes sont en mesure de lui épargner les éventuels dérapages», a conclu un universitaire qui ne cache pas son inquiétude. «Je crains l’infiltration et je crains l’explosion du hirak et l’explosion du pays», a-t-il dit.                Issac B.

Tiaret : «Jusqu’au départ de toute la issaba»

Un autre vendredi de marche citoyenne à l’orée d’un mois d’août caniculaire et un épisode de plus dans la longue marche populaire loin d’avoir atteint ses objectifs si l’on s’en tient aux slogans et aussi à voir une certaine décantation se faire dans la masse jusque-là compacte et presque chantant d’une même voix, mais dont on perçoit les signes de manipulation évidents. D’un côté, les pro-AGS, qui observaient un sit-in et non pas faire la marche, scandant des propos tout à sa gloire, et de l’autre, ceux, irréductibles, qui n’entendent pas céder. Tout au long de la marche à travers les dédales de la ville, le deuxième groupe, plus nombreux et compact, scandait des slogans autrement plus tranchants : «Mains dans la main, chassez la issaba !», «Dzair bladna ndirou fiha raina !», entre autres. Dans d’autres slogans, on semble insister sur «Le départ de Bensalah et Bedoui» non sans arguer des articles 7, 8 et 102 de la Constitution. Cette 24e édition a été comme les précédentes ponctuée de rencontres de gens de divers horizons, soucieux du devenir du pays. Blasés, certains n’ont pu s’empêcher de montrer leur scepticisme à voir les tenants de l’ordre accentuer la pression au lieu de montrer des signes d’apaisement qui auraient pu ouvrir la voie à un vrai dialogue, d’où cette réflexion reprise en chœur pour insinuer d’autres formes de revendication.A. Fawzi


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