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Les journalistes de la radio nationale s’indignent : «Nous refusons le traitement dérogatoire au profit du président…»

25 février 2019 à 10 h 00 min

Vent de révolte au boulevard des Martyrs. Les journalistes de la Radio nationale n’en peuvent plus de la chape de plomb qui les empêche d’accomplir leur mission d’information. Le «silence radio» sur les grandes mobilisations populaires de vendredi passé à travers tout le pays a été très mal vécu par les journalistes nationale dans ses différentes déclinaisons.

Cette interdiction de traiter d’un fait national d’une importance inédite a fait sortir les journalistes de leur silence et de manière ferme. Dans une lettre adressée au directeur de la Radio nationale, Chabane Lounakel, les journalistes signataires (une centaine) dénoncent l’attitude de la hiérarchie en passant sous silence les grandes manifestations de vendredi dernier. «Nous, journalistes de la Radio nationale, chaînes I, II, III et RAI, témoignons du non-respect de la neutralité dans le traitement de l’information au sein de nos rédactions.

La décision de la hiérarchie de passer sous silence les grandes manifestations nationales de ce 22 février 2019 n’est que l’illustre enfer de l’exercice au quotidien de notre métier», s’indignent les journalistes. Déterminés à briser ce silence, ils se disent opposés au traitement dérogatoire. «Nous refusons le traitement exceptionnel dérogatoire imposé par la hiérarchie au profit du Président et de l’alliance présidentielle et restrictif quand il s’agit de l’opposition», tonnent-ils. Les signataires de la lettre rappellent le principe du service public de la radio. «La Radio algérienne appartient à tous les Algériens, un média national auquel chaque Algérien doit pouvoir s’identifier. Notre devoir est de tous les informer.

Nous sommes le service public et non des journalistes étatiques», défient-ils. «Il règne un climat de tension dans les différentes rédactions de la radio», témoigne un des initiateurs de la lettre adressée au directeur de la Radio. Heurtés au plus haut point, les journalistes soutenus par des réalisateurs et des techniciens, estiment que «le métier de journalistes du service public a perdu tous les moyens sûrs de sauvegarder sa dignité (…)». Ces derniers ne comptent pas s’arrêter juste à l’interpellation du patron de la Radio.

Si aucune réponse satisfaisante n’est pas donnée, les journalistes promettent de monter d’un cran en organisant un sit-in dans les locaux de la Radio.  Un cri de conscience collectif. Inédit dans les annales de la Radio. Il faut remonter jusqu’aux événements d’Octobre 1988 pour retrouver cet esprit émancipateur des professionnels de l’information exerçant dans les médias publics. Manifestement, le climat insurrectionnel qui secoue le pays depuis l’annonce de la candidature de Abdelaziz Bouteflika pour un 5e mandat présidentiel fait bouger les lignes et libère des territoires jusque-là caporalisés.

Les journalistes des médias privés notamment, les télévisions (offshore), connaissent un malaise certain. Empêchés de couvrir les manifestations opposées au 5e mandat, ils traversent un moment difficile dans l’exercice de leur métier, alors que dans la société se brisent les chaînes d’embrigadement.

Plusieurs témoins rapportent un climat tendu, une colère sourde et un sentiment d’humiliation qui s’emparent des différentes rédactions algéroises.  Il faut dire que depuis le fameux vendredi 22 février, une partie de l’opinion publique lance une campagne via les réseaux sociaux pour boycotter les chaînes de télévison privées. Une prise à partie mal ressentie par des journalistes coincés entre le désir d’accomplir leur métier, comme l’exigent les règles, et des hiérarchies soucieuses de leurs intérêts étroits.

Jusqu’à quand vont-ils tenir cet équilibre de plus en plus fragile, alors que le pays traverse une phase historique décisive ? Les journalistes de la Radio nationale montrent la voie à suivre.



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