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Vaccination de masse contre la Covid-19 : Les difficultés d’approvisionnement en vaccins persistent

15 juin 2021 à 10 h 47 min

La campagne nationale de vaccination se poursuit et seulement un million et demi de doses de vaccins sont attendues pour la fin juin.

L’opération de la vaccination massive avec l’installation des vaccinodromes sur les places publiques se poursuit. De nouveaux sites ont été aménagés à travers plusieurs wilayas du pays avec le même engouement constaté au début de l’opération la semaine dernière. Cette stratégie de proximité, à laquelle la population a vite adhéré, semble avoir un écho favorable auprès des hautes autorités du pays.

La question est de savoir si des quantités suffisantes de vaccins sont disponibles pour maintenir cette opération durant les prochains mois, du moins durant l’été ? Selon des sources bien informées, seulement un million et demi de doses de différents vaccins sont attendues pour la fin du mois de juin. Seront-elles suffisantes pour pouvoir accélérer la cadence du processus de la vaccination en assurant la deuxième dose ou continuer sur la lancée de la première dose de vaccins ? Ni le nombre de doses distribuées pour cette opération ni les quantités stockées ne sont connues.

Ce sont autant de questions qui restent posées. D’ailleurs, aucune information sur le point de la situation de cette campagne nationale n’est disponible une semaine après le début de l’opération. Encore moins sur le nombre de personnes vaccinées à ce jour au niveau national depuis le lancement de la campagne nationale de vaccination contre la Covid-19, le 29 janvier dernier.

Aucune donnée officielle et validée par le ministère de la Santé n’a été communiquée jusqu’à aujourd’hui. Les chiffres avancés par certains membres du conseil scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie, estimant à deux millions le nombre de personnes vaccinées, ne reflètent nullement la réalité, puisque le porte-parole de ce comité et directeur général de la prévention au ministère de la Santé a évité de répondre à la question lors d’une émission à la télévision algérienne.

Toutes nos tentatives pour interroger les responsables du ministère de la Santé à ce propos ont été vaines. Des bribes d’information glanées par-ci, par-là font état d’un black-out sur l’évolution de cette opération ainsi que sur l’initiative de la vaccination massive sur les places publiques lancée en grande pompe.

«Mise à part la prochaine livraison des doses du vaccin Sputnik, dont une petite quantité (500 000 doses) et un million de doses de Sinovac, vaccin chinois, annoncée par les autorités, le ministère de la Santé, qui attend beaucoup de la plateforme Covax, n’a aucune visibilité pour les prochains mois, à savoir juillet et août», nous confie une source sûre. A moins qu’à la lumière de la disponibilité du vaccin AstraZeneca, qui est en phase d’abandon en Europe, alimentera la plateforme Covax de l’OMS, qui à son tour inondera les pays africains de doses de cet antidote controversé.

Ce qui permettra de vacciner le plus de personnes, dans la catégorie d’âge 50 ans et plus. Les moins de 50 ans auront donc le vaccin chinois Sinovac et le Sputnik, dont les quantités sont toujours insuffisantes. D’ailleurs, les premiers vaccinés avec Sputnik sont en attente, trois semaines après, de la seconde dose. De nombreuses personnes se sont présentées au niveau des polycliniques, au cours de la semaine dernière, cartes à la main et RDV fixé pour recevoir la seconde dose, qui est normalement réservée.

Manque de disponibilité

Vu le manque de disponibilité, les personnes concernées n’ont pas eu leur piqûre. «On vous appellera dès que le vaccin sera réceptionné. D’ailleurs, le délai entre les deux doses est désormais fixé à trois mois», telle est la réponse donnée par les responsables des centres de vaccination.

Effectivement, dans une note de la direction de la prévention du ministère de la Santé datant du 9 juin, informant les DSP, les directeurs de l’ensemble des centres hospitaliers, les walis et les directeurs de l’IPA et INSP que l’intervalle de vaccination entre les deux doses du vaccin Sputnik, initialement défini à 21 jours, peut être porté jusqu’à trois mois, soit 90 jours, afin d’éviter le déplacement des citoyens aux structures de santé.

Le directeur de la prévention, le Dr Djamel Fourar, demande, à travers ce courrier, aux centres de vaccination de «contacter individuellement toutes les personnes ayant reçu la 1re dose du vaccin Sputnik et les informer que le RDV pour la 2e dose leur sera communiqué ultérieurement».

A noter que le changement dans le délai fixé entre les deux doses du vaccin Sputnik a été officiellement communiqué aux autorités de santé algériennes par l’institut russe Gamelya il y a quelques semaines. Les spécialistes appellent à l’accélération de la vaccination pour atteindre au moins les 50% de la population d’ici la fin de l’année, d’autant que l’épidémie connaît actuellement un rebond qui coïncide avec l’ouverture des frontières.

L’inquiétude face à la prolifération des nouveaux variants s’accentue. «Nous ignorons tout de la circulation de ces variants en Algérie. En tant que spécialistes, nous sommes en droit d’être informés de l’évolution de l’épidémie pour pouvoir nous adapter et prendre nos précautions vis-à-vis de la nouvelle situation épidémiologique», lance le Dr Mohamed Yousfi, président de la Société algérienne des maladies infectieuses et chef de service à l’EPH de Boufarik.

Il affirme que le taux d’occupation des lits a considérablement augmenté au fil des semaines. «Le nombre d’infections évolue de manière exponentielle», dit-il. Le Dr Yousfi revient sur l’importance du respect des mesures barrières et la vaccination qui doit, selon lui, s’accélérer pour atteindre les objectifs et arriver à une immunité collective.

«En tenant compte de toute la difficulté de la tâche, je dois dire que nous avons besoin de plus de communication et de transparence pour mieux informer et rassurer la population», a-t-il indiqué en insistant sur les informations concernant les quantités de vaccins commandées, les arrivages, le nombre de personnes vaccinées, etc. 


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