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Les détenus politiques et d’opinion et le dialogue avec le hirak : Les deux dossiers évacués du discours du nouveau Président

21 décembre 2019 à 10 h 24 min

Jeudi dernier, au moment où Abdelmadjid Tebboune prononçait son discours d’investiture après sa prestation de serment au Palais des nations, le juge du tribunal de Sidi M’hamed à Alger condamnait à 18 mois de prison ferme le jeune poète du hirak, Tadjadit Mohamed.

Et de l’autre côté, à Tlemcen, l’activiste et étudiante en master 2 en sciences humaines et sociales, Nour El Houda Oggabi, était placée sous mandat de dépôt par le juge d’instruction du tribunal de cette ville, et ce, pour atteinte à l’unité nationale.

Beaucoup d’Algériens attendaient du nouveau Président des détails sur le dialogue et sa «main tendue» au hirak, et sur le sort des détenus politiques et d’opinion, mais il ne fut rien ! Il n’a soufflé mot sur ces revendications chères au mouvement populaire et point de geste d’apaisement.

Pourtant, après l’annonce des résultats de l’élection du 12 décembre par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Tebboune a dit tendre la main au hirak, lui demandant de déléguer des représentants pour trouver une solution à la crise. Il a également rassuré sur le sort des centaines de manifestants du hirak, dont certains sont condamnés à la prison ferme, ou en détention ou liberté provisoire, en plus de ceux qui attendent leur passage devant les juges des tribunaux du pays.

Mais jeudi dernier, ces sujets ont été évacués de son discours. Tebboune a, à juste titre, invité tous les Algériens à tourner la page des différends, de la discorde et de la division qui sont des facteurs de destruction et de désintégration. «Nous sommes tous Algériens et il n’y a pas ceux qui le sont plus que d’autres.

Ce grand succès est le fruit du hirak, enclenché par le peuple quand il a senti avec sa conscience qu’il fallait un sursaut national pour stopper l’effondrement de l’Etat», a déclaré Tebboune. Pourquoi, dans ce cas-là, le pouvoir refuse-t-il de satisfaire les préalables du hirak, à commencer par la libération des détenus et l’ouverture du champ médiatique pour permettre aux Algériens et aux hirakistes de débattre et de défendre leur projet ? Zoubida Assoul, juriste, pense que Tebboune a reculé par rapport à cette question.

Le pouvoir a sa propre feuille de route

«Dans son discours d’investiture, il s’est contenté de demander de l’aide à tout le peuple. Il n’évoque pas le dialogue ni avec la classe politique, ni avec le hirak. A mon sens, le nouveau Président a sa propre feuille de route. Nous sommes dans la démarche du pouvoir habituel. Le système n’a changé ni feuille de route, ni démarche et il n’y a pas les prémices d’un changement», relève Mme Assoul.

Pour cette femme de loi, il est inconcevable d’ouvrir le grand chantier de la Constitution dans ce contexte actuel, caractérisé par la répression qui se poursuit, le maintien des détenus en prison et le refus d’aller vers un dialogue sérieux. «La Constitution est un contrat social entre toutes les parties composant la société. Pour arriver à ce contrat qui lui permet une pérennité dans le temps, il faut ouvrir les portes du dialogue», explique Mme Assoul.

Si Tebboune n’a pas parlé de dialogue dans son dernier discours, c’est qu’il s’est rendu compte, selon Atmane Mazouz du RCD, que tout dialogue suppose une légitimité irréprochable et une confiance du peuple, «deux fondements de toute œuvre sincère et juste dont ne dispose aucunement celui qui a été désigné contre la volonté populaire».

Pour A. Mazouz, un dialogue sérieux commence par la reconnaissance de l’autre, mais, selon lui, le pouvoir de fait représenté par une façade civile sans aucune légitimité n’a aucune reconnaissance du peuple. «Nous sommes face à un chef de l’Etat désigné par un collège d’usurpateurs qui ne peut avoir en face que ses serviles pour dialoguer.»

S’agissant des détenus du hirak, Teboune sait, estime M. Mazouz, que ceux qui ont convoqué la machine judiciaire pour mettre en prison injustement des innocents est celle-là même qui s’est tue sur les frasques de son gouvernement dans son temps et qui continue dans la prise d’otages à des fins de chantage contre cette révolution extraordinaire du peuple algérien. «Teboune ne peut être qu’aux ordres avec une feuille de route précise, dont il ne pourra dévier. Le sort de ses initiatives prochaines seront frappées de nullité, car toutes suspectes et agissant pour la reconduction du même système qu’il continue de servir», s’insurge M. Mazouz.


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