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Responsabilités dans la poursuite de la propagation du Covid-19 : Les contradictions de Kamel Rezig

07 mai 2020 à 10 h 05 min

Le ministre du Commerce, Kamel Rezig, a expliqué, mardi dernier, devant des représentants de la société civile que si le coronavirus est aujourd’hui sur une courbe ascendante en Algérie, c’est à cause des consommateurs qui ne respectent pas les mesures barrières.

Kamel Rezig, ministre du Commerce, multiplie les découvertes et les déceptions. Après avoir crié à la trahison des éleveurs et des maquignons pour justifier son échec à rendre accessibles les prix des viandes, M. Rezig a expliqué, mardi devant un parterre de représentants de la société civile, que si le coronavirus est aujourd’hui sur une courbe ascendante en Algérie, c’est à cause des consommateurs qui ne respectent pas les mesures barrières.

«Les comportements de certains consommateurs que nous avons récemment observés tendent à allonger la durée de cette crise sanitaire», a-t-il expliqué, soulignant que plus les mesures barrières sont appliquées, moins l’épidémie sera longue.

Le ministre, qui assume la décision de réouverture de certains commerces, «car nous étions proches de la fin de cette crise sanitaire», avait-il affirmé avec assurance, s’est exprimé au nom du gouvernement en soulignant : «Nous avions assoupli les mesures de confinement sanitaire, lorsque nous avions constaté des résultats rassurants en ce qui concerne la lutte contre la propagation du virus.»

En faisant porter le chapeau au citoyen, le ministre semble chercher à se dédouaner et à décharger le gouvernement de la responsabilité de la lutte contre la propagation du virus Covid-19. Mais, en vérité, les décisions de confinement prises par le gouvernement, et que beaucoup ont saluées pour le bon timing, ont été rendues inefficaces par notamment la décision de garder ouverts les marchés de fruits et légumes, sans une mise en application rigoureuse des mesures barrières.

Si la fermeture des lieux de regroupement, y compris les mosquées, a été bien accueillie par les Algériens, et renforcées par l’auto suspension du hirak comme geste hautement responsable, le maintien de l’activité dans les souks a rendu perplexes les observateurs avant qu’elle ne devienne la première source d’inquiétude de propagation du virus. La sonnette d’alarme a vite été tirée par des spécialistes suite à des observations sur le terrain.

Dans ces marchés, en effet, et bien avant le début du Ramadhan, mois de consommation compulsive, la fréquentation est allée crescendo, en porte-à-faux avec le principe de confinement, première consigne de protection des personnes et de limitation de la propagation du virus. Plus grave, aussi bien les commerçants que les clients peuplant ces lieux ont fait preuve de négligence concernant les gestes élémentaires de protection, à savoir la distanciation physique et le port de masques et de gants. Certes, dans pareille situation, chaque citoyen est responsable de sa santé et de celle des autres.

Mais ce n’est pas pour autant que la responsabilité du gouvernement, et du ministère du Commerce en premier, est dégagée. En plus du manque de disponibilité des masques et du gel désinfectant, et dont les prix ne sont pas accessibles pour tous quand il y en a, le choix de garder ouverts les marchés était incontestablement risqué. Une bombe à retardement qui a fini par exploser et relancer à la hausse le nombre de cas infectés par le Covid-19, et conséquemment les chiffres de mortalité, comme reconnu par le ministre lui-même.

Le cas de la wilaya de Constantine est édifiant sur les contradictions caractérisant la démarche gouvernementale au chapitre commercial. La wilaya qui a vite remonté au classement pour talonner Blida et Alger ne doit cette macabre «amélioration» de son score qu’à l’affluence et l’anarchie hallucinantes ayant marqué les nombreux souks.

Situation ayant poussé le Premier ministre à faire le déplacement à Constantine, et le wali à décider dimanche de suspendre plusieurs activités commerciales à peine reprises suite à l’autorisation donnée par le gouvernement le 26 avril dernier.

La difficulté, éprouvée par Kamel Rezig à rattraper l’erreur, s’explique aussi par son recours aux associations locales qu’il a regroupées lors d’une rencontre nationale tenue mardi pour leur demander de poursuivre leur travail de sensibilisation auprès des consommateurs. Cela afin d’éviter les comportements négatifs au niveau des commerces pour passer cette «période charnière dans notre lutte contre ce virus», a-t-il plaidé. Un pis-aller faute de mieux de la part de l’Etat.


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