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Les changements au sein de la sûreté nationale se poursuivent : Assainissement ou «déhamelisation» de la police ?

17 septembre 2018 à 2 h 00 min

Assainissement des rangs, ou «dé-hamelisation», les changements au sein de la police se poursuivent en sourdine, loin de toute médiatisation.

Les mises de fin de fonction et les départs à la retraite n’ont pas cessé depuis que le colonel Mustapha Lahbiri a pris les commandes de la Direction générale de la Sûreté nationale, succédant à Abdelghani Hamel, limogé le 26 juin dernier.

Ainsi, après avoir opéré des changements à la tête d’au moins une vingtaine de sûretés de wilaya (Alger, Tipasa, Boumerdès, Bouira, Tizi Ouzou, Tlemcen, Mostaganem, Oran…, pour ne citer que celles-ci), du cabinet, du secrétariat général de la DGSN, ainsi qu’au niveau des directions des renseignements généraux, de la communication, des transmissions, de la protection, de la sécurité. Le département de la police des frontières a connu également un profond changement dans les rangs des cadres dirigeants aussi bien au niveau central que régional.

Il en est de même pour les Renseignements généraux, mais aussi des unités républicaines de sécurité, dont le chef de l’état-major vient de faire l’objet d’une mise de fin de fonction. Il avait accédé à son poste quelque temps seulement après l’imposante marche des éléments de ces unités vers la Présidence, en octobre 2014.

En plaçant ses «hommes de confiance» – en majorité des officiers marginalisés ou ayant fait l’objet de sanctions de la part de l’ex-DGSN – à la tête des structures stratégiques et sensibles de la police, le colonel Lahbiri semble vouloir effacer toute trace de son prédécesseur, notamment au niveau central, où de nombreux responsables seraient sur les listes des mises à la retraite et des mutations. A Alger, comme dans les autres grandes villes, des changements sont opérés à la tête des sûretés de daïra et l’on apprend, par exemple, que de nouveaux chefs ont été nommés pour prendre les rênes des sûretés de daïra de Chéraga, Hussein Dey, Bab El Oued, El Harrach et Birtouta.

N’étant pas encore terminé, ce «grand ménage» s’apparente à une opération de «reprise en main» des structures-clés de la Sûreté nationale. «Le colonel Lahbiri est venu avec une feuille de route : couper tout lien entre l’institution et son ancien chef, Abdelghani Hamel, à travers la mise à l’écart de tous les cadres qu’il parrainés et qui lui sont fidèles», affirme une source bien informée. Pour notre interlocuteur, dès son installation, «le nouveau chef de la police avait pour priorité d’assainir les rangs en effaçant toute traces de son prédécesseur. La mission n’est pas encore terminée. Elle touche les 48 wilayas et l’ensemble des structures de l’administration centrale et locale.

La déclaration de Hamel sur l’affaire de la cocaïne et les menaces à peine voilées qu’elle comportait ont fait l’effet d’un séisme. La riposte ne s’est pas fait attendre. Son assurance a fait peur. et a suscité des réactions rapides.

«Le colonel Lahbiri sait que son passage à la tête de la police sera de courte durée, le temps de faire le ménage pour se réapproprier les commandes de toutes les structures de la police. Nous traversons une situation politique très difficile, où les erreurs de contrôle peuvent couter très cher au pays…»

Même si officiellement, ce «lifting» a pour but de «préparer les unités de la police à une meilleure lutte contre la criminalité», pour les plus avertis, il cache mal la volonté des décideurs de faire oublier l’ère de Abdelghani Hamel, tout comme ils l’ont fait pour effacer le passage de feu Ali Tounsi, son prédécesseur, assassiné dans son bureau le 25 février 2010, par un de ses plus proches collaborateurs, Chouaïb Oultache, ancien colonel de l’armée de l’air, condamné à la peine capitale.

En effet, dès son installation à la tête de la DGSN, après une promotion fulgurante (du grade de lieutenant-colonel à celui de colonel, puis celui de général à général-major) en un temps record, Abdelghani Hamel avait commencé par confier son cabinet à ses hommes de confiance, d’anciens collègues de la gendarmerie, puis a lancé un large mouvement à la tête des directions centrales, des départements, des sûretés de wilaya et même des sûretés de daïra et des commissariats.

En clair, il avait, lui aussi, mené la chasse aux cadres dirigeants et éléments de confiance de feu Ali Tounsi, pour effacer toute trace de sa gestion, sans prendre soin d’éviter les dommages collatéraux. De tout temps, l’institution policière a été un enjeu majeur entre les mains des dirigeants. La nomination d’un directeur général a toujours obéi au critère d’allégeance au détriment de la compétence.

A la veille de ses 80 ans, le colonel Mustapha Lahbiri se retrouve investi de la mission de «nettoyage» des rangs de la police de toute trace de Abdelghani Hamel, avec lequel, faut-il le préciser, les relations étaient très froides, pour ne pas dire conflictuelles. Malheureusement, cette situation engendre un climat de tension qui n’est pas pour apaiser les esprits et les encourager à mener à bien leur lourde mission.

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