Les avocats réinvestissent la rue dans l’est algérien : Mobilisés jusqu’à la chute des résidus du système | El Watan
toggle menu
samedi, 28 mai, 2022
  • thumbnail of elwatan10072021

Les avocats réinvestissent la rue dans l’est algérien : Mobilisés jusqu’à la chute des résidus du système

Comme ils l’ont déjà prouvé depuis le début des marches populaires, les avocats de la région Est ont répondu, hier, à l’appel lancé pour une nouvelle mobilisation.

Soutenues par les greffiers, les robes noires de Skikda ont montré encore une fois leur engagement en se rassemblant devant le siège de la cour, puis ont entamé une marche jusqu’au tribunal, dans le périmètre de Bab Ksentina, avant de revenir au point de départ.

Tout au long de leur marche, ces hommes de loi n’ont cessé de scander des slogans hostiles aux «B» restants. «La défense demande un Etat de droit», «Seule la Justice sauvera le pays», «Bensalah, nous n’avons pas confiance en vous, partez», «Non à un gouvernement illégitime», «Fennich = Finish», tels étaient, en partie, les messages adressés au pouvoir par les manifestants. La marche a été clôturée par l’annonce d’une grève de deux jours.

Cette mobilisation qui ne faiblit pas a été aussi enregistrée à Guelma, où les robes noires du barreau de la wilaya ont appelé les magistrats à diligenter des enquêtes et à entamer les procédures légales à l’encontre des personnes impliquées dans des affaires de dilapidation et de vol de deniers publics. «C’est une demande parfaitement légale puisqu’elle exprime le désir ardent du peuple depuis le début du mouvement», a souligné un avocat.

Les manifestants qui ont pris, hier matin, position sur les marches du bâtiment où se trouve la cour, ont crié leur volonté de rompre avec le système. Dans un même registre, ils ont insisté pour que les magistrats s’impliquent sans crainte.

La démission de Tayeb Belaïz de son poste de président du Conseil constitutionnel a également fait réagir les robes noires. «Avec le départ de Belaïz, c’est une belle victoire que le peuple algérien enregistre après la démission de Bouteflika, en attendant celles de Bedoui et de Bensalah», déclare un avocat.

La même volonté d’en finir avec les résidus du «système» a été le moteur des manifestations des avocats à Mila, qui ont exigé, hier, l’accès immédiat aux revendications citoyennes et que cessent les tergiversations animées par nombre de figures du système. Ils ont exprimé leur soutien aux magistrats qui ont décidé de boycotter la présidentielle du 4 juillet et la révision du fichier électoral.

Les mêmes revendications ont été soutenues par les avocats d’Oum El Bouaghi. On saura, par ailleurs, que les robes noires ont décidé de boycotter les audiences du 17 au 22 avril.

Les robes noires de Biskra n’ont pas été en reste. «Nous avons été privés de notre liberté d’expression et d’attroupement depuis 20 ans. C’est à la justice de protéger le peuple et de lui permettre de jouir de tous ses droits. En tant que défenseurs de la loi et des droits de chaque citoyen, nous soutenons le peuple dans sa volonté d’instaurer un Etat de droit», ont-ils déclaré.

La même dynamique a animé les avocats de Jijel, qui ont marché sur l’avenue du 1er Novembre, entre le siège de la cour de Jijel et celui de l’APC, scandant des slogans contre le pouvoir et pour une justice libre.

 

Trois facebookeurs interpellés à Mila

L’affaire du blogueur Boudjedoune Youcef n’a pas encore connu son épilogue, qu’une autre atteinte au droit constitutionnel de la liberté d’expression éclate à Mila. Ce mardi, ce sont trois animateurs de la page Facebook «Ferdjioua news» qui ont été interpellés par les services de police. Il s’agit de Hassani Yahia, Sahli Mouhcen et Abdelmoumene Nasreddine. Les trois blogueurs sont accusés d’avoir publié des propos attentatoires à la personne du président de la République démissionnaire, Abdelaziz Bouteflika. Ils ont été convoqués à comparaître devant le tribunal de première instance de Ferdjioua le 29 avril, soit un jour après la tenue du procès du jeune Youcef Boudjedoune, prévu pour le 28 du même mois. Après leur interpellation, les trois mis en cause ont fait savoir, via une publication sur leur page, que «les propos qualifiés de diffamatoires qui leur sont attribués ne sont pas en contradiction avec l’esprit de l’article 144 bis pénalisant les atteintes à la vie privée. D’autant plus que les trois blogueurs ne sont pas à l’origine de ces écrits, mais ils les ont partagés à partir d’une source Facebook anonyme». Signalons que des avocats comptent se constituer gratuitement pour leur défense, comme ils le font dans l’affaire du jeune blogueur Youcef Boudjedoune.

Appel pour l’ouverture d’une enquête sur la corruption à l’université de Biskra

Des dizaines d’étudiants, d’enseignants et de travailleurs de l’université Mohamed Khider (UMK) de Biskra se sont rassemblés, hier matin, devant les portes de cette institution pour soutenir le mouvement populaire réclamant le départ de toute la classe politique, «ayant mené le pays droit dans le mur», estiment-ils. Brandissant des pancartes et des affiches où l’on pouvait lire qu’une année blanche vaut mieux qu’un sombre avenir, la foule a traversé la ville pour rejoindre le Palais de justice en scandant des slogans virulents contre «les voleurs et les corrompus qui ont trahi le pays». Devant le siège de la cour de justice, un enseignant a lu un communiqué exhortant les magistrats à ouvrir des enquêtes sur les responsables corrompus et les corrupteurs, soulignant que la communauté estudiantine boycottera la présidentielle du 4 juillet.

Les élus refusent de préparer la présidentielle à El Harrouche (Skikda)

Les élus d’El Harrouche, l’une des plus grandes communes de la wilaya de Skikda, ont rejoint, hier, le mouvement national de boycott des préparatifs de la présidentielle du 4 juillet prochain. Dans une lettre adressée au chef de daïra d’El Harrouche, les élus, toutes tendances confondues, ont signifié, officiellement, leur volonté de s’abstenir d’accompagner les opérations d’usage du processus électoral.

Dans une déclaration à El Watan, Riad Boubrik, maire d’El Harrouche, a confirmé l’information. «C’est une décision collégiale, prise avec la concertation d’une grande majorité des élus de l’APC. Nous venons d’ailleurs de saisir le chef de daïra pour le mettre au courant», dira-t-il. «Cette décision résulte de notre volonté de respecter la volonté populaire», explique-t-il. Notons que la gestion partisane de l’APC d’El Harrouche est assurée, grâce à une majorité relative, au parti El Adala de Abdallah Djaballah.
La présence d’autres partis, comme El Moustakbel et Ahd 54 semble avoir contribué à cette décision.

L’information, très reprise localement, devrait, selon quelques échos, encourager les 37 autres assemblées de la wilaya à suivre la même voie.


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!