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Les avocats dénoncent : Report du verdict dans l’affaire des détenus d’opinion

06 novembre 2019 à 10 h 09 min

Le verdict dans l’affaire des six détenus d’opinion, jugés par le tribunal de Sidi M’hamed (Alger), pour port de l’emblème amazigh, est reporté encore une nouvelle fois au mardi 12 novembre. Jugés le mardi 22 octobre dernier, les six détenus devaient connaître leur verdict le mardi 29 octobre.

Deux ans de prison ferme ont été requis par le procureur de la République pour «atteinte à l’intégrité du territoire» contre Messaoud Leftissi, Khaled Oudihat, Meharzi Hamza, Safi Tahar, Bilal Bacha, et Djaber Aibeche, incarcérés à la maison d’arrêt d’El Harrach depuis le 23 juin dernier.

«On nous a fait attendre de 9h à 14h. La juge a daigné venir et déclarer le début de l’audience. Elle a commencé par donner les numéros des trois dossiers. En principe, quand le juge donne le numéro de l’affaire, il doit rendre la justice.

La juge s’est contentée de donner les noms en vrac et annoncer le report du verdict à la semaine prochaine. Malgré nos réactions, la juge est restée imperturbable. En aparté, elle nous a dit : ‘‘Nous (les juges) sommes en grève !’’ On lui a alors dit que les juges ont l’occasion avec ces affaires de rejoindre le mouvement», raconte Fetta Sadat, députée et avocate de profession, présente à l’audience. A un autre avocat qui l’interpellait, la magistrate répondit : «Une semaine, c’est rien !»

Le concerné lui répond alors du tac au tac : «C’est une prison pas un hôtel !» «Sur le plan légal, rien n’interdit visiblement le report d’un verdict, mais rien ne le justifie non plus», enrage Me Sadat. «Les personnes sont privées de leur liberté depuis 5 mois. Le verdict aurait pu être rendu le jour même. Le 29 octobre, il a été reporté pour cause de grève. Le Syndicat national des magistrats (SNM) a décidé d’un service minimum. Les motifs du report sont forcément parajuridiques et politiques.

Cette situation ne permet pas d’avoir confiance en la justice. L’appareil judiciaire est malmené, l’enceinte du tribunal est violée par les services de sécurité. La justice ne permet pas de garantir les libertés. Nous sommes en pleine révolution, et sans l’indépendance de la justice, actuellement instrumentalisée au profit d’un clan, rien ne peut se faire», résume la députée. Les familles étaient nombreuses dans la salle d’audience. Leur chagrin était immense.

Leur rage aussi. «Les magistrats du tribunal d’exception de Sidi M’hamed sont-ils conscients de l’ampleur du chagrin et de la douleur qu’ils ont causés aux familles des détenus ? Pour annoncer les mandats de dépôt, ces magistrats, même grévistes, n’ont pas pris de temps, moins d’une demi-journée, pour envoyer des innocents en prison. Et pour prononcer un verdict, ils sont à 15 jours déjà et ils viennent de le reporter pour une semaine de plus. Un même magistrat, d’un même tribunal, qui annonce des mandats de dépôt pour certains et le contrôle judiciaire pour d’autres arrêtés la même journée et pour les mêmes raisons pourrait-il être indépendant et applaudi par le peuple ?» s’offusque Kaci Tansaout, coordinateur du Collectif pour la libération des détenus d’opinion (CNLD).

Pour l’avocate Yamina Alili, par sa décision la magistrate donne une mauvaise image de la justice. «Les familles attendaient et espéraient un nouveau départ. Ce qui est étonnant, c’est que les verdicts ont été rendus le même jour pour les droits communs. Aujourd’hui, nous savons que ces détenus sont de parfaits otages. Pourquoi vouloir les maintenir en prison ? Si c’est pour les élections, nous disons que nous irons jusqu’au bout», lance le membre du collectif de défense. Aujourd’hui, cinq autres détenus seront présentés pour entendre les verdicts dans la même affaire liée au port de l’emblème amazigh. Un autre report ?

Lalami toujours retenu par les services de sécurité, selon Me Badi

Le blogueur de Bordj Bou Arréridj, Brahim Lalami, arrêté à Alger le 31 octobre, est toujours retenu par les servcies de sécurité à Constanine. Selon Me Abdelghani Badi, contacté par El Watan, le jeune activiste a contacté sa famille et l’a rassurée sur les conditions de sa détention. «Il a contacté aujourd’hui sa mère. Il est toujours retenu par les services de sécurité. Il dit qu’il va bien», signale Me Badi.

Le Collectif pour la libération des détenus d’opinion (CNLD) s’est interrogé sur la «disparition» de Lalami. «Pour les nombreuses personnes qui nous ont contactés au sujet de l’activiste Brahim Lalami, arrêté jeudi 31 octobre à place des Martyrs à Alger, on tient à préciser que nombreux ceux qui sont à la recherche de son lieu de détention sans pouvoir confirmer, car des informations ont circulé qu’il aurait été transféré d’Alger vers Constantine.

Mais pour l’instant, ça reste toujours sans confirmation officielle. Une avocate de Constantine, qui a passé l’après-midi de ce lundi 4 novembre à faire le tour des commissariats de Constantine, n’a trouvé ni dossier, ni son lieu de détention, alors qu’un autre activiste et militant des droits de l’homme fait part de la détention de Brahim Lalami dans un centre de l’ex-DRS à Constantine», signale le collectif sur sa page Facebook. N. I.



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