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Violences à l’égard des femmes : Les associations appellent à l’application de mesures concrètes

24 novembre 2020 à 10 h 50 min

Dans une lettre ouverte signée par une dizaine d’associations féministes (dont le Face, Réseau Wassila, Fard, Aef, Rachida, Sos femmes en détresse), ces dernières rappellent l’ampleur des drames survenus cette année.

la veille de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes (25 novembre), les associations féministes s’élèvent, dans un nouveau cri de détresse, contre le cycle infernal de la violence à l’égard des femmes, rejetant «l’indignation sans lendemain» et appelant à l’application de mesures concrètes pour mettre fin aux drames.

Ce sera aussi l’occasion de rendre hommage à toutes les femmes victimes de violences et de s’incliner à la mémoire de celles qui ont été sauvagement assassinées. Depuis le début de l’année, 45 féminicides ont été enregistrés. Un chiffre bien en deçà de la réalité, selon les mêmes associations.

Dans une lettre ouverte signée par une dizaine d’associations féministes (dont le Face, Réseau Wassila, Fard, Aef, Rachida, Sos femmes en détresse), ces dernières rappellent l’ampleur des drames survenus cette année.

«La vague d’émotion qui a submergé notre pays, écrivent-elles, la tempête médiatique provoquée par le martyre de Chaima, l’ampleur du mouvement d’effroi, répercuté par les réseaux sociaux, nous ont rappelé chacun de ces assassinats rivalisant de brutalité et d’horreur, qui sont commis en Algérie comme dans le reste du monde.»

Et de poursuivre : «Le hashtag ‘‘nous avons encore perdu l’une des nôtres’’ n’était plus seulement scandé par une poignée de femmes solidaires des victimes de la barbarie, mais par des milliers d’anonymes. Allons-nous continuer à inscrire chacune des victimes dans un décompte macabre ? Allons-nous nous contenter d’inscrire leurs prénoms pour leur redonner leur humanité et leur rendre un nécessaire hommage ?»

Elles soulignent qu’aucune violence n’est acceptable. «Le cycle infernal de la violence peut commencer par l’insulte, le crachat, la ‘‘petite gifle’’, en mode crescendo et répétitif et conduire au meurtre», disent-elles. Aussi est-il important, selon elles, de «traquer toutes les formes de violence quels qu’en soient le type et la gravité, les dénoncer et veiller à ce que leurs auteurs soient punis».

Les associations féministes se méfient toutefois des «surenchères» concernant les sanctions à infliger aux criminels, rejetant «la peine de mort», réclamée parfois par les proches des victimes. «Comme si, argumentent-elles, les lois pénales n’avaient pas été inventées pour punir ceux qui se donnent le droit de vie et de mort sur autrui, comme si l’exécution capitale pouvait dédouaner les sociétés de leur responsabilité collective !

Comme si, enfin, un Etat de droit qui se respecte ne devait pas s’honorer, au nom de l’éthique humaniste, d’abolir la peine de mort, seule manière de refuser d’imiter le meurtrier pour lequel ‘‘une vie ne vaut rien’’.»

Elles adressent ainsi une série de propositions aux autorités publiques afin de mettre fin à ces violences. Parmi elles, figurent notamment la mise en place de centres d’appel téléphonique accessibles gratuitement 24 heures sur 24, à partir de fixes et de portables, pour appeler au secours, la mise en œuvre de protocoles d’intervention rapide des services de sécurité, sensibilisés et formés à cette mission, l’interpellation des agresseurs et protection immédiate des victimes avec ou sans certificat de médecine légale ainsi que la réquisition d’hôtels pour abriter les femmes et leurs enfants en danger.

Pour venir en aide aux femmes et enfants victimes de violences, elles insistent sur la construction de centres d’hébergement partout dans le pays, où l’accès des femmes victimes de violences est garanti, quel que soit leur statut matrimonial, avec ou sans enfants ainsi que le financement pour la gestion et l’encadrement de ces centres en médecins, psychologues, aidant-e-s…

Pour assurer la qualité de l’accueil des victimes, elles proposent le développement de programmes de formation des professionnels de la police, de la justice, des services sociaux, d’éloigner l’agresseur, enregistrer la plainte, orienter ces victimes vers des structures dédiées ainsi que des dotations financières aux associations d’aide aux femmes victimes de violences et le droit de se porter partie civile auprès des tribunaux dans les affaires judiciaires liées à ces violences.

Dans le cadre du dispositif de lois efficace contre les violences faites aux femmes, elles suggèrent le transfert de la disposition pénale qui consacre l’infraction de harcèlement sexuel (article 341 bis), qui figure dans le chapitre II «crimes et délits contre la famille et les bonnes mœurs», dans le chapitre I «crimes et délits contre les personnes», car le harcèlement s’attaque à l’intégrité physique et psychologique des personnes et non forcément aux familles, la traduction de cette disposition de l’article 341 bis, dans la législation du travail, l’inscription de dispositions qui protègent les témoins contre le risque de représailles au niveau professionnel ainsi que l’abrogation de l’article 326 du code pénal qui permet à l’auteur d’un viol d’échapper aux poursuites s’il épouse sa victime, laquelle est, alors, exposée à un mariage forcé. Le Maroc l’a retiré en 2014 et la Tunisie en 2017.

A cela s’ajoutent les demandes d’introduction du crime de «féminicide» dans le code pénal, l’abrogation du code de la famille et la promulgation de la loi-cadre contre les violences faites aux femmes.

Elles suggèrent aussi pour prévenir cette violence extrême, qu’est le féminicide, de lutter contre les mécanismes qui rendent la violence possible : la culture de la violence au sein de la famille, à l’école, dans la rue, au travail.

«Il nous faut également combattre l’ordre mondial basé sur les inégalités, l’injustice et travailler à transformer les réalités qui infériorisent les femmes», soulignent-elles.

Parmi les signataires figurent notamment le FACE ou Femmes algériennes pour un changement pour l’égalité, L’AEF (Agir pour l’émancipation des femmes), le Réseau Wassila, la Collective féministe d’Alger, Sawt Nssa – Constantine –, Femmes algériennes revendiquant leurs droits (FARD) d’Oran, La Fondation pour l’Egalité/Ciddef, Femmes en communication (FEC), SOS femmes en détresse, l’Association nationale Rachida, l’Association nationale Femmes Action Développement (AFAD) ainsi que le Collectif des femmes libres de Bouira.


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