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Législatives du 12 juin 2021 : Les apparatchiks se recyclent à travers leurs enfants

27 avril 2021 à 10 h 59 min

Avant même que les listes définitives des candidats aux législatives du 12 juin ne soient retenues définitivement publiques par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) de Mohamed Chorfi, plusieurs surprises les marquent déjà.

Selon des sources politiques diverses, plusieurs députés ou membres influents de partis et même un chef de parti ont décidé de passer le flambeau aux jeunes. Et ces derniers ne sont autres que leurs enfants. Et les exemples sont nombreux. Il en est ainsi du patron du parti El Bina, Abdelkader Bengrina, qui n’a pas hésité à faire postuler son fils sur la liste d’Alger de son parti. Parallèlement, il a appelé «à ce que les prochaines élections législatives soient un gage pour le changement et la réforme» et «une opportunité pour regagner la confiance perdue».

Pour contourner la réglementation de la nouvelle loi électorale qui empêche les apparatchiks du Front de libération nationale (FLN) de se porter candidat encore une fois, ils ont eux aussi tenté de placer leur progéniture dans les listes de leur parti. Et ils sont nombreux à le faire. En effet, le cas, par exemple, de Sadek Bouguettaya, membre du bureau politique (BP) du FLN, est édifiant. Il a poussé son fils à se porter candidat sur la liste d’Alger de son parti.

Toujours au sein de l’ex-parti unique, Boumahdi Fatiha, fille d’Ahmed Boumahdi, fait partie de la composante des candidats proposés pour les prochaines législatives dans la capitale. Egalement d’obédience flniste, les deux membres du BP, en l’occurrence Layachi Daâdouaâ et Mustapha Mazouzi, n’ont pas hésité eux aussi à placer leur rejeton respectif sur la liste des candidats de leur parti dans la wilaya de Biskra.

Loin de leur parti, mais près des législatives du 12 juin, les enfants de l’ex-n°2 du Rassemblement national démocratique (RND), Seddik Chihab, et l’ex-chef du parti islamiste le Mouvement de la société pour la paix (MSP), Aboudjerra Soltani, ont choisi des listes indépendantes à Alger pour placer leurs enfants.

Et si la loi n’interdit pas la candidature de la progéniture, il n’en demeure pas moins que moralement l’option ne passe pas politiquement, sachant que l’une des choses qu’on craignait sous la présidence de Abdelaziz Bouteflika était qu’il passe les rênes du pouvoir à son frère Saïd. Mais les dinosaures et les apparatchiks sont opportunistes, dans le sens large du mot. «Ils ont joué sur la corde de la décision du président de la République d’accorder aux jeunes toutes les facilitations pour prendre part à ce rendez-vous électoral», estiment des observateurs politiques. Cette opportunité en est une preuve, dans la forme, qui esquisse désormais les prochains contours de la Chambre basse du Parlement. Et, également, amènera les partis à ouvrir la voie à cette catégorie de jeunes, appelée à prendre part aux missions de l’Assemblée populaire nationale (APN).

Une occasion en or

Une occasion à ne pas rater pour les caciques, chassés par la nouvelle loi électorale mais recyclés à travers leurs enfants, écrasant à leur passage toute morale politique prônant le changement. En effet, placé sous le thème du «changement», cette échéance électorale semble déjà entachée par ces nouvelles pratiques qui ouvriront la porte à une version rajeunie de l’ancien système qui accédera au Parlement et constituera une nouvelle assemblée élue mais recyclée. Mieux, pour ceux qui n’ont pas pu prendre le train des prochaines législatives, les délais de dépôt des dossiers de leur candidature ont été prorogés de cinq jours, le dernier délai étant désormais fixé pour aujourd’hui, 27 avril, au lieu de jeudi dernier à minuit, coïncidant avec le 22 avril.

Autres preuves qui confirment cette option : ces élections législatives du 12 juin attirent également des anciens ministres ayant exercé sous la baguette de l’ancien Premier ministre Noureddine Bedoui, qui fait actuellement l’objet d’auditions au tribunal de Constantine. Il s’agit de Farouk Bernaoui, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, et de Ali Hamam, ex-ministre des Ressources en eau. Le premier a été porté sur la liste d’Alger du parti de Fatima-Zohra Zerouati, Tajamou Amel El Jazair (TAJ) et le second a choisi sa ville natale, Khenchela, pour postuler sur la liste locale de son parti FLN.

Pour rappel, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) avait fait état récemment de 1755 listes de partis politiques agréés et 2898 listes d’indépendants désirant se porter candidats aux élections législatives du 12 juin 2021.

Le nombre de dossiers de candidature a atteint 1739 dossiers retirés par 54 partis et 2273 candidats indépendants. Avec la prorogation des délais de dépôt des dossiers de candidature de cinq jours, ces chiffres vont vraisemblablement augmenter.


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