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Le RCD ne participera pas au scrutin du 18 avril : «Il n’y a pas d’élection, il y a une désignation d’un chef de l’Etat»

11 février 2019 à 11 h 00 min

Le RCD, dirigé par Mohcine Belabbas, ne prendra pas part au scrutin du 18 avril prochain parce qu’il considère qu’il n’y a pas d’élection, mais qu’il s’agit beaucoup plus de la désignation d’un chef de l’Etat.

Lors de son passage, hier, au Forum de Liberté, Mohcine Belabbas a saisi l’occasion pour rendre public l’appel du parti pour «sortir des crises cycliques que vit le pays depuis son indépendance», Belabbas s’est attardé également sur la question de la présidentielle et l’absence de contre-pouvoirs, comme il a fustigé le candidat Ali Ghederi pour avoir accusé l’opposition d’être passive.

L’appel du RCD (voir encadré) n’est pas un texte qui renferme, selon Belabbas, des propositions du parti. «Je me suis limité à lancer un message aux structures de notre parti et aux structures de toutes les autres formations politiques en disant qu’il faut dialoguer d’abord entre nous», a-t-il précisé, avant de rappeler que l’appel de son parti est «un appel au dialogue et qui reprend ce que nous disons tous, à savoir que le problème en Algérie est dans l’absence des contre-pouvoirs».

Pour Belabbas, un parti politique n’est pas un contre-pouvoir dès lors qu’il aspire à être au pouvoir, mais le Conseil constitutionnel, le Parlement, les syndicats et l’opposition sont un contre-pouvoir : «Le Conseil constitutionnel et le Parlement ne jouent pas leur rôle de contre-pouvoir, mais l’opposition a tenté des actions sur le terrain, malheureusement elle n’a pas réussi à construire un rapport de force nécessaire pour peser. Le discours à lui seul ne suffit pas, il faut une mobilisation», note le patron du RCD.
«Nous ne semons pas les illusions»

A la question de savoir pourquoi l’opposition peine à trouver un consensus autour d’un candidat, Belabbas réplique que son parti ne voit pas l’utilité de présenter un candidat unique de l’opposition pour la prochaine échéance.

D’ailleurs, il rencontrera aujourd’hui Abdallah Djaballah, l’auteur de cette proposition : «Etant donné que pour nous il n’y a pas d’élection et que l’ensemble des partis pensent que l’élection est jouée d’avance, pourquoi alors un candidat du consensus ? Je ne sais pas ce qui fait courir Djaballah, ni les candidats déclarés d’ailleurs.

Certes, certains participent pour exister dans l’immédiat, mais ont-ils une présence médiatique mieux que nous ?» s’interroge Belabbas pour qui la question en réalité ne devrait pas se poser. «S’il y a une élection libre, vous avez beaucoup de candidatures et c’est au deuxième tour qu’il y aura un report de voix», explique-t-il. Pour Belabbas, il ne s’agit pas de trouver un messie : «Même durant la Révolution, il n’y avait pas de messie.

Les Six qui l’ont déclenchée avaient des troupes. Il ne faut pas tromper les gens. Si c’était la solution, il est facile de trouver un consensus. Je ne comprends pas la démarche de ceux qui se lancent dans la compétition», renchérit le leader du RCD, pour qui une élection c’est d’abord une campagne électorale pour la présentation d’un programme, des propositions et des solutions. «S’il n’y a pas de débat sérieux à la télévision, on ne peut pas parler d’élection.

Le RCD a un projet, il a un programme et il a une expérience en termes d’élections, mais nous ne participerons pas, nous n’avons pas envie de semer des illusions», tranche-t-il.
«Je doute du grade de Ghederi»

Interrogé sur les propos de candidat Ali Ghederi sur l’opposition, Belabbas a eu une réponse sèche : «qui est ce Ghederi, je ne le connais pas, je ne connais pas son programme, ni s’il a un projet de société. Il a parlé pour dire que s’il y a eu fraude, c’est parce que l’opposition a été passive, il a parlé d’opposition de salon.

Où était-il lui pour dire cela ? Au lieu de dire que l’opposition a échoué, il aurait dû essayer de gagner cette opposition», assène-t-il. L’invité du Forum ne s’arrête pas là, il dit même douter du grade de ce candidat à la candidature. «Je me suis posé la question de savoir s’il était vraiment général-major.

Dans les pays qui se respectent, un général est un opérationnel et il a une stratégie. Quand on voit ce genre d’erreurs, on est en droit de s’interroger», note-t-il. Ghederi prône la rupture ; à ce sujet, Belabbas rappelle que même Bouteflika était présenté comme le candidat de la rupture. «Nous devons tirer des enseignements de ce genre d’expériences.

Celui qui a le pouvoir est toujours tenté d’en abuser et il va en abuser. Il faut des contre-pouvoirs», lance Belabbas.

Concernant le meeting organisé samedi par le FLN, le chef du RCD n’y voit pas une démonstration de force. «La Coupole, je la connais bien, on y organisait nos congrès. Elle peut contenir 5000 personnes au maximum.

Et puis, ce ne sont pas les partis qui ont mobilisé, c’est l’Etat. Les participants ont été payés à raison de 5000 DA», révèle-t-il. Enfin, sur la polémique de la prière à l’école, M. Belabbas trouve incompréhensible qu’on enclenche ce genre de débats en pleine présidentielle. «En pleine élection, on pousse les gens à débattre de l’utilité de la prière à l’école.

Cela devait être un débat global sur l’école, mais aucun candidat ne l’a soulevé. Je ne me souviens pas de gens qui font la prière à l’école. Le problème est ailleurs, je le vois dans les harraga, les chaînes devant le CCF, le visa d’études, ce sont autant de signes que le système éducatif a échoué», assène le chef du RCD.

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