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Affaire des 701 kg de cocaïne devant la chambre d’accusation : Le rapport du juge d’instruction examiné demain

29 juin 2021 à 10 h 44 min

La chambre d’accusation près la cour d’Alger examinera, demain, l’affaire des 701 kg de cocaïne saisis, le 26 mai 2018, sur le MC Vega Mercury, en rade au port d’Oran, dissimulés dans une marchandise de viande, importée du Brésil par Kamel Chikhi, plus connu sous le nom du «Boucher». Une autre affaire, de 490 kg de cocaïne trouvés par des pêcheurs en mer, vient d’éclater à Oran, et il y a déjà des interrogations sur d’éventuels liens avec la découverte au port d’Oran de deux conteneurs de ciment blanc, déclaré comme poudre de lait.

Trois ans après son éclatement à Oran, l’affaire des 701 kg de cocaïne, saisis sur un bateau en rade, dissimulés dans des cartons de viande, importée du Brésil, par les sociétés du magnat de l’immobilier, Kamel Chikhi, plus connu sous le sobriquet du «Boucher», devra être examinée demain, 30 juin, par la chambre d’accusation près la cour d’Alger.

Les magistrats auront à statuer sur l’enquête judiciaire clôturée par le juge d’instruction de la 2e chambre du pôle pénal spécialisé près le tribunal de Sidi M’hamed, à Alger.

En détention depuis juin 2018, six accusés, Kamel Chikhi, puissant importateur de viande rouge, ses deux frères, un de ses associés, son directeur commercial et un de ses agents exerçant au port d’Oran, sont inculpés et poursuivis pour, entre autres, «constitution d’une organisation criminelle dans le but d’importer, de commercialiser et de distribuer de la drogue», «trafic international de drogue» et «blanchiment d’argent».

Des charges qui relèvent du tribunal criminel, mais que les avocats de Kamel Chikhi ont dès le départ contestées, d’autant que les commissions rogatoires, délivrées par le juge d’instruction à plusieurs pays, notamment le Brésil, mais aussi l’Espagne, n’ont apporté, nous dit-on, «aucun élément probant sur un éventuel lien» entre la cocaïne et le principal accusé.

Mieux encore, précisent nos sources, «depuis 18 mois, aucun acte de procédure n’a été fait par le juge d’instruction, dont l’enquête n’a pas pu déterminer à qui appartient la drogue. La société brésilienne, auprès de laquelle la marchandise a été acquise, a continué à exporter vers l’Algérie, alors que le navire et son équipage ont fini par quitter le pays après plusieurs mois d’arrêt au port d’Oran, aux frais de l’Algérie.

Cela prouve, au moins, que le juge n’a trouvé aucun lien entre ces derniers et Chikhi. Les accusations du juge sont très faibles. Il n’y a rien dans le dossier», révèle un membre du collectif de la défense, qui insiste lui aussi sur le fait «qu’aucune information sur l’implication du principal accusé, Kamel Chikhi, ou ses sociétés, n’a été donnée par les pays auxquels la justice a délivré des commissions rogatoires».

A en croire nos sources, les conclusions de l’instruction du juge de la 2e chambre du pôle pénal spécialisé «sont très faibles». On s’interroge alors quel sort sera réservé à ce dossier, qui avait éclaboussé de nombreuses personnalités civiles et militaires durant l’été 2018.

La programmation de l’examen de cette affaire intervient, alors qu’une quantité de 490,05 kg de cocaïne a été interceptée, durant la nuit de samedi à dimanche derniers, par des pêcheurs au port d’Arzew, à Oran, lesquels ont alerté les gardes-côtes.

Répartie à travers 442 plaquettes, contenues dans des sacs en plastique, la drogue flottait sur l’eau avant qu’elle ne soit repérée et récupérée. Une pratique courante qu’utilisent les narcotrafiquants en mer pour éviter que leur marchandise ne soit retrouvée à bord du navire.

Il est, cependant, surprenant que cette découverte soit faite le soir même où les autorités ont demandé une expertise du contenu de deux conteneurs suspects, censés contenir de la poudre de lait. Selon des sources portuaires, sur les 14 conteneurs censés transporter de la poudre de lait, deux avaient à leur bord de la poudre blanche, déclarée comme étant… du ciment blanc.

L’information n’a cependant pas circulé par le canal douanier, mais plutôt policier, qui a alerté les plus hautes autorités, lesquelles ont exigé samedi dernier, durant l’après-midi, une analyse approfondie de la poudre présentée comme du ciment blanc.

Y a-t-il un lien entre la découverte des palettes de cocaïne et cette affaire ? On n’en sait rien. Ce qui est certain, c’est que cette affaire n’a pas manqué de soulever des interrogations sur les raisons qui ont poussé les services douaniers à se limiter à déclarer la poudre blanche comme ciment blanc, sans l’analyser par des laboratoires habilités.

En tout état de cause, que ce soit l’affaire des 701 kg de cocaïne de 2018 et celle des 400 kg de la même poudre en 2021, cela prouve que les ports de l’Oranie, de par leur proximité du sud de l’Espagne, une zone de transit pour la cocaïne latino-américaine destinée à l’Europe, font partie désormais de la nouvelle route des narcotrafiquants, qui n’hésitent pas, en cas de danger, à jeter dans l’eau leur marchandise en attendant que d’autres, ou eux-mêmes, la récupèrent plus tard. 


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