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La 35e édition de son forum public empêchée

Le RAJ dénonce une «atteinte grave aux libertés»

20 juillet 2019 à 10 h 01 min

Le Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) dénonce énergiquement l’interdiction de la 35e édition de son forum, qui devait se tenir comme d’habitude sur une place publique, à côté de la Grande-Poste.

Ce forum se tenait normalement depuis le début du hirak le 22 février dernier, devenant ainsi un espace public de débat et de la libre expression. «La réappropriation de l’espace public comme espace de débat citoyen est l’un des acquis du mouvement du 22 février, ce dernier est plus que jamais menacé», estime Abdelouhab Fersaoui, président de cette organisation des jeunes Algériens.

«Au moment où les militants du RAJ s’apprêtaient à s’installer comme d’habitude pour commencer le débat avec la population autour du sujet du ‘‘Dialogue’’, la police présente en force sur les lieux a sommé les présents d’évacuer les lieux en disant que c’est fini, «vous ne pouvez plus organiser vos débats ici», explique M. Fersaoui dans un communiqué, considérant que le pouvoir «souffle le chaud et le froid, au moment où il appelle au dialogue pour trouver une issue à la crise comme il aime à le répéter, il empêche le dialogue dans la société».

«Il interdit des conférences, il réduit les espaces de manifestations, il met les Algériens en prison pour avoir porté le drapeau amazigh ou pour avoir exprimé une opinion», soutient-il.

Le RAJ voit cette interdiction comme «un autre indice révélateur de l’absence de volonté politique chez le pouvoir de répondre favorablement aux revendications légitimes des Algériennes et des Algériens qui manifestent pacifiquement depuis le 22 février et qui aspirent à la liberté et à exercer pleinement leur citoyenneté».

Cette interdiction vise aussi, estime le RAJ, à «étouffer » et «affaiblir le mouvement» en empêchant les Algériens de débattre et de se réunir. «Par cette répression, le pouvoir envisage d’en finir avec le hirak, il revient aux anciennes pratiques répressives d’avant le 22 février», dénonce encore cette organisation de la jeunesse, qui affirme qu’elle ne se laissera pas faire.

Le RAJ réitère dans ce sillage son engagement et son implication dans le hirak et considère que «la poursuite du mouvement est le seul garant face à ce pouvoir machiavélique qui ne cherche que son maintien».

Il réaffirme «l’urgence d’aller vers une période de transition». Cette organisation estime qu’«il ne peut y avoir de dialogue sans la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus d’opinion, cesser les interpellations, enlever l’embargo sécuritaire sur Alger, garantir les libertés démocratiques, notamment la liberté de réunion, de rassemblement, d’associations, d’expression et de presse».

Pour le RAJ, seule la poursuite de la mobilisation va faire cesser les atteintes aux libertés. Il appelle ainsi «toutes les forces vives à se mobiliser pacifiquement pour défendre les libertés démocratiques, l’un des fondements d’un Etat de droit et à créer des synergies pour déjouer toutes tentatives du pouvoir qui visent à casser le mouvement».


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