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Échanges virulents entre magistrats et avocats

Le procès en appel de «Mme Maya» renvoyé au 26 décembre

13 décembre 2020 à 10 h 48 min

Prévu hier en audience spéciale, à la cour de Tipasa, le procès en appel de l’intrigante «Madame Maya», de son vrai nom Zoulikha Nachnache, et prétendue fille cachée du Président déchu, a été reporté au 26 décembre sur demande insistante des avocats des prévenus, notamment de la principale mise en cause.

La dizaine de prévenus, en détention, parmi lesquels les deux anciens ministres Abdelghani Zaalane, des Travaux publics, et Mohamed Ghazi, du Travail, ainsi que son fils et son chef de protocole, l’ex-Directeur général de la Sûreté nationale, Abdelghani Hamel, et «Mme Maya», n’ont fait leur apparition au box qu’en début l’après-midi.

Poursuivis pour plusieurs chefs d’inculpation, dont «abus de fonction», «trafic d’influence», «dilapidation de deniers publics», «blanchiment d’argent», «transfert illicite de fonds vers l’étranger», ils ont tous fait appel contre le jugement du tribunal de Tipasa, faisant état de nombreuses peines allant de 3 ans à 15 ans de prison ferme.

D’emblée, le bâtonnier de Blida, membre du collectif de défense de la principale prévenue «Mme Maya», demande à la présidente de la chambre pénale le renvoi de l’affaire en raison de la contamination d’un des avocats par la Covid-19.

«Nous avions arrêté une stratégie de défense qui repose sur l’intervention de chacun des membres du collectif de la prévenue. Nous ne pouvons pas assurer notre mission en l’absence de notre confrère. Nous vous demandons un renvoi au 2 janvier, le délai nécessaire pour permettre à l’avocat de se remettre de sa contamination.» La juge se déclare «compréhensive» mais, précise : «Vous étiez tous au procès en première instance.

Vous connaissez les faits. Je peux vous laisser jusqu’à la fin de procès pour vous permettre de vous organiser et de plaider. Je ne vois pas de nécessité de reporter le procès.» Le bâtonnier insiste, mais la présidente campe sur sa décision arguant du fait qu’elle a «prévu une audience spéciale, en ce samedi, justement pour que l’affaire soit jugée dans de bonnes conditions».

D’autres avocats interviennent et mettent en avant «la contamination de leur confrère, une force majeure qui impose le renvoi de l’affaire. Nous pensons que la date du 2 janvier serait la plus propice pour permettre à notre confrère de reprendre, après sa convalescence». La juge ne semble pas convaincue.

L’avocat de Mohamed Ghazi s’avance et exige une copie du rapport sur l’état de santé de son mandant. Il jette un pavé dans la mare en dénonçant ce qu’il a qualifié de «fait très grave». «Il y a eu falsification des propos tenus par le docteur Lamia Ali Bacha devant le tribunal de Chéraga.

Dans l’ordonnance de cette juridiction, il est écrit que le Dr Ali Bacha a déclaré n’avoir pas déposé ce rapport, alors que nous-mêmes avions pris acte de ses propos lorsqu’elle a clairement indiqué au tribunal avoir remis ce rapport. Comment peut-on déformer les propos d’un témoin tenus en audience publique ?» lance l’avocat, avant d’exiger la convocation du médecin en question au procès. La présidente lui fait savoir qu’elle «prendra les mesures nécessaires» pour que «ce témoin soit présent».

Prenant la parole, le représentant du ministère public ne semble pas d’accord avec tout renvoi. «Le dossier a été déjà renvoyé à la demande de la défense. Le parquet général a réuni toutes les conditions pour que cette affaire soit jugée en audience spéciale.

Aujourd’hui, nous ne voyons pas de raisons pour qu’elle soit renvoyée.» En réponse à la demande de l’avocat de Mohamed Ghazi, le procureur général souligne : «Le médecin sera présent à l’audience, chaque fois qu’il est nécessaire. La demande de renvoi du procès ne peut être acceptée.»

La juge lève l’audience pour délibérer et une vingtaine de minutes plus tard, elle revient. «J’ai lu le certificat médical de votre confrère et j’ai vu qu’il a déjà consommé cinq jours depuis qu’il a été déclaré positif à la Covid-19», dit-elle avant que les avocats ne réagissent d’un ton coléreux.

«Pourquoi cette précipitation ? Y a-t-il urgence ? Un de nos confrères est malade. Vous ne pouvez pas le priver de son droit de défendre son mandant», déclare un des avocats.

La présidente réplique : «Il n’y a pas de précipitation. Vous aviez demandé un report parce que vous n’êtes pas prêts. Je prends acte, mais ce n’est pas à vous de fixer la date du procès mais à cette juridiction.»

Le procureur intervient en disant : «Le plus important est de tenir le procès dans une audience spéciale avec les meilleures conditions.»

Mais l’un des avocats de «Mme Maya» sort de ses gonds : «Il n’est pas de vos prérogatives d’accepter ou de refuser les demandes de la défense. Vous empiétez sur les missions de cette juridiction.» La présidente reprend difficilement la parole et décide : «Vous vouliez un report, eh bien, le procès est renvoyé, mais pas à la date que vous aviez demandée. Il est fixé au 26 décembre. L’audience est levée.»


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