Le pouvoir d’achat des ménages en nette baisse : La nécessaire revalorisation des salaires | El Watan
toggle menu
mercredi, 23 septembre, 2020
  • thumbnail of elwatan07092020





Le pouvoir d’achat des ménages en nette baisse : La nécessaire revalorisation des salaires

06 février 2020 à 10 h 07 min

Les dernières études, notamment celles de l’Office national des statistiques, font état d’un salaire moyen qui ne dépasse pas les 41 000 DA. Une rémunération qui ne pourrait en aucun cas suffire à une famille de 4 personnes. Mohamed, père de 4 enfants, tous scolarisés, dit avoir besoin d’au moins 100 000 DA par mois pour pouvoir subvenir aux besoins les plus rudimentaires de sa petite famille. Face à cette situation, des mesures ont été récemment annoncées. Le président Abdelmadjid Tebboune a annoncé la suppression de l’Impôt sur le revenu global (IRG) sur les faibles salaires (moins de 30 000 DA).

Les questions des salaires et du pouvoir d’achat des Algériens sont parmi les principales revendications des derniers mouvements de protestation, notamment ceux de l’éducation nationale. Les protestataires réclament une amélioration de leur niveau de vie. L’Algérien aujourd’hui, et ce, pour plusieurs raisons, a des fins du mois difficiles.

La dévaluation du dinar et la flambée des prix des produits de large consommation ont fini par dynamiter le déjà très fragile pouvoir d’achat des ménages. Quel devrait être le niveau du salaire mensuel minimum ? Les dernières études, notamment celles de l’Office national des statistiques (ONS), font état d’un salaire moyen qui tournerait autour des 41 000 DA.

Une rémunération qui ne pourrait en aucun cas suffire à une famille de 4 personnes. Mohamed, père de 4 enfants, tous scolarisés, dit avoir besoin d’au moins 100 000 DA par mois pour pouvoir subvenir aux besoins les plus rudimentaires de sa petite famille. Dans ce budget, on comptabilise l’habillement, les affaires scolaires, les cours particuliers, devenus nécessaires, le goûter des plus petits, sans oublier les frais liés à l’alimentation, les factures et les soins.

Si le problème ne se pose pas avec acuité pour ce cadre et son épouse, cadre également, la situation est nettement plus difficile pour les plus démunis, dont le salaire ne saurait dépasser les 25 000 DA, et 18 000 DA pour d’autres. Généralement, cette catégorie ne possède pas de logement et doit payer un loyer annuel qui dépasse, dans certaines régions, les 200 000 DA. Les dettes sont ainsi inévitables.

Concernant le travail de l’épouse, il implique des frais de garderie pour les enfants. Ce n’est pas tout, étant donné que la crise économique et financière qui frappe le pays a poussé plusieurs entreprises à réduire leur effectif à défaut de mettre carrément la clé sous le paillasson. Une situation qui n’arrange en rien le pouvoir d’achat qui s’érode de plus en plus. La dernière étude réalisée en 2007 par la Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie (CGATA/Snapap) a dévoilé qu’une famille algérienne de 5 personnes aurait besoin de 73 000 DA/mois. Ce budget n’inclut évidemment pas les loisirs.

Des mesures à l’emporte-pièce Face à cette situation, des mesures ont été récemment annoncées. Le président Abdelmajid Tebboune a déclaré la suppression de l’Impôt sur le revenu global (IRG) sur les faibles revenus (moins de 30 000 DA).

Pour l’économiste Kouider Boutaleb, ce type de décisions prises à l’emporte-pièce sont loin de régler définitivement, ou du moins soulager la problématique du pouvoir d’achat. «Le salaire est un coût pour les entreprises et un pouvoir d’achat pour le salarié. On ne peut prendre de décisions sans mener de véritables études sérieuses dans ces deux variables.

Exonérer les revenus de moins de 30 000 DA de l’IRG implique un coût à l’Etat. L’absence d’un ministère de la planification, qui veillerait sur la cohérence des décisions prises, projette le pays dans le flou en matière d’équilibre financier.

On ne peut en aucun cas prendre des décisions ‘‘populistes’’, notamment dans la situation économique actuelle, sans études qui puissent optimiser leur impact», déclare notre interlocuteur. Pour ce professeur en économie à l’université de Tlemcen, la question de la revalorisation des salaires est très complexe. Elle doit absolument reposer sur un plan à trois assurant l’équité salariale, la productivité et la création de l’emploi.

Pour M. Boutaleb, la politique des salaires en Algérie depuis 1962 jusqu’à aujourd’hui n’a jamais été efficiente. Il argumente son constat par le fait que le différentiel entre la productivité et l’augmentation des salaires est nul, notamment dans la Fonction publique où justement la productivité est indirecte et donc non mesurée.

Il faut rappeler que la Fonction publique repose sur le Budget de l’Etat, qui dépend certes des taxes mais surtout de la rente pétrolière. D’après son analyse, la question du pouvoir d’achat nécessite un travail de longue haleine et sur plusieurs chantiers. Rappelons enfin que les salaires des Algériens n’ont pas été réellement révisés depuis 2012. Une petite révision du SNMG a tout de même été opérée en 2015, l’élevant de 12 000 DA à 18 000 DA. Depuis cette date, rien n’a été fait. 



S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!