Marches du vendredi après la reprise du hirak à l’est : Le peuple réclame le changement radical du régime | El Watan
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lundi, 14 juin, 2021
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Marches du vendredi après la reprise du hirak à l’est : Le peuple réclame le changement radical du régime

A l’instar des autres wilayas du pays, les habitants des villes de l’Est ont renoué avec le hirak du vendredi en sortant en masse prendre part à des marches attendues depuis près d’une année.

Constantine, place des Martyrs, 13h30. Ils étaient encore plus nombreux que le 22 février à répondre à l’appel à la marche de ce qui devait être le 57e vendredi après la reprise du hirak, qui a connu une trêve suite à la pandémie depuis la marche du 13 mars 2020, en dépit des tentatives des éléments de la police pour disperser le premier groupe de manifestants devant le palais de la culture Mohamed El Aïd El Khalifa, au centre-ville.

Plus déterminés, ils ont commencé à scander les slogans habituels du hirak, avant d’entamer la marche. Vers 14h, leur nombre a été multiplié, avec le retour des citoyens ayant quitté les précédentes marches après l’élection présidentielle et l’installation de Abdelmadjid Tebboune.

Pourquoi revenir ? «Au début, une importante tranche de la société s’est demandée pourquoi ne pas donner une chance à ce pouvoir pour corriger ce qui a été cassé. Cette tranche avait beaucoup d’espoir après les déclarations du Président. Mais au fil des jours, avec le récent remaniement ministériel et le retour des figures de l’ancien régime, à l’instar de Boughazi et Boudjemaa, cela laisse comprendre qu’on est en train de défier le peuple. Se débarrasser des résidus de Bouteflika, est-ce si difficile ? Nous demandons qu’ils partent tous», a déclaré un enseignant au lycée.

Son collègue poursuit : «Tebboune a noyé la lueur d’espoir que les gens avaient pour cette nouvelle Algérie. La preuve se perçoit dans plusieurs réalités que le peuple est en train de vivre, dont la rétention de l’information et la manipulation de la presse. Nous sommes toujours loin de la liberté et ça s’enpire.» Pour sa part, Omar, un sexagénaire irréductible du hirak, estime que changer le régime est une nécessité pour le développement de chaque nation, tout comme le changement du dressing personnel.

«Au début lorsqu’on achète une nouvelle tenue, on la porte souvent avec joie. Mais avec le temps et pour se mettre en valeur devant nos voisins et amis, on se trouve obligé de changer nos vieux habits. Surtout si on a les moyens de le faire», a-t-il expliqué, appelant le pouvoir à écouter et comprendre le contenu des slogans qui réclament un changement radical du régime.

D’après ses dires, la gouvernance n’a pas donné de bons résultats pour cette nouvelle génération, qui revendique plus de liberté et de droits qu’auparavant. Des revendications qui ont été reprises dans les marches de ce vendredi, comme c’était le cas à Aïn Beïda, dans la wilaya d’Oum El Bouaghi où les manifestants se sont donné le mot pour se rassembler sur l’esplanade du square du 1er Novembre, après la prière, reprenant les slogans connus et reconnus. Les chefs de file invitent les manifestants à entamer la marche.

La procession sillonne la rue Mohamed Khemisti, ex-boulevard de l’Est, et arrive au rond-point du boulevard Mansouri, situé au nord du carré central. Après une courte halte, la marche reprend, animée par les chants patriotiques. Les manifestants sont plus nombreux, car rejoints par d’autres jeunes. Arrivés au carrefour de la rue de Constantine, les marcheurs observent une autre halte, ponctuée de slogans chantés à tue-tête. Ils promettent de revenir les vendredis prochains investir la rue et réclamer le changement tant promis.

Chose revendiquée également par des centaines de partisans du hirak, qui ont réinvesti, hier, les artères principales de la ville de Skikda, redonnant ainsi un nouveau souffle à ce mouvement populaire. Contrairement à la manifestation du 22 février dernier, celle d’hier a été ponctuée par la présence plus ou moins importante des forces de l’ordre, qui ont dressé un cordon sécuritaire près de la place du 1er Novembre, en vue d’empêcher les manifestants d’emprunter l’avenue Didouche Mourad.

Les hirakistes ont alors arpenté les Arcades, longeant cette avenue pour se retrouver de nouveau non loin de la place de la Liberté où ils parviendront à briser le second cordon sécuritaire. Sans heurt, ils ont réussi par la suite à continuer leur marche qui les mènera jusqu’à l’avenue des allées du 20 Août 1955.

Des arrestations à Annaba et Jijel

Jamais le cours de la Révolution à Annaba n’a été aussi quadrillé par les engins de la police qu’il ne l’a été hier. Encore plus nombreux, les services de sécurité, en uniforme ou en tenue civile, se sont positionnés dès la matinée dans toutes les issues menant à cette place publique. De 13h jusqu’à 14h30, ils ont procédé à l’arrestation de plusieurs citoyens, hommes et femmes, soupçonnés de venir participer à la marche.

Mais c’était sans compter sur la fermeté des hirakistes qui, vers 15h45, ont resurgi d’un peu partout en scandant : «Doula madania machi askaria !» (Etat civil non militaire). Formant le noyau d’un groupe, grossi au fur et à mesure par l’arrivée de jeunes citoyens, ils ont investi totalement la rue. Un fait accompli, devant lequel les services de sécurité n’ont pas voulu passer à l’affrontement.

Les mêmes faits ont été vécus à Jijel, avec un impressionnant dispositif placé face au siège de la mairie, lieu de départ de la marche, et sur l’avenue Emir Abdelkader, sans pour autant empêcher la manifestation, durant laquelle certains manifestants ont été arrêtés et conduits à la première sûreté urbaine toute proche avant d’être transférés vers le siège de la sûreté de wilaya.

Les marcheurs, qui ont suivi le parcours habituel, ont dénoncé les arrestations et demandé la libération des détenus d’opinion. Ils ont par ailleurs réitéré la demande de l’édification d’un Etat civil et dénié toute légitimité au Président. Cette deuxième marche de la semaine, après celle commémorative du 22 février, a drainé moins de monde que lundi du fait que beaucoup ont dû rebrousser chemin en voyant l’important dispositif mis en place.


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