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L’alliance présidentielle en mouvement pour un 5e mandat

Le passage en force

03 février 2019 à 12 h 02 min

L’alliance présidentielle vient de donner le coup de starter pour le lancement de la campagne pour la candidature de Bouteflika pour un 5e mandat. En attendant, le premier concerné, à savoir le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, ne s’est pas encore prononcé. Dans un élan d’absurdité stupéfiante, les partisans visibles et invisibles de la «continuité» imposent ainsi de poursuivre sur le chemin périlleux du statu quo.

L’impensable est en passe d’advenir, l’irréparable aussi. Après de longues semaines de doute et d’incertitude, le brouillard commence à se dissiper pour lever le voile sur l’absurde et l’invraisemblable candidature de Abdelaziz Bouteflika pour briguer un 5e mandat présidentiel. Le pouvoir, dont la façade est incarnée par les quatre personnages de la coalition gouvernementale, Ahmed Ouyahia, Mouad Bouchareb, Amara Benyounès et Amar Ghoul, semble décidéà effectuer un passage en force pour garder le locataire de Zéralda à la tête de l’Etat.

Réuni hier au siège du parti du FLN, le quatuor a annoncé la candidature de Bouteflika pour l’élection présidentielle du 18 avril prochain. Lourdement handicapé des suites d’un accident vasculaire cérébral depuis avril 2013, Abdelaziz Bouteflika, qui a traversé son 4e quinquennat confiné dans un silence absolu à la résidence médicalisée de Zéralda et sans jamais s’adresser directement aux Algériens, est «convié» à poursuivre sa «tâche».

Comme en 2014, il ne fera pas lui-même son annonce pour solliciter le suffrage des électeurs. C’est une candidature par procuration pour un mandat en viager.

Dans un élan d’absurdité stupéfiante, les partisans visibles et invisibles de la «continuité» imposent ainsi de poursuivre le chemin périlleux du statu quo. Non sans son aggravation. Mais pour quelle mission, lorsque l’on sait déjà que le 4e mandat n’aura servi qu’à accentuer la crise politique, à aggraver l’échec économique et surtout au renforcement du désespoir national ?

Le 5e mandat ne va pas ressembler au précédent. Il ne sera pas la pâle copie. Il va fatalement accélérer la désintégration nationale, accentuer les facteurs de dislocation sociale et rendre irréversible l’effondrement de l’Etat. L’image du pays s’assombrit et la dignité des Algériens s’affaisse.

Les capacités de résistance nationale vont connaître un affaiblissement certain, alors que l’environnement régional et international vit au rythme accéléré des mutations structurelles profondes. Beaucoup trop absente, l’Algérie court le risque d’un isolement dans un monde qui exige d’être proactif. La politique étrangère étant le prolongement de la politique intérieure, le pays risque de se retrouver sans perspective et sans offre sérieuse au double plan interne et externe.

En effet, les adeptes de la «continuité» préparent pour le pays un grand retour à l’époque du noir et blanc. La vente concomitante que les «coalisés» tentent de mettre sur le marché électoral, en assurant qu’au lendemain de la présidentielle, des promesses de «réformes politiques profondes», peut servir d’arguments sérieux pour faire passer le scénario catastrophe d’un autre mandat présidentiel.

Ce qui n’a pas pu être fait en 20 années de règne sans gêne pourrait-il être réalisé en quelques mois dans une situation où la santé du «chef» ne le permet pas ? La question n’appelle pas de réponse. Avec les mêmes visages de la crise, les mêmes politiques inopérantes et les mêmes méthodes brutales, il serait difficile d’imaginer des lendemains heureux et rassurants. Il va sans dire que l’entente tactique et conjoncturelle des acteurs au pouvoir ne tardera pas à se fissurer au soir du 18 avril prochain.

La contrainte de jouer les prolongations, faute d’une alternative interne consensuelle, les contradictions vont vite refaire surface, d’autant que tous les indicateurs nationaux sont au rouge. Ils vont vite se réinstaller dans l’équilibre de la terreur qui a accompagné l’interminable 4e mandat. Tout le monde surveille tout le monde dans un climat de tension permanent. La conséquence est connue de tous.

Des pontes du régime ont vécu l’humiliation, la prison et la déchéance. Cette logique «meurtrière» n’a pas vocation à s’estomper. Elle sera assurément le marqueur de la prochaine étape. Alors que l’état de désordre général dans lequel est propulsé le pays recommande un compromis salvateur, les détenteurs du pouvoir politique en alliance avec des forces extraconstitutionnelles font le pari hautement risqué de confier les rênes à un homme dont la souffrance physique n’a d’égale que celle qui frappe le pays. Un pays assis sur un fauteuil corrodé et immobile.

Les multiples contre-performances accumulées lors du mandat qui s’achève n’ont-elles pas aidé les décideurs à prendre conscience des risques qu’ils font courir au pays ? Manifestement, ils en sont conscients. Mais entre sauver l’Algérie et leur pouvoir, ils ont fait le choix de se maintenir aux commandes, quitte à brûler la maison commune à tous les Algériens.


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