Élections législatives du 12 juin prochain : Le Parti des travailleurs opte pour le boycott | El Watan
toggle menu
mercredi, 20 octobre, 2021
  • thumbnail of elwatan10072021



Élections législatives du 12 juin prochain : Le Parti des travailleurs opte pour le boycott

16 mars 2021 à 11 h 06 min

La décision du PT était prévisible après le discours offensif de Louisa Hanoune contre le pouvoir à l’ouverture des travaux du comité central.

Le Parti des travailleurs (PT) ne participera pas aux élections législatives du 12 juin prochain. La décision a été annoncée par la secrétaire générale du parti, Louisa Hanoune, lors d’une conférence de presse, animée hier à Alger. C’était prévisible après le discours offensif de la patronne du PT contre le pouvoir à l’ouverture des travaux du comité central.

Ce dernier, réuni durant le week-end, a opté à l’unanimité pour le boycott de cette échéance et a tracé un plan d’action d’étape. Selon Louisa Hanoune, il s’agit là d’une décision «stratégique» et «non tactique» au regard des enjeux qui sont posés à la nation depuis le 22 février 2019.

Ce n’est pas la première fois que cette formation politique boycotte un scrutin. En 1991, le parti avait boycotté les législatives parce qu’il sentait, rappelle Mme Hanoune, l’odeur du sang, et en 1997 il n’a pas siégé dans les Assemblées locales.

Le PT s’est retiré des élections locales, a-t-elle rappelé, à cause de la censure exercée contre lui par le ministère de l’Intérieur qui avait alors rejeté son programme électoral. En 1995, le PT n’a pas participé à la présidentielle et il a démissionné de l’APN en 2019, un mois après le déclenchement du processus révolutionnaire. «Le parti en a payé le prix fort, entre autres mon incarcération. Mais le temps nous donne à chaque fois raison. Pour nous, les élections sont certes une question tactique, mais lorsque l’enjeu est majeur, elles deviennent stratégiques», a expliqué Mme Hanoune.

Pour la SG du PT, le parti est un parti de la révolution et une force de combat et non un parti de la réforme. «Nous ne cherchons pas à sauver le système, puisque nous considérons que la crise qui frappe le pays est une crise du système. Pour nous, la solution est de donner la parole au peuple pour qu’il exerce sa pleine souveraineté à travers une Assemblée constituante», a-t-elle expliqué, énumérant une série d’arguments ayant motivé la décision de boycotter le prochain rendez-vous électoral.

«Nouvelles entités politiciennes»

Elle a d’abord fustigé ce qu’elle appelle les «nouvelles entités politiciennes» destinées à «rafler les Assemblées élues» et servir de nouvelles «bases pour le pouvoir». Il s’agit de Nida El Watan qui est un collectif de la société civile récemment constitué qui cache, selon la SG du PT, «le recyclage des anciennes figures des partis du système». «On va, s’est-elle insurgée, vers une mascarade, un cirque». «Il y aura des dizaines de milliers de listes de candidatures et c’est le Trésor public qui les financera. Nous sommes en crise, mais l’Etat encourage la corruption et la dilapidation de l’argent public (…) au moment où on parle de l’abandon des subventions et des transferts sociaux», a-t-elle protesté.

Le PT, selon elle, est persuadé que les «dés sont pipés» et que les «résultats de ce scrutin sont connus d’avance», étant donné que «le jeu électoral a été fermé hermétiquement» par le pouvoir en place. «Ces législatives ne sont pas et n’ont jamais été une revendication populaire. Le peuple milite pour faire partir le système et non pour le rafistoler. Ces législatives programment la liquidation du multipartisme et c’est une tentative malheureuse et misérable de sauver un système obsolète et non réformable», a-t-elle lancé.

Poursuivant, elle a mentionné les atteintes aux droits de l’homme et la fermeture médiatique totale qui sont autant d’obstacles infranchissables et qui ne permettent pas la confrontation d’idées et de programmes.

Pour le PT, ces élections ne contribuent pas au «renforcement de l’unité de la nation» et ne constitueront nullement l’amorce du «démantèlement du système obsolète, hérité du modèle de parti unique et contre lequel la majorité du peuple s’est révoltée et s’est soulevée».  Bien au contraire, ces élections, a estimé Louisa Hanoune, font partie d’un processus électoral qui a été imposé au peuple au lendemain de la démission de Abdelaziz Bouteflika, et ce, pour sauver le système et imposer son maintien. Louisa Hanoune a également dressé un tableau noir de la situation qui prévaut sur les plans social, économique et politique.

Et, a-t-elle ajouté, le prochain rendez-vous électoral ne résoudra pas les problèmes socioéconomiques qui étranglent la majorité des Algériens et ne corrigera pas les politiques antisociales et antipopulaires que le gouvernement met en œuvre. «Ces élections ne permettront même pas l’adoucissement et encore moins l’arrêt de la souffrance de la majorité du peuple épuisé et ne renforceront pas la démocratie», a-t-elle insiste. La patronne du PT a considéré que «le nouveau code électoral est extrêmement dangereux».

Pour elle, «c’est un dispositif politique tout autant dangereux que le pouvoir a mis en place pour caporaliser les institutions élues via une société civile préfabriquée». Le prochain scrutin, a-t-elle mis en garde, vise «l’étranglement du multipartisme et de l’indépendance des syndicats et des associations», et par conséquent «la destruction de la démocratie politique», en vue de «mettre en place un système totalitaire» et «légaliser la corruption politique et sa généralisation».


Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!