Le mouvement reprend du souffle à l’est du pays | El Watan
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mardi, 30 novembre, 2021
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Le mouvement reprend du souffle à l’est du pays

On avait parié sur son essoufflement, mais voilà que le hirak recommence à mobiliser les foules, depuis la reprise des marches le 22 février dernier, après une année d’arrêt forcé à cause de la pandémie de Covid-19.

Hier à Constantine, quelques centaines de manifestants étaient déjà au rendez-vous à la place des Martyrs, avant que près d’un millier de personnes ne se rassemblent, face à un déploiement relativement moins important des forces de l’ordre, qui se sont contentées d’observer un mouvement qui s’est déroulé sans incident. A noter le retour progressif des femmes, encore moins nombreuses par rapport à la fameuse marche du lundi 22 février.

«Le hirak a toujours été pacifique et le restera ; nous continuerons à revendiquer tout ce qui a marqué ce mouvement depuis le 22 février 2019, c’est-à-dire le départ du système, l’instauration d’un Etat civil, l’indépendance de la justice et la liberté de la presse, entre autres, des principes pour lesquels nous continuerons de militer et de manifester chaque vendredi», a affirmé Ryadh, un habitué des marches du vendredi à Constantine, où l’on a remarqué le retour du drapeau amazigh porté par des jeunes.

Mais ce qui a particulièrement marqué ce 108e vendredi à Annaba a été l’absence des véhicules de la police tout autour du Cours de la Révolution, la plus importante place publique de la ville, avons-nous constaté sur place. Ce qui a encouragé le mouvement populaire à s’ébranler un peu plus tôt, vers 14h.

En cette journée ensoleillée, il y avait toutes les catégories et classes sociales : des universitaires du collectif NUR, des avocats et des centaines de citoyens.

On avait l’impression d’être aux premiers jours du hirak de 2019 sur le même itinéraire. A la limite des festivités, cette ambiance a été marquée par les youyous des femmes et les slogans des jeunes des deux sexes. Ce qui n’a pas empêché, cependant, les manifestants à exprimer leur hostilité à l’encontre du pouvoir en place. Aucun incident majeur n’a été déploré. Bien qu’ils aient opéré plusieurs arrestations de jeunes au centre-ville, les services de sécurité, en tenue civile ou en uniforme, sont restés discrets. A Skikda, des centaines de personnes sont descendues encore dans la rue répondant ainsi à la décision du pouvoir de convoquer le corps électoral.

Loin des foules habituelles, les hirakistes ont entamé leur marche à partir de Bab Kcentina pour regagner la place du 1er Novembre et revenir plus tard sur leurs pas dans un long itinéraire qui les a menés jusqu’au stade du 20 Août 1955. En plus des groupes habitués à ce mouvement populaire, d’autres citoyens venus des agglomérations voisines de Skikda  ont pris part à cette longue marche en scandant les mots d’ordre propres au hirak. Chose qui a été vécue également à Jijel, où la marche a bien eu lieu, en dépit d’un important dispositif de sécurité. Elle s’est ébranlée de la cité Chahid Hocine Hellala au centre-ville de Jijel avec une présence réduite de manifestants. Au fur et à mesure, des grappes de personnes investissaient la procession pour se joindre aux manifestants vers la fin de la rue des Moudjahidine.

Bien que moins nombreux que la dernière fois, les manifestants ont réitéré les mêmes slogans visant l’établissement d’un Etat civil, rejetant les partis partants pour les tout autant rejetées prochaines législatives. Les allégations de torture rapportées par des activistes arrêtés continuent elles aussi de susciter des slogans réprobateurs et des dénonciations de leurs auteurs. Cette marche a été aussi l’occasion de redécouvrir l’emblème amazigh après une longue éclipse. Dans la wilaya d’Oum El Bouaghi, c’est la ville de Aïn Beïda qui a marqué le plus l’événement avec des marches qui commencent à drainer un nombre beaucoup plus important.

Les jeunes sont toujours là pour scander les slogans chers au hirak. Ils ont déployé des banderoles et  porté des écriteaux sur lesquels on pouvait lire les revendications du peuple. Comme d’habitude, après le rassemblement sur la place du square public, les hirakistes ont entamé leur marche en empruntant le même itinéraire, soit le tour du grand carré de la ville.


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