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lundi, 06 décembre, 2021
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DOSSIER : Pandémie, incendies, pénurie d’eau, pouvoir d’achat, crise sociale…

Le moral des Algériens en baisse

10 octobre 2021 à 11 h 40 min

Crise de l’oxygène médical au plus fort de la troisième vague de la Covid, pertes massives d’emplois, cherté de la vie, incendies ravageurs de cet été cauchemardesque… Autant d’épreuves qui ont fatalement affecté le moral des Algériens, plongeant un grand nombre de personnes dans le désarroi le plus profond. A travers ce dossier que nous publions en deux parties, il est question justement d’explorer quelques aspects de cette problématique du «mental», cette «détresse psychologique» que nous observons chez nombre de nos concitoyens (en se gardant scrupuleusement de toute généralisation hasardeuse). Un sujet qui prend tout son sens alors que nous célébrons ce 10 octobre la Journée mondiale de la santé mentale…

Le 13 août dernier, une psychologue clinicienne interrogeait à travers sa page Facebook : «Comment va votre santé mentale ?» Les réponses, dans leur écrasante majorité, exprimaient très clairement un profond mal-être. Florilège : «Au plus bas» ; «Je suis traumatisée» ; «Une boule sur le cœur, au bord du malaise» ; «Beaucoup d’attaques de panique ces deux derniers mois.

Borderline» ; «Très très très mal, on a besoin justement de votre aide» ; «Triste, outrée, déçue» ; «Triste, déprimée, les choses vont de mal en pis» ; «Trop stressé et dégoûté ces derniers temps, avec tout ce qui se passe» ; «Traumatisée, anéantie, furieuse, angoissée» ; «Stressée, inquiète, mal au cœur» ; «Triste, déprimée» ; «A fleur de peau» ; «Forte envie de pleurer» ; «Au plus bas, vraiment» ; «Fatiguée, dégoûtée, traumatisée, triste…» ; «Je ne vais pas bien, j’ai besoin de soutien psychologique mais je n’ai pas les moyens de consulter» ; «Déprimé : incendies, morts, pas d’oxygène» ; «J’ai eu une crise d’angoisse, tout est attristant autour de nous. Rabbi yjib el khir»…

Et on le voit, on le sent, autour de nous : cette angoisse diffuse, ce sentiment d’anxiété. Entre les vagues successives de la pandémie, la pénurie d’oxygène médical, les incendies, les pertes massives d’emplois, la flambée des prix, les coupures d’eau, l’affaire Djamel Bensmaïn…nous avions toutes les raisons de craquer.

Et on se souviendra longtemps de cet été 2021 de tous les cauchemars. Au-delà de ces événements particulièrement traumatisants, c’est tout le climat général qui nourrit ce sentiment d’inquiétude, de malaise, d’absence de perspectives, cette peur du mot «futur»… Un constat illustré par les flux spectaculaires de harraga, dont le nombre a explosé ces derniers mois.

«La santé mentale est un enjeu majeur de santé publique»

En évoquant cet état de malaise, de moral en berne, voire de détresse psychique chez nombre de personnes durement affectées par tout ce climat délétère, cela nous amène à nous interroger sur la santé mentale en Algérie et les conditions de sa prise en charge.

Sous le titre «Promotion de la santé mentale en Algérie : faire face aux nouveaux défis, développer des réponses adaptées», un document du ministère de la Santé daté d’octobre 2018, élaboré à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale célébrée le 10 octobre de chaque année, aborde justement dans le détail cette question en insistant sur le fait que la santé mentale «représente un enjeu majeur de santé publique», amenant le gouvernement à mettre en œuvre le «Plan national de promotion de la santé mentale 2017-2020».

Le rapport du ministère définit la santé mentale comme un «état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté. Elle représente un enjeu majeur de santé publique».

Selon des estimations de l’OMS citées dans ce document, «10% de la population adulte mondiale, soit environ 450 millions de personnes, souffrent de troubles mentaux. Une personne sur quatre dans le monde développera au cours de son existence un trouble mental, quelle qu’en soit la forme».

Suite de l’article dans l’édition papier


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