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Le ministre de la Santé réagit à la polémique sur les traitements anticancer : «Les prix de certaines molécules innovantes sont hors de portée, y compris pour les pays développés»

10 février 2020 à 10 h 10 min

Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière rappelle, dans un communiqué rendu public, que la question relative aux traitements innovants relève de la compétence des experts en oncologie. «L’acquisition et la prescription des traitements innovants relèvent de l’avis des experts qui ont l’expertise à même de confirmer le rapport entre le service médical rendu (SMR) et l’aspect économique dans le cadre de la pharmaco-économie», lit on dans le communiqué parvenu, hier, à notre rédaction.

Et de préciser que plus de 60,5 milliards de dinars ont été mobilisés en 2018 pour l’acquisition des médicaments des classes de la cancérologie et de l’hématologie, soit 2 fois plus par rapport à l’année 2015. Une précision qui vient mettre un terme à la polémique engagée suite aux déclarations de l’actuel ministre de la Santé, le Pr Abderrahmane Benbouzid, à ce propos en évoquant les contraintes budgétaires qui empêchent l’accès à toutes les molécules innovantes, à l’ouverture des travaux des 8es Rencontres sur le cancer du sein et la prise en charge des tumeurs cérébrales organisées, samedi, par la société de formation et de recherche en oncologie à Alger.

Le ministre de la Santé a souligné, dans son discours, qu’en terme d’amélioration de l’offre de soins en oncologie, «outre la multiplication des centres anticancer (…), il y a une disponibilité satisfaisante des médicaments d’oncologie. Il faut reconnaître que la situation économique du pays ne permet pas l’introduction de toutes les molécules innovantes et l’immunothérapie, dont les prix sont hors de portée même pour les pays développés et dont l’efficacité pour certaines localisations cancéreuses n’est pas dûment établie», a-t-il déclaré.

Des propos qui auraient été mal interprétés par la presse nationale et qui ont suscité de vives inquiétudes au sein de la corporation et des patients. Interrogé à ce propos, le Pr Kamel Bouzid, chef de service d’oncologie au CPMC, salue la décision du ministre de la Santé et estime : «Des malades ont besoin de ces traitements pour certaines localisations et ils sont aujourd’hui identifiés. Il suffit de mettre les moyens financiers nécessaires au profit des établissements qui seront également identifiés et commander les quantités nécessaires. Seuls les patients éligibles peuvent bénéficier de ces thérapies prescrites par des oncologues qualifiés et expérimentés. Ces malades seront traités et suivis selon les recommandations retenues.»

Il signale que les coûts de ces traitements innovants estimés à 30 millions d’euros sont l’équivalent des prises en charge pour soins à l’étranger accordées par la Sécurité sociale. Quant aux déclarations du ministre, rapportées par certains organes de presse, le Pr Bouzid estime : «De mon point de vue, il y a eu une mauvaise interprétation volontaire ou non du discours du ministre par certains journalistes, notamment Ennahar, mais je ne pense pas que le Pr Benbouzid de par sa fonction de médecin avance de telles assertions.» Pour rappel, une trentaine de molécules innovantes (thérapie ciblées et immunothérapie), dont deux médicaments relevant de l’immunothérapie (Pembrolizumab et Nivolumab) jugés prometteurs dans plusieurs types de cancers aux stades avancés, ont suscité de nouvelles attentes tant chez les oncologues que chez les patients qui ont été enregistrés en janvier 2018.

Leur mise sur le marché tarde à venir, vu leur prix onéreux et l’insuffisance des budgets hospitaliers. Des discussions ont été entamées, à maintes reprises, entre le ministère de la Santé, à sa tête les deux ministres respectifs le Pr Hasbellaoui et le Dr Miraoui, et les oncologues experts, mais aucun accord n’a été encore trouvé pour l’introduction ou non de ces médicaments. Pourtant des engagements avaient été pris par ces deux ministres à travers leurs déclarations publiques.



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