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Le ministère de l’Intérieur répond aux accusations du rapporteur de l’ONU : Les migrants clandestins deviennent «un moyen de pression»

14 octobre 2018 à 3 h 24 min

En dénonçant les expulsions de migrants vers le Niger, le rapporteur spécial sur les droits des migrants semble ignorer que ces opérations de reconduction sont menées avec l’accord du gouvernement nigérien, tout comme il feint d’ignorer la gravité de la crise migratoire qui frappe la région et que subit l’Algérie…».

C’est la réponse de Hassan Kacimi, directeur au ministère de l’Intérieur – à qui est confié le dossier du flux migratoire –, aux graves propos du rapporteur spécial de l’Onu sur les droits des migrants, Felipe Gonzales Morales, élaboré à la fin de sa mission au Niger du 1er au 8 octobre.

D’un ton sévère, ce dernier avait demandé à l’Algérie de «cesser immédiatement les expulsions collectives de migrants vers le Niger», affirmant que ces derniers étaient «raflés à leurs domiciles en pleine nuit sans même avoir le temps de s’habiller, de prendre leurs affaires et leurs économies (…), pour être emmenés dans des postes de police» où «ils sont battus puis déportés par bus vers la frontière du Niger, où ils doivent marcher pour rejoindre la ville la plus proche», en notant que «bon nombre de ces migrants travaillaient en Algérie, où leurs enfants sont nés et sont scolarisés».

En clair, les propos de l’envoyé onusien accablent tout simplement l’Algérie, en l’accusant de maltraiter les migrants. «Faux», rétorque Hassan Kacimi. «Les déclarations de Gonzales sont loin de la réalité. Il ne fait que charger l’Algérie, alors que notre pays consent des efforts et des moyens monumentaux pour assurer les meilleures conditions aux opérations de reconduction des migrants clandestins vers les pays d’où ils ont franchi les frontières. Pas moins de 52 000 migrants clandestins ont été secourus par l’Algérie. La prise en charge humanitaire coûte annuellement un peu plus de 12 millions d’euros, et jusque-là quelque 32 000 personnes ont été rapatriés après avoir bénéficié d’une assistance médicale et sociale. Il se trouve que le Niger, plus précisément Agadez, est devenu la plaque tournante des réseaux de passeurs et de la traite de migrants.

C’est dans cette région que ces derniers sont maltraités et abandonnés dans le désert à quelque 500 km de la frontière avec l’Algérie, qu’ils traversent dans des conditions inhumaines. L’écrasante majorité des 35 000 migrants jusque-là reconduits aux frontières font partie des réseaux de mendicité. Le rapporteur de l’Onu semble avoir entendu un seul son de cloche, celui des parties impliquées directement dans ces trafics de migrants et qui n’a pas intérêt à ce que cette activité lucrative s’arrête. Il ne faut pas oublier qu’à Agadez, ils sont quelque 7000 passeurs, équipés de près de 14 000 véhicules tout-terrain, organisés en bandes armées, qui assurent le convoyage des migrants nigériens mais aussi de ceux qui viennent de l’Afrique de l’Ouest», explique M. Kacimi. Selon lui, les ressortissants de cette région circulent librement entre les Etats, en vertu d’un accord entre les pays.

400 migrants par jour

«Ne pouvant rejoindre l’Algérie par le Mali et la Libye, pour des raisons de sécurité, le Niger se présente comme unique porte, et Agadez s’est vite transformée en une place forte de la traite des migrants, les recettes générées par ce trafic sont colossales, estimées à 140 millions d’euros par mois. Le rapport ne fait pas mention de cette situation inquiétante, il y a là un parti pris», conclut M. Kacimi. Selon lui, chaque jour, quelque 400 migrants tentent d’entrer ou entrent illégalement en Algérie, dont une très forte proportion a eu des démêlés avec la justice pour des faits de droit commun liés à la criminalité.

A en croire le responsable, il y a une volonté délibérée d’utiliser le dossier des migrants comme moyen de pression sur l’Algérie dans le but de l’obliger à ouvrir ses frontières et à installer des centres de rétention pour clandestins. Ce que l’Algérie rejette catégoriquement. Abondant dans le même sens, le ministère des Affaires étrangères a rejeté globalement et dans le détail les «assertions» du rapporteur onusien, exprimé son étonnement du contenu de sa conférence de presse et demandé des explications aux représentants de l’OIM (Organisation internationale pour les migrations), devenus un vecteur de propagande alimentant et entretenant depuis des mois une campagne de désinformation contre l’Algérie.

Dans un communiqué, le département de Abdelkader Messahel estime que le rapporteur «a outrepassé les limites de son mandat et prend pour vérité les allégations des personnes reconduites à la frontière pour séjour illégal». Et de rassurer : «Les opérations de reconduite aux frontières des migrants illégaux vont se poursuivre dans le respect de la dignité des personnes en application des lois, en conformité avec les dispositions des conventions internationales ratifiées et en application des accords bilatéraux de réadmission.» Tout comme il indique que «l’Algérie continuera, de concert avec les pays d’origine et de transit, à mener une lutte implacable contre la traite humaine et les réseaux de passeurs qui font partie intégrante de la lutte globale contre le crime organisé transnational».

En tout état de cause, la sortie du rapporteur onusien sur la question des migrants clandestins intervient quelques mois seulement après les déclarations saluant les efforts de l’Algérie en matière de prise en charge de ce fléau, non seulement du représentant, à Alger, du Haut commissariat aux réfugiés, mais aussi de celui de l’OIM, et ce, après qu’ils aient pris part, en compagnie de nombreux journalistes, à une grande opération de rapatriement par route de Nigériens, majoritairement des femmes et des enfants.

Les deux responsables ont constaté de visu les moyens mis en place et les conditions de prise en charge humanitaire et sanitaire des migrants, accompagnés jusqu’au Niger. On s’interroge sur les motivations de ces sorties médiatiques qui ont tendance à se manifester épisodiquement pour mettre en accusation l’Algérie, dans ce phénomène humanitaire qu’elle subit seule et avec ses fonds propres…



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