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mercredi, 25 novembre, 2020
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Examens de fin d’année au temps de la Covid : Le juteux business des cours particuliers

27 août 2020 à 10 h 01 min

Les examens de fin d’année sont prévus dans moins de dix jours. Une période où des enseignants se font des recettes énormes avec leur nouveau business : les cours particuliers. En 2018, le nombre d’enseignants donnant des cours particuliers ne dépassait pas les 3500. Aujourd’hui et à quelques jours des examens de fin d’année, cette exception est devenue la règle, voire même une obligation.

«Je donne des cours de soutien en maths et sciences physiques. Particulier ou groupe de six au max dans mon domicile ou au domicile de l’élève. Je propose une prise en charge totale de votre enfant jusqu’ aux examens», écrit un enseignant. Cette annonce faite sur Ouedkniss fait partie d’une longue liste d’annonces similaires.

Le nombre de consultations se compte par milliers. Cours de perfectionnement, déplacement à domicile, excellente préparation des examens du bac et du BEM, expérience de 13 ans dans les écoles privées, sont autant d’arguments, voire d’appâts qu’utilisent ces enseignants pour attirer une clientèle prête à payer une fortune pour la réussite de leur progéniture.

«J’ai deux enfants. La fille passe le BEM et le garçon est en terminale Sciences. Même si ma fille est brillante, passer les épreuves du brevet est obligatoire pour elle étant donné qu’elle a été malade durant le 2e trimestre et ses notes ne lui permettent pas le passage vers le lycée. Lui faire faire des cours particuliers est plus que vital. Idem pour le garçon dont les cours de mathématiques, sciences-physique et sciences naturelles me coûtent les yeux de la tête», rétorque Salima, employée dans une compagnie d’assurances.

Un juteux business

Les prix ? Inimaginables mais vrais. Ils changent selon les prestations données. Une heure de cours des matières essentielles, à savoir maths, physique et sciences pour les classes de terminale coûtent entre 1500 et 2500 DA en groupe. Le prix augmente jusqu’à 3500, voire 4000 DA si l’enseignant se déplace à domicile.

Un élève a certainement besoin de plus d’une heure de cours. Très vite la note devient effectivement salée. Les parents se retrouvent ainsi souvent à payer entre 6000 et 12 000 DA pour une simple heure de cours dans chacune des matières essentielles. Pour le BEM, les prix sont un peu moins élevés, mais nous restons pratiquement dans la même fourchette.

Dans cette course aux gains, toutes les possibilités sont imaginables. Parce que la fin justifie les moyens, des enseignants travaillent même de nuit. Les 24 heures de la journée sont insuffisantes pour répondre à la demande. D’autres ont carrément transformé leur maison en centre de soutien scolaire. Ils commencent leur «travail» à 5 heures du matin pour terminer après minuit.

Pour ne pas perturber le cours de vie de leur famille, d’autres ont loué des garages. «Je connais quelqu’un qui a loué une salle des fêtes à longueur d’année pour recevoir les élèves. La fortune qu’il s’est faite lui permet même de recruter un agent de sécurité. D’autres louent des salles de cours dans les écoles privées. Ils se font un argent fou, loin de toute réclamation fiscale», déclare Boualem Amoura, président du Satef.

Et la Covid… ?

En ces temps très serrés d’avant les examens de fin d’année, trouver un enseignant qui accepte «d’aider» un candidat relève de l’impossible. C’est presqu’identique à la quête d’un maçon, d’un plombier ou d’un électricien à la veille du mois de Ramadhan. Il faut avoir des connaissances dans le secteur et payer cher pour bénéficier de cette assistance pédagogique privée et payante.

«Dans tous les pays du monde, les cours particuliers existent certes. Toutefois, ils sont réglementés et obéissent à des conditions très strictes. Ceci contrairement à notre pays, où l’anarchie et l’arnaque règnent en maîtres et imposent leurs prix. En tant qu’association nationale des parents d’élèves, nous sommes conscients de la gravité de la situation.

C’est la raison pour laquelle nous demandons la réglementation de cette filière qui s’impose aujourd’hui comme un nouveau secteur d’activité parallèle à l’enseignement public», déclare Khaled Ahmed, président de l’Association nationale des parents d’élèves avant d’insister sur le non-respect des mesures de prévention contre la Covid-19.

En effet, dans la majorité des cas relevés, la distanciation physique, le port de masque, encore moins l’utilisation du gel hydroalcoolique sont loin d’être respectés. De plus, accorder des cours particuliers à un nombre important d’élèves dans des espaces fermés encourage la propagation de la pandémie.

Au début du mois de juillet, des opérations coup-de-poing menées par les agents de la Sûreté nationale ont permis de mettre la main sur plusieurs enseignants accordant des cours particuliers loin de toute mesure d’hygiène ou geste barrière. Depuis cette date, plus aucune opération du genre n’a été entreprise, ou du moins dévoilée au grand public.

Il est à rappeler que du temps de l’ex-ministre Nouria Benghebrit, une grande campagne contre les cours particuliers a été lancée. Une enquête menée à l’époque avait donné le chiffre de 3200 enseignants donnant des cours de soutien. Avec ces six mois de confinement et ces examens organisés en retard, le nombre a certainement pris des proportions nettement plus importantes. 

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