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Revendications populaires

Le hirak à la croisée des chemins

20 octobre 2020 à 10 h 50 min

Depuis la rentrée sociale, des tentatives de reprise ont été enregistrées ça et là, mais sans arriver à mobiliser les grandes foules qu’il a connues durant un peu plus d’une année, comme ce fut le cas le 5 octobre dernier, lorsque des manifestants ont essayé de battre le pavé dans la capitale.

Le hirak aujourd’hui est à la croisée des chemins. Beaucoup parmi les militants et activistes se posent des questions quant à l’avenir du mouvement populaire né un 22 février 2019 et qui, pour cause de coronavirus, a dû suspendre ses manifestations des vendredis et mardis, d’autant que le pays est à quelques jours d’une autre étape de la feuille de route du pouvoir en place, qui est le référendum sur la nouvelle Constitution.

Depuis la rentrée sociale, des tentatives de reprise ont été enregistrées ça et là, mais sans arriver à mobiliser les grandes foules qu’il a connues durant un peu plus d’une année, comme ce fut le cas le 5 octobre dernier, lorsque des manifestants ont essayé de battre le pavé dans la capitale.

Le hirak pourra-t-il retrouver la mobilisation qu’il avait connue, sachant que, par exemple, la crise sanitaire est partie pour durer encore quelque temps, tandis que des militants et des activistes se font toujours arrêter pour divers motifs, mais principalement pour des publications sur les réseaux sociaux ?

Une initiative à laquelle ont pris part des «animateurs» du hirak a vu le jour récemment. Une polémique s’en est suivie au sujet des objectifs avoués ou inavoués des uns et des autres parmi ceux qui y ont pris part. Mais celle-ci a justement lancé un débat au sujet de l’avenir du mouvement.

Pour le vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), Said Salhi, «le hirak est une lame de fond qui traverse la société qui est toujours là». «C’est une expression populaire qui ne se résume pas aux marches du vendredi», a-t-il ajouté, avant d’affirmer qu’effectivement «il y a une situation difficile», marquée par «beaucoup de questionnements quant à l’avenir».

Ceci en plus, signale-t-il, de «la volonté du pouvoir d’en finir avec le hirak». Néanmoins, estime celui-ci, «les acteurs du hirak qui croient au changement sont toujours là» puisque «il y a un travail qui se fait pour permettre le retour du mouvement sous d’autres formes». Said Salhi cite aussi, à cet effet, les différents débats et discussions qui sont menés, notamment, sur les réseaux sociaux.

D’autres formes de contestation

C’est dans ce contexte de questionnements que l’initiative dite «Al Massar Al Jadid» (le nouveau processus) a intervenu. L’un de ses animateurs, l’avocat Hachem Saci, a essayé de justifier sa position, d’autant que la première rencontre, organisée à l’hôtel Al Djazair ex-Saint-Georges, de cette «initiative» a vu la participation d’une figure controversée du PFLN et qui, de surcroît, était une pourfendeuse du mouvement populaire.

Les «hirakistes» ayant pris part à cette rencontre ont opté, selon toute vraisemblance, et d’après leurs dires, pour la stratégie du «changement de l’intérieur». Ayant conclu que le hirak s’est affaibli, ceux-là ont estimé qu’il était temps de «dialoguer» pour «arracher» ce qui peut l’être.

A ce sujet, Said Salhi évoque un problème d’«autonomie par rapport au système» et de «proximité» avec une feuille de route élaborée par ce dernier. De plus, ajoute-t-il, «le changement dans le système a déjà échoué», celui-ci ayant montré son indisponibilité à changer quoi que ce soit. En somme, aujourd’hui, les uns et les autres se posent des questions par rapport à la suite des événements.

Si quelques-uns ont choisi de rejoindre des initiatives, comme celle de «Al Massar Al Jadid», d’autres préfèrent réfléchir à d’autres formes de contestation ou à des démarches qui, d’après eux, seraient en droite ligne des revendications exprimées par les manifestants du hirak. L’équation est difficile, dans un contexte extrêmement particulier, mais ceux-là comptent sur le fait que les raisons profondes à cause desquelles est né ce mouvement populaire sont toujours là.

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