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Refus du comité économique d’augmenter les prix des médicaments

Le groupe pharmaceutique Saidal en péril

04 février 2019 à 10 h 45 min

Le groupe Saidal, fleuron de la production de médicaments génériques en Algérie, qui a engagé durant ces dernières années de grands investissements, pourrait être affaibli et voir sa situation financière dégringoler.

L’entreprise, classée aujourd’hui deuxième en termes de volume après le laboratoire français Sanofi, est confrontée à la contrainte de ses prix des médicaments les plus bas sur le marché local par rapport aux fabricants concurrents. La moyenne des prix des produits de Saidal est de 140 Da. Ce qui a impacté négativement le développement de l’entreprise, d’où la réduction des investissements et le recul de la production.

L’entreprise, qui s’apprête à rembourser les prêts accordés par l’Etat en 2009 – 18 milliards de dinars dans le cadre de son plan de développement – à partir de cette année 2019, peine déjà à trouver les financements nécessaires alors qu’elle a pu enregistrer une forte croissance et réussi à maintenir le cap de la progression au cours de cette dernière décennie.

Le groupe public a enregistré un résultat net de 1,8 milliard de dinars en 2017 et 953 millions en 2018. Elle puise déjà dans ses bénéfices au lieu de les réinvestir.

Cela n’a pas pour autant empêché le groupe d’entrer en Bourse, d’approvisionner le marché en quantités importantes de produits ces derniers mois, notamment les produits injectables, malgré la délocalisation de l’usine d’El Harrach.

Des demandes de réévaluation des prix adressées au comité économique présidé par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière sont restées lettre morte. Le dernier rapport remonte déjà à une année, mais aucune réponse n’a été introduite. «Aucune notification pour le refus ou l’accord de l’augmentation des prix demandée n’a été faite à ce jour par le comité.

Les demandes sont restées sans suite», nous confie une source proche du dossier qui ne manque pas de relever que «Saidal est traité de la même manière que ses concurrents qui pratiquent des prix plus élevés».

«Il y a une concurrence déloyale déguisée», souligne notre source, qui précise que la demande de la réévaluation des prix a été suggérée pour certains produits, sachant que les autres fabricants les vendent plus cher avec une moyenne de 200 DA, tout en ayant la possibilité de faire la promotion que Saidal ne peut pas faire, la vente concomitante et les unités gratuites offertes.

Entraves à l’industrie

La baisse des prix exigée par le comité économique à tous les opérateurs ces dernières années a également touché Saidal, dont les prix sont en moyenne 50% moins chers que ceux des autres fabricants. Ce qui inquiète d’ailleurs le ministère de l’Industrie et des Mines, qui n’a pas manqué d’interpeller, à travers son représentant, le comité économique lors de sa dernière réunion. «Ce qui aurait soulevé un tollé au sein de ce comité qui justifie son opposition à la réévaluation des prix de Saidal par le fait que les autres fabricants doivent aussi en bénéficier.

Qu’est-ce qui empêche le comité de le faire, sachant que les coûts de la production ont connu une augmentation, un coût dépassant les prix appliqués réellement à la vente ? Ce qui a poussé, d’ailleurs, certains producteurs locaux à abandonner la fabrication de médicaments qui sont actuellement en rupture», ajoute notre source.

Et de s’interroger sur l’avenir de Saidal qui se retrouve aujourd’hui à travailler et à vendre à perte alors que la loi l’interdit.

Le groupe Saidal, rappelle notre source, qui a servi en 2012 pour la mise en place des tarifs de référence des médicaments génériques, voit aujourd’hui les parts de marché qu’il détenait il y a quelques années se réduire à hauteur de 50%. «Ces pertes varient entre 5 et 10%, selon les produits. Saidal, l’entreprise citoyenne, qui emploie aujourd’hui plus de 3000 personnes, dont la majorité sont des jeunes diplômés des grandes facultés et universités, a servi de chair à canon», regrette notre source, qui rappelle que «le groupe Saidal est synonyme de qualité et gage d’avenir. Il jouit depuis 20 ans d’une notoriété solide».

La révision des prix des médicaments à la hausse s’impose aujourd’hui, vu le contexte économique actuel, sont unanimes à déclarer les opérateurs en pharmacie. «L’industrie pharmaceutique algérienne risque de s’effondrer», a-t-on averti. D’ailleurs, l’Union nationale des opérateurs de la pharmacie (UNOP) a introduit, il y a deux ans, une réévaluation des prix de 200 médicaments, mais les autorités n’ont toujours pas répondu à cette demande.

«Ce qui a conduit à l’abandon de certains produits», a noté le Dr Abdelouahed Kerrar, président de l’UNOP. Et de préciser que le prix des médicaments en Algérie est le plus bas des pays benchmarkes.

«Ce qui entrave l’évolution de cette jeune industrie et impacte sur la qualité des produits», a-t-il souligné en plaidant pour un réajustement des prix à partir de certaines variations par rapport à l’inflation et à la dévaluation du dinar. Le président de l’unop appelle également à la suppression du système de marge plafonnée à 20% pour les producteurs, vu que les prix sont négociés

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