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lundi, 29 novembre, 2021
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Transferts de devises à partir de l’étranger : Le gouvernement courtise les émigrés

10 novembre 2021 à 12 h 03 min

«Les transferts de devises des Algériens étaient de seulement 1,7 milliard de dollars.» «Ce montant ne reflète pas pleinement les capacités de notre communauté nationale à l’étranger, compte tenu notamment de son nombre et de son poids économique», selon le Premier ministre.

Le gouvernement veut capter plus de transfert de devise de la diaspora. Le Premier ministre, Aïmene Abderrahmane, invite les ambassadeurs et les diplomates algériens à faire un effet supplémentaire de direction des immigrés pour bénéficier de leur apport au développement économique du pays.

«Le développement qu’a connu notre communauté à l’étranger, au cours des dernières décennies, lui permet d’apporter une contribution qualitative et importante à l’amélioration du niveau de développement de notre pays, à travers des investissements à forte valeur ajoutée», lance-t-il.

Dans un discours prononcé, hier, devant les participants à la Conférence des chefs des missions diplomatiques et des consuls algériens, qui se tient depuis lundi dernier à Alger, le premier responsable du gouvernement met l’accent sur «le faible niveau de transferts des devises de l’immigration algérienne». Il cite des chiffres, dont les données du rapport de la Banque mondiale publié en 2019.

Selon lui, ce document souligne que «les transferts en devises des Algériens étaient de seulement 1,7 milliard de dollars». «Ce montant ne reflète pas pleinement les capacités de notre communauté nationale à l’étranger, compte tenu, notamment, de son nombre et de son poids économique», précise-t-il. Et de souligner : «La valeur de ces envois de fonds est actuellement très faible par rapport aux pays qui ont une communauté beaucoup plus petite que la nôtre.»

Aïmene Benabderrahmane donne également un autre chiffre, plus actualisé visiblement. «Les envois des Algériens n’ont pas dépassé 3,2 milliards de dollars en moyenne annuelle, y compris les envois de retraités à l’étranger, au cours des trois dernières années, soit près de 2% du PIB (produit intérieur brut)», indique-t-il, rappelant que «les envois de fonds vers l’Afrique subsaharienne ont atteint 44 milliards de dollars en 2019». «Ces envois de fonds augmentent rapidement et dépassent désormais les niveaux d’aide publique au développement et d’investissement étranger direct en Afrique subsaharienne», dit-il.

L’orateur cite aussi d’autres exemples de pays qui bénéficient des fonds de leurs citoyens de l’étranger, à l’image de l’Inde (83,1 milliards de dollars), la Chine (68,4 milliards de dollars), le Mexique (38,5 milliards), les Philippines (35,2 milliards de dollars), l’Egypte (26,8 milliards de dollars), le Nigeria (24,3 milliards de dollars) et le Pakistan (21,0 milliards de dollars).

«Changer cette situation dès que possible»

Il appelle ainsi à remédier à cette situation. «En raison de l’absence, à ce jour, d’un réseau bancaire propre à notre pays, l’Algérie bénéficie peu des envois de fonds de notre communauté à l’étranger. Par conséquent, il est devenu nécessaire de changer cette situation dès que possible», insiste-t-il.

Soulignant que les émigrés jouent un rôle positif et apportent une valeur ajoutée à l’économie, à la société et à la culture, il affirme «qu’il est maintenant devenu nécessaire de mettre en place une nouvelle organisation pour permettre à cette communauté de participer à la construction nationale. Il définit les axes du travail à privilégier, dont l’instauration d’un climat de confiance, qui reste essentiel, grâce à l’utilisation de la technologie comme moyen d’assurer la transparence lors de la mise en œuvre des interventions de la diaspora».

Il préconise également des mesures «concrètes pour motiver les membres de la diaspora à investir dans des projets économiques, à les impliquer dans la stratégie de promotion des exportations hors hydrocarbures et à apporter leur épargne à travers les banques et agences qui s’ouvrent à l’étranger».

L’intervention du Premier ministre intervient, rappelons-le, au moment où, en France, une polémique s’est installée après des appels à faire des transferts en devise des immigrés une carte de pression sur leurs pays d’origine.

Le dernier à faire une déclaration dans ce sens est le socialiste et candidat à la prochaine présidentielle française, Arnaud Montebourg. Il propose «le blocage des transferts d’argent pour taper au portefeuille les pays qui refusent de rapatrier leurs ressortissants visés par une mesure d’expulsion du territoire français».

Ayant suscité l’émoi au sein même de sa famille politique, la gauche française, ce dernier a été contraint de s’expliquer, tout en maintenant le fond de sa pensée : «J’ai voulu viser les Etats, je ne souhaite pas toucher ces familles qui travaillent dur, envoient de l’argent à leurs familles de l’autre coté de la Méditerranée.»

Madjid Makedhi


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