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Placé en détention pour «abus de fonction» : Le général Tartag charge Saïd Bouteflika

22 juin 2021 à 10 h 47 min

En détention à la prison militaire de Blida, pour sa gestion de l’affaire Mme Maya, la prétendue fille secrète du Président déchu, et celle des enfants de Djamel Ould Abbès, ex-secrétaire général du FLN, et une ex-députée de ce parti, l’ancien coordinateur des services de renseignement, le général-major à la retraite Bachir Tartag, s’est défendu en renvoyant la balle à Saïd Bouteflika, lequel dit n’avoir que «répercuté les instructions» de son frère, alors Président. Cette enquête concerne aussi quatre officiers de la Sécurité intérieure, placés en détention, qui affirment avoir «exécuté les ordres» de leur chef.

Instruite depuis plus de cinq mois, l’affaire de l’ancien coordinateur des services de renseignement, le général-major à la retraite Bachir Tartag, tire à sa fin et pourrait aller vers un renvoi devant le tribunal militaire de Blida, pour y être jugée.

Le magistrat instructeur a achevé l’audition du principal mis en cause et celle des quatre autres accusés, un général ex-directeur de la sécurité de l’armée, deux colonels qui se sont succédé à la tête de l’antenne de la sécurité intérieure pour la capitale et du commandant qui dirigeait le service de la police judiciaire au niveau de la même structure.

Tous sont placés en détention pour «abus de fonction» et «non-respect des consignes militaires» pour avoir violé la procédure dans deux affaires de justice liées à la corruption, et qui ont été étouffées.

Il s’agit en fait des conditions dans lesquelles les fonds et les bijoux de la prétendue fille secrète du Président déchu, Mme Maya, de son vrai nom Zoulikha Nachinache, ont été saisis lors d’une perquisition effectuée en 2017, par les officiers de la Sécurité intérieure, dans sa villa de Moretti.

Le deuxième dossier est lié à El Wafi Ould Abbès, le fils de l’ex-secrétaire général du FLN, qui avait été arrêté en situation de flagrant délit, sur dénonciation du député Baha Eddine Tliba, pour avoir «monnayé» les places sur la liste des candidatures à la députation, alors que le troisième dossier concerne l’arrestation d’une députée FLN de Boumerdès, avec une importante somme d’argent qui devait servir à l’obtention d’une bonne position sur la liste des candidats à la députation de 2017.

Pour la justice militaire, les cinq accusés «n’ont pas respecté la procédure» en matière d’enquête, puisque les trois affaires ont été gardées sous le coude. Il est également question de conservation des fonds saisis.

Lors de son audition, le général Tartag est revenu sur l’affaire de Mme Maya, gardée sous le coude après l’arrestation de celle-ci et ses deux filles, en disant que c’est Saïd Bouteflika, frère du Président et son conseiller, qui servait d’intermédiaire pour toute décision, précisant qu’«après avoir demandé une enquête, il m’a instruit de gérer le dossier de manière discrète, parce qu’il s’agit d’une affaire qui concerne le Président. Lors des perquisitions, des sommes importantes en dinar et en devise ont été saisies. Elles ne devaient pas rester à la caserne. Elles ont été déposées à la Banque d’Algérie et les documents afférents à ces dépôts existent».

Le général-major nie avoir donné un quelconque ordre pour bloquer l’enquête judiciaire, en disant : «Tout le monde était au courant de cette affaire, y compris le ministre de la Justice Tayeb Louh.»

En ce qui concerne l’affaire des deux enfants de Djamel Ould Abbès, arrêtés en situation de flagrant délit, et l’importante somme d’argent trouvée à leurs domiciles à la résidence d’Etat de Club des Pins, à l’ouest de la capitale, puis relâchés, le général-major affirme avoir exécuté «les instructions du président Bouteflika, qui était le président d’honneur du FLN, et qui m’ont été transmises par son frère et conseiller Saïd. Djamel Ould Abbès, dont les deux fils ont fait l’objet d’arrestation, était le secrétaire général du FLN. Je n’ai fait qu’exécuter les ordres».

Entendu comme témoin alors qu’il se trouvait à la prison militaire de Blida avant qu’il ne soit acquitté des accusations de complot, il y a plus de cinq mois, Saïd Bouteflika n’a pas été très prolixe. Il s’est contenté de dire : «J’ai répercuté les instructions du Président. Les ordres venaient de lui pas de moi.»

Pour leur part, les quatre officiers poursuivis par le tribunal militaire dans le cadre de cette même affaire ont tous nié les accusations portées contre eux, et affirmé avoir agi «sous les ordres» de leur premier responsable, le général-major Bachir Tartag. Ce que ce dernier a confirmé devant le juge.

En tout état de cause, le magistrat instructeur a achevé les auditions de fond à la fin du mois de mai dernier, et aucun acte de procédure n’a été engagé depuis. Certaines sources au fait du dossier s’attendent à un renvoi de l’affaire devant le tribunal pour un procès, mais d’autres croient dur comme fer que «ce dernier n’aura pas lieu, parce que le dossier est vide».

Les affaires pour lesquelles Bachir Tartag a été placé sous mandat de dépôt, avec quatre autres officiers des services de renseignement militaire, avaient fait tache d’huile, non seulement pour la gravité des faits reprochés aux enfants de Djamel Ould Abbès, Mme Maya et la députée de Boumerdès, mais aussi pour la célérité avec laquelle elles ont été mises sous le coude et les mis en cause remis en liberté.

L’on se rappelle comment le témoignage du député Baha Eddine Tliba sur les circonstances qui l’ont poussé à dénoncer le trafic des listes de candidature à la députation auquel s’adonnait El Wafi Ould Abbès, à quelques mois des législatives de 2017, avant que son statut ne bascule de dénonciateur à celui de prévenu, condamné à une peine de prison, plus de deux ans après.

Il en est de même pour le cas de l’énigmatique Mme Maya, prétendue fille secrète du Président, recommandée par le chef de cabinet de ce dernier, qui monnayait ses services pour l’obtention de terrains et de marchés auprès des walis au profit d’hommes d’affaires et autres.

Arrêtée avec ses deux filles et présentée devant le procureur près le tribunal de Chéraga, elle a vite retrouvé la liberté et continué à profiter des services de la Présidence, des ministres, des walis et des responsables de nombreuses institutions de l’Etat.

Lors de son instruction, le magistrat militaire n’a pas élucidé les circonstances dans lesquelles le tribunal de Chéraga s’est désisté de ces deux affaires, alors qu’elles étaient pendantes à son niveau, ni expliqué le rôle qu’aurait pu jouer l’ancien ministre de la Justice, qui était membre du bureau politique du FLN et très proche du frère du Président et de Djamel Ould Abbès.


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