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Le général Gaïd VS la «Générale de la corruption»

11 avril 2019 à 10 h 00 min

Le général Gaïd Salah se faisant le héraut de la lutte anticorruption ? Qui l’aurait cru capable d’un trait humour aussi ravageur ?

Héros du 102 et de la cent deuxième minute de jeu, après que le peuple ait plié le match en sept rounds, le vieux soldat de sa majesté Abdelaziz Bouteflika ­­­– dont il était, 14 longues années durant, le fidèle destrier –­ veut désormais laver plus blanc que blanc.

Dans le viseur de la haute hiérarchie militaire, (forcément d’un blanc aussi immaculé) ? «Toute la bande impliquée dans les affaires de détournement des fonds publics et d’abus de pouvoir … (extrait du discours du chef d’état-major de l’ANP, ndlr).» Lancée avant que les clairons ne sonnent, la chasse aux sorcières a déjà trouvé des boucs émissaires censés payer pour tous les autres.

Pour les éternels planqués d’un «système» reposant sur la terreur policière et la corruption. Témoin impassible, au mieux, sinon actant essentiel des turpitudes et forfaitures du régime Bouteflika et ses gangs éclectiques de prédateurs économiques et financiers, qu’elle a couverts de «aânaya» et protégés des mandats d’arrêt, la haute hiérarchie militaire, son chef d’état-major (CEM) peuvent-ils se faire aujourd’hui les héros de ce «peuple du 22» réclamant, à cor et à cri, la grande lessive : la «justice» et la fin du règne des gangs.

Tous les gangs, entend préciser la vox populi : ceux de la Présidence comme ceux de la «maison mère», les intouchables prodigues de l’Institution militaire de naguère incubatrice nette de la grosse corruption. «Dans ce contexte précis, dit Gaïd Salah, (…) la justice, qui a recouvré ses pleines prérogatives, agira en toute liberté, sans contrainte aucune, sans pressions ni ordres, pour entamer des poursuites judiciaires contre toute la bande impliquée dans les affaires de détournement des fonds publics et d’abus de pouvoir pour s’enrichir illégalement.»

Le général «rassure» l’opinion publique que «la question s’étendra à tous les dossiers précédents, comme les affaires Al Khalifa, Sonatrach et celle du Boucher et autres dossiers relatifs à la corruption qui ont occasionné des pertes considérables au Trésor public».

Nos juges ont fort à faire : à peine affranchis de leur servage et l’arbitraire de l’oukase présidentiel qu’ils retombent dans la servitude aux puissants du moment. Les puissants de toujours.

Quid de l’affaire BRC (Brown Roots & Condors, joint-venture algéro-américaine) impliquant Présidence et haute hiérarchie militaire et ayant causé de graves préjudices à l’ANP et au Trésor public ? L’affaire sera-t-elle aussi rouverte après son classement… sans suite ?

Mais qui donc a réhabilité Abdelmoumen Ould Kaddour, ex-PDG de BRC, catapulté par delà toute éthique républicaine, patron de Sonatrach, joyau de la couronne, alors qu’il avait été condamné pour espionnage (sic !) par le tribunal militaire de Blida ? Qu’en est-il des marchés de l’armement dont l’Algérie raffole et son armée, à gros budget, en est dépendante et boulimique ?

Mais qui donc a préféré sacrifier, sur l’autel des luttes de pouvoir et d’appareils, le terrible SRPJ, le service central de la police judiciaire, la puissante brigade d’enquête économique et financière du DRS – dissoute par la issaba – alors qu’il était derrière l’éclatement des affaires de grosse corruption : l’autoroute Est-Ouest, Sonatrach 1 et 2, SNC Lavalin…

Mais qui a donc laissé des villes algériennes, Annaba entre autres, se transformer en principauté dirigée par des Bahaeddine Tliba, le sulfureux personnage d’Hippone devenu vice-président d’un Parlement portant le nom d’un héros national, Zighout Youcef, pour ne pas le retourner dans sa tombe.

Non, Gaïd Salah n’est pas un «homme d’affaires». Pas même pas avec ses «amis russes» qui collectionnent les gros contrats à coups de milliards de dollars.

Par dessus tout contrôle populaire et/ou comptabilité de profanes. Il n’est pas un businessman, comme Ali Haddad, ex-président du patronat jeté, par devers la loi, à la prison d’El Harrach pour «infraction à la réglementation des changes».

Sans que la nouvelle «justice indépendante», version Gaïd Salah, ne respecte ni la présomption d’innocence ni n’offre la moindre garantie d’un procès équitable.

Le chef d’état-major n’est vraiment pas un entiché des filons miraculeux et des bonnes affaires, comme le sont ses fils impliqués dans le gros business et qui font encore prospérer, à l’ombre des chars de la République, leurs affaires florissantes. Non, le chef de l’armée est blanc comme neige.

Quand bien même des officiels occidentaux le désignent comme «l’officier le plus corrompu au monde», comme ce fut le cas dans ce câble diplomatique révélé par WikiLeaks citant l’ex-ambassadeur américain à Alger, Robert Ford.

Non, le général Gaïd Salah veut juste rafler les points d’un match déjà plié par le peuple des articles 7 et 8.

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